Mano Negra

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Biographie

Au début des années 1980 règne une grande effervescence musicale à Paris et ses alentours. Une multitude de groupes de rock ou de punk se produisent dans des squats, dans des bars ou dans le métro. Tout le monde semble se connaître, joue ensemble à droite à gauche. Manu Chao et Santiago Casariego, dit « Santi », sont avec les Flappers en 1982, mais également avec Joint de culasse ou avec les Hot Pants, à l'esprit très rock n'roll. Manu croise François Hadji-Lazaro avec Los Carayos tandis que Santi joue avec les King Snakes. Quelques singles et beaucoup de concerts plus tard, en 1987, le duo ... Lire la suite

Au début des années 1980 règne une grande effervescence musicale à Paris et ses alentours. Une multitude de groupes de rock ou de punk se produisent dans des squats, dans des bars ou dans le métro. Tout le monde semble se connaître, joue ensemble à droite à gauche. Manu Chao et Santiago Casariego, dit « Santi », sont avec les Flappers en 1982, mais également avec Joint de culasse ou avec les Hot Pants, à l'esprit très rock n'roll. Manu croise François Hadji-Lazaro avec Los Carayos tandis que Santi joue avec les King Snakes. Quelques singles et beaucoup de concerts plus tard, en 1987, le duo est rejoint par le troisième « cousin », Antoine Chao dit «Tonio» et sa trompette. Ils forment la première mouture de la Mano Negra, avec un saxophoniste et un contrebassiste. Ils passent à la télévision dans l'émission Rapido, présentée par Antoine de Caunes, et un premier 45 tours voit vite le jour chez Boucherie Production incluant le titre « Takin it up ».

Avec la participation des membres de Dirty District et des Hot Pants, l'album Patchanka sort en 1988 alors que les limites du groupe ne sont pas encore vraiment définies. Le titre de cet album est censé caractériser le style disparate de cette joyeuse bande entre rock, salsa, rap et autres. Un premier essai composé en grande partie par Manu Chao qui s'avère une réussite : 50 000 exemplaires écoulés, avec des titres qui resteront des incontournables tels « Indios de Barcelona », « Mala vida » ou le superbe « Salga la luna ». Le chanteur jongle déjà entre paroles en anglais, en français et en espagnol avec une facilité déconcertante.

La même année Bernard Batzen, qui deviendra leur manager, les contacte pour participer au Printemps de Bourges dont il assure la programmation. Manu pense que la Mano n'est pas prête, mais vient tout de même jouer en compagnie d'un autre groupe dont il n'arrive plus à se passer : les Casses Pieds, qui viendront s'insérer dans la Mano avec Joseph Dahan dit Jo à la basse, Daniel Jamet à la guitare et Philippe « Garbancito » Teboul qui quittera la batterie pour les percussions et constituer des choeurs toujours plus puissants. 1988 sera une année studieuse, marquée par l'arrivée des deux derniers membres du groupe : Thomas Darnal venu donner un coup de main aux claviers et Pierre Gauthe au trombone. Virgin repère alors le groupe lors d'un concert filmé au New Morning, organisé pour les présenter aux tourneurs du monde entier, ce qui leur permettra vite de conjuguer réussite commerciale et indépendance artistique. L'année se termine avec une apparition aux Transmusicales de Rennes.

Leur apprentissage continue avec un nouveau passage au studio Mix It, au début de l'année 1989, pour préparer le second album. L'enregistrement est interrompu en juin pour la première tournée sud-américaine du groupe qui passe par Lima, Cuzco, Quito ou Guayaquil. Au retour, ils terminent Puta's Fever qui sort dans la foulée en septembre. L'album est un gros succès, bien au delà des frontières françaises, avec plus de 200 000 ventes à l'international pour 350 000 dans l'Hexagone. « King kong five » et « Pas assez de toi » sont les morceaux incontournables de l'époque. Le second titre fera d'ailleurs l'objet d'un clip plus soigné que leurs vidéos habituelles, réalisées de manière assez modeste. Une intense tournée débute alors en France avec des détours par la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas, et parfois deux concerts par jour afin de pouvoir accueillir tous les fans. Leur bus s'arrête aussi à la Fête de l'Humanité. L'année suivante est encore très «live» avec une série de concerts à Pigalle, notamment à L'Elysée Montmartre et à la Cigale ainsi que dans des petits clubs de ce quartier parisien. Puis ce sont les Etats-Unis, qui seront loin de les séduire, le Canada, plusieurs grandes villes européennes du Portugal à la Suède, ainsi que de nombreux festivals. Enfin le Japon, où le live In the hell of Patchinko sera enregistré à Kawasaki puis publié plus tard, en novembre 1992.

