Mammifères narre les tribulations d'un raté, frappé d'ostracisme par le corps familial qui ne voit en lui qu'un alcoolique veule, couard ,salace, incapable d'avoir une descendance et s'adonnant aux plaisirs éphémères d'une vie largement consommée.
Jugé avec méchanceté et intolérance, le raté idoine, l'Oncle, une quarantaine d'années, s'affiche en contempteur impénitent et agonit d'injures et de commentaires disgracieux tout ce qui l'horripile: le monde éducatif et le corps professoral en particulier, le monde de l'édition, les étrangers, bassement qualifiés, les femmes, quelque temps acceptées puis refoulées. La carence affective semble constituer l'aiguillon de sa pensée tourmentée. Tout système de domination (familial, professionnel,...) est condamné et rejeté.
Présenté sous la forme d'un recueil de pensées, ce bréviaire ,destiné au peuple désabusé, s'inscrit dans la veine nihiliste en martelant avec rage son imprécation (dans ce registre, Houellebecq me semble plus doué).
Je regrette que Pierre Mérot nous livre un recueil fragmenté en quelques chapitres dont la trame narrative ne présente pas d'intérêt particulier, l'ensemble étant fort décousu.
On adhère ou non à la sévérité et à la causticité des propos tenus. Certains d'entre eux font sourire tant ils sont exagérés ou au contraire conformes à la réalité du monde ambiant, d'autres sombrent dans le verbiage. Le style Mérot, incisif et acide, m'a personnellement convaincu que cet auteur comptait parmi les plumes de fiel et d'amertume. A découvrir.