Acheté il y a maintenant quatre ans, villagoise arrivant dans une ville française où l'accès à la littérature est si facile et fascinant, j'ai acheté ce livre parce que l'extrait me disait quelque chose, que je me sentais un peu Manuella, "je suis nulle. Toutes mes amies me disent que je suis géniale et belle et sympa et positive, et mes parents disent la même chose et tout le monde me croit formidablement sûre de moi, si seulement ils savaient à quel point je me trouve nulle. J'ai tout faux."
On aurait dit moi en train d'écrire dans mon journal intime (je crois bien que j'en avais encore un...), écrivant en rouge et surlignant quinze fois "je me trouve nulle alors que les autres ne me trouvent pas si nulle que ça".
On est toutes un peu cette fille. Qu'on le veuille, ou pas vraiment. On a tous un peu de Manuella.
Au début, je me disais que ce livre était trop Dawson's Creek... les ados savent exactement pourquoi ils agissent de telle ou telle façon, pourquoi ils se comportent si étrangement, s'ils crient, c'est parce qu'il y a réellement une raison psychosomatique à tout ça. C'est juste les parents et les adultes (qu'on s'acharne à devenir, mais on regrette a posteriori) qui ne nous comprennent pas et qui ont tout oublié. Nos souffrances, nos malheurs d'ados. Du temps qu'on était mal dans notre peau (heureusement pour moi, je n'ai jamais eu d'acnée...), qu'on se l'arracherait bien pour être quelqu'un d'autre. Quelqu'un de plus sûr de nous.
Mais est-ce vraiment ce qu'on veut?
Manuella dit, p.228 "si c'est ça être adulte, (...) rendez-moi mon enfance".
Manuella est attachante, elle a ses rêves, elle veut trouver la pureté dans toute chose... Elle semble être naïve, elle veut faire partie de la statistique (les filles de 17 ans qui ne sont plus vierges), mais elle sait ce qu'elle veut. Elle ne prend pas la vie à la légère, elle contemple les couleurs qu'on lui offre avec poésie et calme. Avec amour, même.
Que dire de ce livre, à part que je l'ai adoré et que la fin, je ne l'aurais pas écrite autrement.