A la fin de l'année 1990, le groupe déménage à Cologne pour enregistrer King of bongo avec une méthode leur permettant d'approcher les conditions du live. Sans grande promotion, symbole de leur distance vis-à-vis des méthodes commerciales de l'industrie de la musique, le disque, sorti en avril 1991, s'écoule à plus de 300 000 exemplaires. Et le groupe d'enchaîner avec une tournée de 15 dates en banlieue puis dans le reste de la France. C'est un nouveau carton qui démontre la proximité du groupe, qui refuse de jouer dans des grandes salles, avec son public qui envahit presque systématiquement la scène.

Mais c'est un autre défi qui attend le groupe : le 9 août 1991 est organisé un concert gratuit sur le parvis de la Défense avec en préambule un spectacle du cirque Royal Deluxe. La semaine précédant l'événement, la polémique enfle avec la volonté des autorités d'annuler le concert. Celui-ci aura finalement lieu devant une foule immense et conquise. Ce sera la dernière date de la Mano en France. Car loin de faire un break le groupe se lance directement dans une autre aventure : à bord du Melquiades, un cargo sur lequel a été reconstitué une rue de Nantes pour les besoins du Royal Deluxe, le groupe et la troupe s'embarquent pour l'Amérique du Sud, accompagnés par Philippe Decouflé. De nombreuses représentations et des concerts parfois gratuits sont organisés de Sao Paulo à Santiago, de Bogota à Buenos Aires. Cinq mois intenses à parcourir le continent dans tous les sens immortalisés dans le film Amerika Perdida.

Au retour, c'est dans une atmosphère de fatigue et parfois de ras-le-bol que se prépare le quatrième album du groupe. Certains membres commencent à prendre de la distance alors que de nouveaux musiciens viennent donner un coup de main. Casa Babylon voit le jour en 1994, juste après la dernière «mission» de la Mano Negra. L'expresso del Hielo sera le voyage de trop : ce train de Colombie devait charrier les musiciens ainsi que des artistes de rue à travers toute la Colombie. Les conditions difficiles de l'organisation et la fusion opérée depuis cinq ans aura raison de leur unité. Certains membres participeront encore à la Caravane des quartiers de l'été 1994 et puis plus rien. Chacun suivra ensuite sa route.

Manu Chao fera bon usage de ses enregistrements vagabonds en Amérique du Sud pour publier deux albums qui le propulseront au sommet des classements. Il a également joué avec le groupe Radio Bemba et plus récemment avec le duo malien Amadou & Mariam. Thomas Darnal, Philippe Teboul et Pierre Gauthe monteront le projet électro-cubain P18. Santi réapparaîtra en directeur du label Mercury. Certains membres du groupe seront aperçus aux côtés de Marousse, des Têtes Raides ou des Wampas. La scène française rendra hommage à ce groupe unique avec l'album de reprise Mano Negra illegal en 2001. Un best of est également sorti en 1998, couronné de platine l'année suivante, réédité en 2005 pour la publication d'un DVD, Out of Time, retraçant l'histoire du groupe et compilant de nombreuses images de scène. Cette sortie a relancé les rumeurs de reformation qui ne semblent pas complètement exclues par certains des musiciens.

Copyright 2014 Music Story Raphaël Richard

Au début des années 1980 règne une grande effervescence musicale à Paris et ses alentours. Une multitude de groupes de rock ou de punk se produisent dans des squats, dans des bars ou dans le métro. Tout le monde semble se connaître, joue ensemble à droite à gauche. Manu Chao et Santiago Casariego, dit « Santi », sont avec les Flappers en 1982, mais également avec Joint de culasse ou avec les Hot Pants, à l'esprit très rock n'roll. Manu croise François Hadji-Lazaro avec Los Carayos tandis que Santi joue avec les King Snakes. Quelques singles et beaucoup de concerts plus tard, en 1987, le duo est rejoint par le troisième « cousin », Antoine Chao dit «Tonio» et sa trompette. Ils forment la première mouture de la Mano Negra, avec un saxophoniste et un contrebassiste. Ils passent à la télévision dans l'émission Rapido, présentée par Antoine de Caunes, et un premier 45 tours voit vite le jour chez Boucherie Production incluant le titre « Takin it up ».

