Critique
Premier album de Cat Stevens première manière,
Matthew & Son comporte seize petites pièces dans la plus pure tradition du
Swingin’ London, gorgées de clavecin et divers arrangements de cordes et de cuivres exécutés par l’orchestre d’Alan Tee sur fond de pop-rock emballant. Le tout est produit par Mike Hurst pour le label Deram, filiale pop de la maison Decca dont l’album constitue l’une des premières références.
A l’exception d’un titre co-signé avec le producteur foldingue Kim Fowley, l’insouciant
« Portobello Road », toutes les compositions sont de la main du folksinger grec. Figurent entre autres son premier hit absurde
« I Love My Dog » (« as much as I love you… »), la mini-symphonie du morceau-titre,
« I’m Gonna Get Me a Gun » et le
« Here Comes My Baby » que reprendront les Tremeloes avec davantage de succès.
Sans constituer une œuvre impérissable digne de ses successeurs,
Matthew & Son contient son lot de
pop songs gentiment désuetes et plaisantes au rang desquelles il faut considérer
« I See a Road »,
« Granny », et le subtil
« Lady ». A noter un
« School is Out » qui ne doit rien à Sheila ni Alice Cooper.
Si le timbre voilé de Cat Stevens est déjà reconnaissable, son allure bien mise le rapproche alors plus d’un Engelbert Humperdinck ou d’un Donovan que de l’image baba cool qu’il entretiendra quelques années après. A la même époque, l’ex-Ikette P.P. Arnold fait un tube de son titre
« The First Cut is the Deepest » absent de cette sélection.
Jamila Wahid - Copyright 2012 Music Story
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