Critique
Il est des groupes (The Chesterfield Kings) qui, dans les années 90, revendiquaient le droit absolu, sonique et électrique de jouer comme s’ils se trouvaient encore dans les vapeurs lysergiques des sixties. La différence majeure ici, c’est que Lenny Kravitz change de période de référence à
chaque enregistrement. Ainsi, après avoir décrypté les joies d’un rock psychédélique proche de l’extase (beaucoup de noir dans le blanc, avec en ange tutélaire la figure immarcescible de Prince), son deuxième album s’attaque à un autre pan, tout aussi respectable, de la musique populaire américaine : la soul, avec en référence, toutes options, beaucoup de blanc dans le noir, circa Jimi Hendrix.
C’est donc dans une parfaite jovialité (car les albums de Lenny Kravitz sont toujours dynamiques et enjoués) que
Mama Said nous laisse entrevoir un déjeuner sur l’herbe, où John Lennon tranche le saucisson, Sly Stone débouche de mystérieux flacons et où Curtis Mayfield se contente d’être là, ce qui est déjà très bien. Les paroles des chansons (tout tourne ici autour de sa récente séparation d’avec sa jeune épousée) émargent à un tel romantisme scolaire qu’on peut être satisfait de ne pas bien maîtriser la langue de Britney Spears. Mais il convient d’admettre que les compositions proposées dans ce disque sont parmi les plus roboratives et ingénieuses de l’époque. Slash, guitariste extrémiste de Guns N’ Roses rend une petite visite et Sean Lennon (en fils de) joue du piano.
Mama Said entre au Top 40 des charts américains et
« Always on the Run »,
« It Ain’t Over ‘till It’s Over »,
« Stand by My Woman » (Lenny Kravitz adore tripatouiller les titres de standards, pour mémoire du
« Stand by Your Man » immortalisé par Tammie Wynette) et
« What Goes Around Comes Around » en déclinent les singles lumineux.
Christian Larrède - Copyright 2013 Music Story
Descriptions du produit
2CD .. Anniversary Edition