Avec la participation des membres de Dirty District et des Hot Pants, l'album Patchanka sort en 1988 alors que les limites du groupe ne sont pas encore vraiment définies. Le titre de cet album est censé caractériser le style disparate de cette joyeuse bande entre rock, salsa, rap et autres. Un premier essai composé en grande partie par Manu Chao qui s'avère une réussite : 50 000 exemplaires écoulés, avec des titres qui resteront des incontournables tels « Indios de Barcelona », « Mala vida » ou le superbe « Salga la luna ». Le chanteur jongle déjà entre paroles en anglais, en français et en espagnol avec une facilité déconcertante.

La même année Bernard Batzen, qui deviendra leur manager, les contacte pour participer au Printemps de Bourges dont il assure la programmation. Manu pense que la Mano n'est pas prête, mais vient tout de même jouer en compagnie d'un autre groupe dont il n'arrive plus à se passer : les Casses Pieds, qui viendront s'insérer dans la Mano avec Joseph Dahan dit Jo à la basse, Daniel Jamet à la guitare et Philippe « Garbancito » Teboul qui quittera la batterie pour les percussions et constituer des choeurs toujours plus puissants. 1988 sera une année studieuse, marquée par l'arrivée des deux derniers membres du groupe : Thomas Darnal venu donner un coup de main aux claviers et Pierre Gauthe au trombone. Virgin repère alors le groupe lors d'un concert filmé au New Morning, organisé pour les présenter aux tourneurs du monde entier, ce qui leur permettra vite de conjuguer réussite commerciale et indépendance artistique. L'année se termine avec une apparition aux Transmusicales de Rennes.

Leur apprentissage continue avec un nouveau passage au studio Mix It, au début de l'année 1989, pour préparer le second album. L'enregistrement est interrompu en juin pour la première tournée sud-américaine du groupe qui passe par Lima, Cuzco, Quito ou Guayaquil. Au retour, ils terminent Puta's Fever qui sort dans la foulée en septembre. L'album est un gros succès, bien au delà des frontières françaises, avec plus de 200 000 ventes à l'international pour 350 000 dans l'Hexagone. « King kong five » et « Pas assez de toi » sont les morceaux incontournables de l'époque. Le second titre fera d'ailleurs l'objet d'un clip plus soigné que leurs vidéos habituelles, réalisées de manière assez modeste. Une intense tournée débute alors en France avec des détours par la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas, et parfois deux concerts par jour afin de pouvoir accueillir tous les fans. Leur bus s'arrête aussi à la Fête de l'Humanité. L'année suivante est encore très «live» avec une série de concerts à Pigalle, notamment à L'Elysée Montmartre et à la Cigale ainsi que dans des petits clubs de ce quartier parisien. Puis ce sont les Etats-Unis, qui seront loin de les séduire, le Canada, plusieurs grandes villes européennes du Portugal à la Suède, ainsi que de nombreux festivals. Enfin le Japon, où le live In the hell of Patchinko sera enregistré à Kawasaki puis publié plus tard, en novembre 1992.

A la fin de l'année 1990, le groupe déménage à Cologne pour enregistrer King of bongo avec une méthode leur permettant d'approcher les conditions du live. Sans grande promotion, symbole de leur distance vis-à-vis des méthodes commerciales de l'industrie de la musique, le disque, sorti en avril 1991, s'écoule à plus de 300 000 exemplaires. Et le groupe d'enchaîner avec une tournée de 15 dates en banlieue puis dans le reste de la France. C'est un nouveau carton qui démontre la proximité du groupe, qui refuse de jouer dans des grandes salles, avec son public qui envahit presque systématiquement la scène.

Mais c'est un autre défi qui attend le groupe : le 9 août 1991 est organisé un concert gratuit sur le parvis de la Défense avec en préambule un spectacle du cirque Royal Deluxe. La semaine précédant l'événement, la polémique enfle avec la volonté des autorités d'annuler le concert. Celui-ci aura finalement lieu devant une foule immense et conquise. Ce sera la dernière date de la Mano en France. Car loin de faire un break le groupe se lance directement dans une autre aventure : à bord du Melquiades, un cargo sur lequel a été reconstitué une rue de Nantes pour les besoins du Royal Deluxe, le groupe et la troupe s'embarquent pour l'Amérique du Sud, accompagnés par Philippe Decouflé. De nombreuses représentations et des concerts parfois gratuits sont organisés de Sao Paulo à Santiago, de Bogota à Buenos Aires. Cinq mois intenses à parcourir le continent dans tous les sens immortalisés dans le film Amerika Perdida.

