Quatrième de couverture
Impossible de parler de Barrès sans susciter des réactions passionnées. « Condottiere de salon » ou « maître de liberté » ? Compliments et insultes s'équilibrent. Les uns fustigent son « dilettantisme satisfait », sa « grandiloquence effrénée ». Les autres assurent qu'« il a connu la grandeur de vivre » et s'enivrent de la « prodigieuse musique », de la « musique de perdition » de son style. Le Roman de l'énergie nationale est tantôt qualifié de « pièce de musée », tantôt de « document politique et social incomparable ». Les Déracinés ? « Ouvrage raboteux, abstrait, désolément réactionnaire », selon certains critiques. « Un livre d'aujourd'hui », affirment d'autres.
Quelle conclusion tirer de ces jugements contradictoires, tous émis par d'éminents contemporains ? Que Barrès « nous concerne encore avec son génie et sa sottise », comme le dit l'un d'eux, qu'il est « invisible et présent à la fois, que son influence est immense quoique diffuse, et sa descendance nombreuse : Aragon et Malraux, Proust et Gide, Giraudoux et Giono, Mauriac, Montherlant et Jouhandeau ont subi son ascendant. Et combien d'autres! Il était urgent de rendre à nouveau accessible les grands textes de l'un des fondateurs de la littérature du XXè siècle.


