Récit au bord du vide d'un homme qui se suicide lentement, par la maladie, pour enfin sortir du silence.
Ou : révélation, pour un homme sans histoire, que l'ame a besoin d'air, de cri, et parfois de violence.
Ou : il existe un goulag intérieur.
Ou : biographie de M. Touvabien
Ou simplement : Le non-dit tue.
Cet homme accueille sa maladie (et peu importe qu'il s'agisse d'un cancer) comme un enfant, comme un complice et comme une chance : elle est un miroir tendu, à cet homme uniformément tiède, pour qu'il puisse y voir l'image possible de celui qu'il aurait pu etre, qu'il est donc un peu, si la peur de vivre qui a formaté son existence n'avait pas toujours tout fait pour éviter le conflit et censurer la voix intérieure. En tirant sa révérence, il tire aussi son chapeau à sa maladie, qui l'a arraché au vide, lui a permis de se révolter contre la vie absurde qu'il s'est fait et qu'on lui a fait vivre,
qui lui a enfin donné des mots, presque une langue.