| |||||||||||||||
Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Ce que le Capital voulait, le maoïsme le fit,
Par Jules Alexandre Théophraste de Corvée de Ch.... (Aix-en-Provence, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maos (Prix Renaudot des lycéens 2006) (Broché)
Le maoïsme français, dit-on, aurait été une impasse politique mais une réussite sur le plan culturel. C'est la thèse de Christophe Bourseiller dans son Histoire des gardes rouges français parus chez Plon il y a une dizaine d'années. Il est vrai que les anciens maoïstes français qui ont le mieux évoqué la fièvre prochinoise des années 1968-1973 l'ont fait en romanciers : Robert Linhart dans L'Établi, Frédéric H. Fajardie dans Jeunes femmes rouges toujours plus belles, Olivier Rolin dans Port-Soudan, et surtout son frère Jean dans L'Organisation. Nous sommes quelques-uns à penser que dans cette littérature d'anciens combattants, ce dernier livre est ce qui s'est fait de meilleur. Jean Rolin a déjoué toute posture tragique en peignant sur le mode drolatique une époque où le comble du chic pour un jeune normalien consistait à s'établir en usine pour y prêcher la bonne parole révolutionnaire.Morgan Sportès lui emboîte le pas avec un regard plus objectif, mais toujours aussi ironique. Il n'est pas certain que les anciens combattants apprécient beaucoup son roman, toutefois l'amusement est garanti pour les autres. Le héros de Maos s'appelle Jérôme Rouhaut. Il s'apprête à jouir des avantages d'un établissement bourgeois lorsqu'un ancien camarade de combat lui propose de reprendre du service. Maoïsme et Capital Nous sommes à la fin des années 1970, les militants fatigués ne sont plus très nombreux à avoir la tête aux bêtises. Le Grand Timonier est mort, Giscard modernise la France et Jérôme veut profiter de la jolie femme française qu'il s'apprête à épouser. Hélas, il lui est impossible de se débarrasser d'Obélix, le messager de malheur qui lui ordonne de relever le drapeau rouge jeté dans la poussière. Pire encore : il lui commande de tuer. La succession d'épisodes cocasses et de rebondissements qui s'en suivent nous rappellent que Morgan Sportès est un excellent raconteur d'histoires. Mais il est aussi le témoin inspiré d'une époque folle, où tout semblait possible, mais où rien de réellement subversif ne s'accomplit. C'est ce qu'explique un vieux gaulliste au malheureux Jérôme Rouhaut, qui finit par comprendre que les maoïstes français ont été promenés comme des gamins durant leur poussée de fièvre révolutionnaire. Ce que le Capital voulait, le maoïsme le fit : liquider l'État gaulliste au profit d'une jouissance sans entraves qui annonçait le triomphe de la marchandise. «Les frontières on s'en fout !" gueulaient ces [...] en 68, mais ces frontières ils ne demandaient pas leur abolition pour célébrer la grande confraternité humaine socialiste, mais la levée de toute entrave à la destruction des êtres et des choses. Il fallait que le dernier cavalier moustachu des confins de la Mongolie, le dernier Bororo du fin fond de l'Amazonie y passent eux aussi : dans la grande moulinette nihiliste de la marchandise?» Tout est dit. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|