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22 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
travestissements, illusions et hommage au cinéma,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mauvaise éducation (DVD)
Nul ne sait mieux qu'Almodovar filmer le monde des travestis, monde marginal du spectacle , des identités incertaines et des métamorphoses fascinantes , jamais sordide ni ridicule, mais profondément humain, entre émotion poignante et légère autodérision. Ce film souvent grave et sombre comme « tout sur ma mère » , malgré de chatoyantes couleurs et quelques extravagants costumes, traite de la difficulté de trouver son identité personnelle et presque de la schizophrénie tragique, après les traumatismes indélébiles de « la mauvaise éducation ». Voyageant entre présent et passé, il dénonce le travestissement effrayant des soutanes noires des prêtres pervers qui cassent à jamais les voix cristallines de l'enfance et souillent la pureté des amitiés particulières. Il est aussi un magnifique hommage aux vieilles petites salles de cinéma, refuge heureux, et à la vertigineuse illusion du 7ème art , qui s'approprie la vie vécue (le film dans le film est une autobiographie ...) et qui s'impose comme le plus magique des rêves malgré ses drames passionnels. La vraie vie et la fiction s'y rejoignent dans quelques scènes étonnantes. Gael Garcia Bernal, aussi séduisant en homme qu'en femme, aimante la caméra dans un personnage étrangement machiavélique. Le film est splendide, magistral, souvent lyrique , non dépourvu de suspense et de rebondissements imprévus. Il continue à nous hanter longtemps .
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Transferts et Transformations,
Par Mr. Daniel Zehnacker "Rimbaud "Dan" F... - Voir tous mes commentaires (TOP 100 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mauvaise éducation (DVD)
Dès la première séquence on est heureux de retrouver la "couleur" Almodovar. L'appartement d'Enrique affiche sans complexe les rouge, bleu, vert, éclatants que l'on trouvait déjà dans "Talons aiguilles" par exemple, et qui sont une constante esthétique du réalisateur.Suite logique (et définitive?) de "La loi du désir" dans le registre du transformisme et de la pédérastie, portée jusqu'à sa phase ultime (il n'y a pas de femme dans "la mauvaise éducation"), au sein de la littérature et de la cinématographie, ce film est à rapprocher inévitablement du chef d'oeuvre de David Lynch "Mulholland drive" : un couple du même sexe, un film en préparation, un échange d'identité, etc.... mais là où Lynch faisait rêver en intriguant, Almodovar enfonce le clou de la perversité mentale puisqu'Ignacio, qui veut se faire appeler Angel et jouer le rôle de Zahara, est en réalité Juan, le frère d'Ignacio, dont il exploite le fonds de commerce pour ses propres ambitions. A coups de flash-back et de films dans le film, le spectateur cherche ses repères et ne les trouve jamais. Il y a une scène qui est révélatrice de cet imbroglio : Enrique et le faux Ignacio se trouvent dans une sorte de musée de masques ricanants. Et à la question de l'un "De qui se moquent ces masques?" l'autre répond "Ils se moquent de nous!". Si l'on ajoute à celà la transsexualité, le recours à la drogue, au chantage et au crime, on obtiendra une vision de l'amour adulte qui, en opposition à la juvénalité des idylles enfantines cassées, tombera forcément dans la caricature, même si la flamboyance des images et la beauté diabolique de Gael Garcia Bernal servent à faire avaler la pilule, très en retrait du langage sublimal de David Lynch. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
portée inattendue d'une mise en perspective,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mauvaise éducation (DVD)
Le vert paradis des amours enfantines souillé par un prêtre pervers, cela avait déjà été fait, notamment dans la littérature et le cinéma britanniques. L'idée assez géniale d'Almodovar est de concentrer cette histoire dans un flash-bacj qui occupe, grosso modo,, la première moitié du film. L'intrigue proprement dite est celle d'un film noir, d'un thriller un peu mélo, où l'esthétisme et l'humour obligent à une bienheureuse distanciation. Le drame de l'adolescence volée ne sera compensé par rien, ni par l'argent ni par la vengeance. Croire cela, c'est se faire du cinéma. Il ne sera dépassé que dans et par la "passion" (dernier mot du film) du cinéma, ce qui est tout autre chose. Conclusion douce-amère mais profonde et finalement optimiste de cette intrigue limpide.
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