Au retour, c'est dans une atmosphère de fatigue et parfois de ras-le-bol que se prépare le quatrième album du groupe. Certains membres commencent à prendre de la distance alors que de nouveaux musiciens viennent donner un coup de main. Casa Babylon voit le jour en 1994, juste après la dernière «mission» de la Mano Negra. L'expresso del Hielo sera le voyage de trop : ce train de Colombie devait charrier les musiciens ainsi que des artistes de rue à travers toute la Colombie. Les conditions difficiles de l'organisation et la fusion opérée depuis cinq ans aura raison de leur unité. Certains membres participeront encore à la Caravane des quartiers de l'été 1994 et puis plus rien. Chacun suivra ensuite sa route.

Manu Chao fera bon usage de ses enregistrements vagabonds en Amérique du Sud pour publier deux albums qui le propulseront au sommet des classements. Il a également joué avec le groupe Radio Bemba et plus récemment avec le duo malien Amadou & Mariam. Thomas Darnal, Philippe Teboul et Pierre Gauthe monteront le projet électro-cubain P18. Santi réapparaîtra en directeur du label Mercury. Certains membres du groupe seront aperçus aux côtés de Marousse, des Têtes Raides ou des Wampas. La scène française rendra hommage à ce groupe unique avec l'album de reprise Mano Negra illegal en 2001. Un best of est également sorti en 1998, couronné de platine l'année suivante, réédité en 2005 pour la publication d'un DVD, Out of Time, retraçant l'histoire du groupe et compilant de nombreuses images de scène. Cette sortie a relancé les rumeurs de reformation qui ne semblent pas complètement exclues par certains des musiciens.

Copyright 2014 Music Story Raphaël Richard

Au début des années 1980 règne une grande effervescence musicale à Paris et ses alentours. Une multitude de groupes de rock ou de punk se produisent dans des squats, dans des bars ou dans le métro. Tout le monde semble se connaître, joue ensemble à droite à gauche. Manu Chao et Santiago Casariego, dit « Santi », sont avec les Flappers en 1982, mais également avec Joint de culasse ou avec les Hot Pants, à l'esprit très rock n'roll. Manu croise François Hadji-Lazaro avec Los Carayos tandis que Santi joue avec les King Snakes. Quelques singles et beaucoup de concerts plus tard, en 1987, le duo est rejoint par le troisième « cousin », Antoine Chao dit «Tonio» et sa trompette. Ils forment la première mouture de la Mano Negra, avec un saxophoniste et un contrebassiste. Ils passent à la télévision dans l'émission Rapido, présentée par Antoine de Caunes, et un premier 45 tours voit vite le jour chez Boucherie Production incluant le titre « Takin it up ».

Avec la participation des membres de Dirty District et des Hot Pants, l'album Patchanka sort en 1988 alors que les limites du groupe ne sont pas encore vraiment définies. Le titre de cet album est censé caractériser le style disparate de cette joyeuse bande entre rock, salsa, rap et autres. Un premier essai composé en grande partie par Manu Chao qui s'avère une réussite : 50 000 exemplaires écoulés, avec des titres qui resteront des incontournables tels « Indios de Barcelona », « Mala vida » ou le superbe « Salga la luna ». Le chanteur jongle déjà entre paroles en anglais, en français et en espagnol avec une facilité déconcertante.

La même année Bernard Batzen, qui deviendra leur manager, les contacte pour participer au Printemps de Bourges dont il assure la programmation. Manu pense que la Mano n'est pas prête, mais vient tout de même jouer en compagnie d'un autre groupe dont il n'arrive plus à se passer : les Casses Pieds, qui viendront s'insérer dans la Mano avec Joseph Dahan dit Jo à la basse, Daniel Jamet à la guitare et Philippe « Garbancito » Teboul qui quittera la batterie pour les percussions et constituer des choeurs toujours plus puissants. 1988 sera une année studieuse, marquée par l'arrivée des deux derniers membres du groupe : Thomas Darnal venu donner un coup de main aux claviers et Pierre Gauthe au trombone. Virgin repère alors le groupe lors d'un concert filmé au New Morning, organisé pour les présenter aux tourneurs du monde entier, ce qui leur permettra vite de conjuguer réussite commerciale et indépendance artistique. L'année se termine avec une apparition aux Transmusicales de Rennes.

