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Commentaires client les plus utiles
15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Comment rendre passionnante une réalité qui ne l'était pas du tout,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mausolée (Broché)
Arthur Koestler écrit quelque part dans ses mémoires qu''avec le temps, même le pire des régimes finit probablement par s''amollir et devenir supportable. Le nazisme, que Koestler avait en tête en s''avançant de la sorte, s''est effondré trop vite pour valider sa conjecture. Ce n''est pas le cas des dictatures communistes. Le « Mausolée » de Rouja Lazarova, née en Bulgarie en 1968, est une captivante interprétation de ce que « supportable » signifie, dans ce contexte précis. Le roman retrace en gros l''histoire d''une famille dans la Bulgarie des années 50 à 80. Il pourrait être un portrait de l''épouvantable société décrite par George Orwell dans 1984, mais avec trente ou quarante ans d''affadissement progressif. La répression existe toujours. Elle est moins féroce et moins prévisible, mais cela ne la rend que plus absurde. La peur reste un vêtement pénible qui colle à la peau de tous les citoyens, mais les cadres du régime croient de moins en moins à la cause. Même les militaires sèchent les réunions politiques, et confient à un pauvre trouffion angoissé la rédaction de compte-rendu fictifs.Dans un essai admirable de lucidité (« Où meurt la littérature », disponible aux éditions Ivrea), Orwell pronostiquait la mort de la création littéraire sous les régimes totalitaires, car « pour écrire dans une langue claire et vigoureuse, il faut penser sans crainte, et celui qui pense sans crainte ne peut être politiquement orthodoxe ». L''effondrement du bloc communiste lui a donné raison. Ces régimes tuaient l''envie de créer (avec peut-être une exception pour la poésie et certaines formes de romans historiques, comme ceux de Kadaré). Non seulement on n''a pas vu sortir de leurs sous-pentes des centaines d''écrivains de talent réduits à l''anonymat par les censeurs marxistes, mais il a fallu attendre dix ou vingt ans pour que les témoins directs de l''oppression communiste parviennent à donner chair et couleur à ce morne et déprimant cauchemar. Rendre passionnante une réalité qui ne l'était pas du tout est un tour de force. Ce simple fait résume d''une certaine manière la portée du Mausolée de Rouja Lazarova : c''est peut-être le premier roman francophone digne de ce nom sur la vie quotidienne dans le bloc de l''est. Il évite les pièges de la nostalgie de « Good By Lenine » et le discours sur la rédemption des oppresseurs un peu gênant de « La Vie des autres ». C'est un bel ovni dans une production littéraire française trop souvent nombriliste. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
livre remarquable de justesse,
Par Anna Clara (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mausolée (Broché)
récit très juste et très objectif de la vie en Bulgarie pendant toute la période d'après-guerre
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Poignant, sincère mais jamais larmoyant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mausolée (Broché)
Mausolée est un roman qui a la force et le réalisme d'un document. Bien écrite et ultra-réaliste, on ne peut que se laisser emporter par cette description du communisme bulgare.En effet, Mausolée nous fait (re-)découvrir les disparitions, les arrestations arbitraires et les atrocités commises par le système au travers l'histoire de trois femmes, de leur souffrance quotidienne et de leur résistance obstinée et silencieuse. Rouja Lazarova décrit avec brio les rouages d'un régime cruel, froid et absurde loin d'un communisme bon enfant et idéalisé dont les médias occidentaux se sont fait parfois l'écho. Mausolée est à ce titre le meilleur manifeste anticommuniste que l'on puisse imaginer. Rouja Lazarora ne tombe jamais dans le larmoyant et c'est sans doute ce qui donne toute sa force au récit. Petit bémol concernant la construction du récit un peu décousue... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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