Ronnine James Dio est un chanteur fantastique, qui pourrait chanter bien d'autres styles que le heavy metal et il l'a d'ailleurs fait dans le passé (plus blues-rock ou même folky avec ELF, le fameux "Butterfly Ball" de Roger Glover où il chante deux ballades pastorales en plus du fameux morceau-titre, les ballades de Rainbow) mais bon... c'est un chanteur de metal (mélodique) pur et dur depuis plus de 25 ans. "Master of The Moon" n'apporte pas grand-chose de nouveau dans sa carrière mais on pourra le rapprocher du très bon "Magica" pour les raisons suivantes : des ambiances dramatiques, pas mal de morceaux lents ou au rythme moyen, avec des claviers (souvent orchestraux) plus présents que sur la plupart de ses albums. C'est une bonne idée, mais il n'y en a pas encore assez !
Un morceau contient un riff digne d'AC/DC sur une mélodie très différente, ce qui est amusant (hommage au batteur Simon Wright d'AC/DC qui figure encore sur cet album ?).
La production est excellente, ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé.
On aimerait des titres plus progressifs de la part de Dio, et puis une véritable ballade vraiment douce car sa voix dramatique, claire ou rugissante, y ferait merveille. Néanmoins, il y a quelques pièces avec des ambiances un peu inattendues (orientalisantes sur 2 morceaux) et des changements de rythmes, un côté mystérieux et surtout, les mélodies de la plupart des morceaux sont très bonnes !
Ah, au fait : Les allergiques aux thèmes de magie/sorcellerie et compagnie.... ne vous y laissez pas prendre.. Dio n'en a jamais fait tant que ça quand on y regarde de près, mais il a toujours utilisé cette imagerie pour ses pochettes, par contre (celle-ci est superbe, d'ailleurs). Les textes de cet album (reproduits dans le livret) sont tous réalistes et souvent intéressants.
Ni trop agressif, ni mou, "Master Of The Moon" est nettement au-dessus des très lourds "Angry Machines", "Strange Highways" et "Lock Up The Wolves". Certains préfèreront le plus direct "Killing the Dragon" de 2002, qui rappelait parfois nettement "Holy Diver" mais celui-ci, avec le retour du guitariste Craig Goldy (moins inspiré sur ce disque que Doug Aldrich sur le précédent), montre un (léger) changement de cap et des arrangements un peu plus élaborés, ce qui ne fait pas de mal !