Leur apprentissage continue avec un nouveau passage au studio Mix It, au début de l'année 1989, pour préparer le second album. L'enregistrement est interrompu en juin pour la première tournée sud-américaine du groupe qui passe par Lima, Cuzco, Quito ou Guayaquil. Au retour, ils terminent Puta's Fever qui sort dans la foulée en septembre. L'album est un gros succès, bien au delà des frontières françaises, avec plus de 200 000 ventes à l'international pour 350 000 dans l'Hexagone. « King kong five » et « Pas assez de toi » sont les morceaux incontournables de l'époque. Le second titre fera d'ailleurs l'objet d'un clip plus soigné que leurs vidéos habituelles, réalisées de manière assez modeste. Une intense tournée débute alors en France avec des détours par la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas, et parfois deux concerts par jour afin de pouvoir accueillir tous les fans. Leur bus s'arrête aussi à la Fête de l'Humanité. L'année suivante est encore très «live» avec une série de concerts à Pigalle, notamment à L'Elysée Montmartre et à la Cigale ainsi que dans des petits clubs de ce quartier parisien. Puis ce sont les Etats-Unis, qui seront loin de les séduire, le Canada, plusieurs grandes villes européennes du Portugal à la Suède, ainsi que de nombreux festivals. Enfin le Japon, où le live In the hell of Patchinko sera enregistré à Kawasaki puis publié plus tard, en novembre 1992.

A la fin de l'année 1990, le groupe déménage à Cologne pour enregistrer King of bongo avec une méthode leur permettant d'approcher les conditions du live. Sans grande promotion, symbole de leur distance vis-à-vis des méthodes commerciales de l'industrie de la musique, le disque, sorti en avril 1991, s'écoule à plus de 300 000 exemplaires. Et le groupe d'enchaîner avec une tournée de 15 dates en banlieue puis dans le reste de la France. C'est un nouveau carton qui démontre la proximité du groupe, qui refuse de jouer dans des grandes salles, avec son public qui envahit presque systématiquement la scène.

Mais c'est un autre défi qui attend le groupe : le 9 août 1991 est organisé un concert gratuit sur le parvis de la Défense avec en préambule un spectacle du cirque Royal Deluxe. La semaine précédant l'événement, la polémique enfle avec la volonté des autorités d'annuler le concert. Celui-ci aura finalement lieu devant une foule immense et conquise. Ce sera la dernière date de la Mano en France. Car loin de faire un break le groupe se lance directement dans une autre aventure : à bord du Melquiades, un cargo sur lequel a été reconstitué une rue de Nantes pour les besoins du Royal Deluxe, le groupe et la troupe s'embarquent pour l'Amérique du Sud, accompagnés par Philippe Decouflé. De nombreuses représentations et des concerts parfois gratuits sont organisés de Sao Paulo à Santiago, de Bogota à Buenos Aires. Cinq mois intenses à parcourir le continent dans tous les sens immortalisés dans le film Amerika Perdida.

Au retour, c'est dans une atmosphère de fatigue et parfois de ras-le-bol que se prépare le quatrième album du groupe. Certains membres commencent à prendre de la distance alors que de nouveaux musiciens viennent donner un coup de main. Casa Babylon voit le jour en 1994, juste après la dernière «mission» de la Mano Negra. L'expresso del Hielo sera le voyage de trop : ce train de Colombie devait charrier les musiciens ainsi que des artistes de rue à travers toute la Colombie. Les conditions difficiles de l'organisation et la fusion opérée depuis cinq ans aura raison de leur unité. Certains membres participeront encore à la Caravane des quartiers de l'été 1994 et puis plus rien. Chacun suivra ensuite sa route.

Manu Chao fera bon usage de ses enregistrements vagabonds en Amérique du Sud pour publier deux albums qui le propulseront au sommet des classements. Il a également joué avec le groupe Radio Bemba et plus récemment avec le duo malien Amadou & Mariam. Thomas Darnal, Philippe Teboul et Pierre Gauthe monteront le projet électro-cubain P18. Santi réapparaîtra en directeur du label Mercury. Certains membres du groupe seront aperçus aux côtés de Marousse, des Têtes Raides ou des Wampas. La scène française rendra hommage à ce groupe unique avec l'album de reprise Mano Negra illegal en 2001. Un best of est également sorti en 1998, couronné de platine l'année suivante, réédité en 2005 pour la publication d'un DVD, Out of Time, retraçant l'histoire du groupe et compilant de nombreuses images de scène. Cette sortie a relancé les rumeurs de reformation qui ne semblent pas complètement exclues par certains des musiciens.

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