Le titre du livre est racoleur et mal choisi. Le livre est aussi étrangement construit. Alternance de chapitres impersonnels (le manuel de soit disant guérilla) et de chapitres personnels. L'auteure géographe invite les femmes à ne pas se laisser couler si on les plaque vers la ménopause pour des jeunettes : ces chapitres ne sont absolument pas convaincants. 1) le pic des divorces (voir le site de l'INED) est atteint vers 7 ans de mariage. On attendait au moins une analyse rigoureuse et statistique du phénomène étudié. Surtout quel pourcentage d'hommes de cinquante ans quitte leur femmes pour des jeunettes? Aucune informations précise. 2) Quant au manuel de guérilla... pas question de remise en cause des rôles masculins/féminins, aucune recette (un manuel c'est au moins une méthode!). Je me suis dit que j'avais réussi à mener ma "guérilla" sans en avoir l'air : tous mes hommes repassent leur chemise à la maison et moi je ne repasse rien (si un éditeur est partant je suis prête à publier!). Dans les chapitres plus personnels, l'auteure nous livre que son conjoint l'a trompée toute sa vie mais il l'avait prévenue publiquement le jour de son mariage... "il plaisante" a-t-elle dit au maire. Si Kundera a fait indéniablement mieux en matière de "plaisanterie", il n'en reste pas moins, que ces chapitres où l'auteure se livre en révélant ce qu'elle veut bien révéler de la vie de son ex-conjoint devenu transfuge politique et Ministre (la pression de l'ex colérique est palpable!), sont touchants. Mais l'exercice est difficile et montre surtout que l'auteure n'a pas fait sa propre révolution : comment, par exemple, expliquer que ce qui a provoqué un véritable tollé scientifique et politique, c'est-à-dire l'association "immigration et identité nationale" (voir les communiqués de presse du CVUH, les interviews des historiens tels que Noiriel) disparaisse quand il s'agit de nommer Eric Besson qui est devenu "Ministre de l'immigration" tout court? Évidemment, mener une guérilla avec le père de ses trois enfants, c'est un exercice périlleux. Finalement, quand on referme le livre, on se demande encore si elle s'est souvenue en écrivant ce livre, du titre du livre d"Yves Lacoste: "la géographie, ça sert d'abord à faire la guerre", tant il y manque cette dimension stratégique et politique. Dommage! Pour la guérilla, mieux vaut donner à des associations qui viennent en aide aux femmes battues et sans ressource...