Avant-propos
Avant que vous ne lisiez ce petit livre, je voudrais écrire quelques mots à son sujet.
Il ne s'agit pas d'histoires issues de mon imagination, mais simplement du récit de mes aventures dans la Marine.
Les faits racontés sont évoqués selon mon point de vue, mais ils demeurent aussi exacts qu'il est en ma capacité de les décrire.
Les noms des lieux, bâtiments, situations et navires ont été conservés. En revanche, ceux des marins ont été modifiés, ou ont simplement été remplacés par un grade. Un certain nombre d'entre eux étant encore d'activé, je me dois de respecter leur vie privée et professionnelle.
Pour la Marine, j'ai été volontaire. Durant mes études, j'avais suivi une préparation militaire marine à Strasbourg - que j'ai obtenue avec mention très bien. Je suis encore aujourd'hui très attaché à la Marine.
Je faisais et fais encore des maquettes de bateaux navigants, durant mon temps libre. Entre seize et vingt ans, j'ai construit l'Aviso A69 Quartier-maître Anquetil au 1/50, puis la frégate F67 Tourville toujours au 1/50, elle fait 3,12 m pour 70 kg. Puis enfin le porte-avions Charles-de-Gaulle au 1/72, sur un plan personnel extrapolé de celui du Clemenceau. Car le Grand Charles, à cette époque-là, n'en était qu'au début de sa construction au fond d'une cale sèche. Durant mon service, j'ai d'ailleurs écrit un article sur mes maquettes, qui a été édité dans un numéro de Cols Bleus, le magazine de la Marine, le numéro 2333 de janvier 1996.
J'ai été volontaire pour un service long après mon BTS de chaudronnerie. Et j'ai été affecté sur le Rhône, un navire atelier. J'exerçais mon métier sur des bateaux, et j'étais - comme vous pouvez l'imaginer - très enthousiaste : je ne travaillais pas seulement sur un bâtiment, mais sur plusieurs !
Ces histoires de la Marine sont tirées de mon livre de bord original. Il s'agit donc des mots d'un matelot de vingt ans et de ceux de l'équipage d'alors. Ceci expliquera le style de certains passages issus d'un poste d'équipage, et non d'un carré officier ! J'ai choisi de garder le contexte plutôt que de le réduire outre mesure, pour plus d'authenticité.
J'éprouve beaucoup de respect pour la Marine. Et notamment pour les officiers mariniers, leur dévouement et leur respect de certaines valeurs auxquelles je crois moi-même. J'ai d'ailleurs toujours des contacts amicaux avec bon nombre de mes anciens supérieurs. Je suis, comme beaucoup, convaincu que l'ossature de la Marine nationale repose sur une bonne base d'officiers mariniers... sans qui rien ne marcherait !
Je tenais à écrire ces quelques lignes, mes histoires pouvant peut-être parfois être particulières. Je ne tiens pas à ce qu'elles soient mal comprises.
J'ai été volontaire, et j'ai fait mon devoir de marin.
Mes prochaines aventures me mèneront en Europe, en Afrique, en Malaisie, en Chine, en Sibérie... Mais c'est une autre histoire.