Double mini album représentant deux facettes de Zach Condon. La première,
March of the Zapotec, nourrit ses influences premières, à savoir un mélange de folk et de chants slaves. Vient s’y ajouter une couche ibérique héritée de son récent voyage à Oxaca, au Mexique, avec le solide appui des 19 membres du Jimenez Band. La seconde,
Holland, le voit revêtir le pseudonyme de Realpeople, qu’il utilisait à ses débuts, pour un univers nettement plus électronique. Le jeune prodige issu de Santa Fé a parcouru bien du chemin depuis ses premiers pas sonores à 15 ans «
The Joys of Losing Weight » enregistrés dans sa chambre, passant par Paris où il découvre paradoxalement la musique des Balkans, ou encore le Québec pour enregistrer le second album en squattant les studios d’Arcade Fire. Les accents sont donc plutôt mexicains ici, comme sur
« La Llorona
» qui s’inspire de la légende espagnole du même nom. L’influence est encore plus marquée sur
« The Akara
» qui évoque au mieux la nonchalance des climats sud-américains. Se retrouve également sur cette partie
« The Shrew
», un des morceaux préférés de Condon. L’ambiance est radicalement différente par la suite, le compositeur laissant la place à ses influences originelles, montrant qu’il est capable de vous faire danser aussi sûrement que les figures phares de la scène électro actuelle. Tout en réussissant l’improbable exploit de conserver les similitudes musicales associées à son patronyme habituel. Le morceau instrumental
« No Dice
» est ce qui se rapprocherait le plus d’un morceau pour les clubs.
« My Night with the Prostitute From Marseille
» n’est peut-être pas autobiographique mais sa voix grave y résonne comme à son habitude, remplie de nuances et vulnérable à l’extrême dans le fond musical qui risque à tout moment de la happer. La diabolique basse constituée de la voix de Condon trafiquée rappelle que nous sommes sur
« Holland ». L’éternellement jeune américain n’a donc toujours pas fini de nous surprendre, et c’est tant mieux.
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