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une émotion nommée Romy, 15 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Max et les ferrailleurs (DVD)
Je serais bien en peine de trouver le moindre reproche à faire à ce film qui, par son histoire, sa réalisation et son casting, me semble être un des fleurons du cinéma français des années 70. L'argument est policier, mais très vite nous comprenons que le véritable enjeu de l'intrigue se situe dans la relation extrêmement ambigue qui unit Michel Piccoli et Romy Schneider. Cette dernière, à son habitude, fait preuve ici d'une vérité humaine absolument déchirante. Romy était sans doute la seule actrice au monde à pouvoir dire autant de choses avec son seul regard et la scène finale où elle comprend de quelle machination elle a été victime, même à la quatrième ou cinquième vision, me laisse toujours aussi transie d'émotion. Ajoutez à cela que la caméra de Sautet sait capturer comme nulle autre les mouvements de la vie, le quotidien d'une rue ou d'un bistrot, bref le tempérament d'une époque, et vous aurez compris qu'en plus d'être un thriller haletant, "Max" est aussi, pour nous autres qui le voyons ou le revoyons en ce 21ème siècle débutant, l'occasion d'un petit voyage nostalgique dans une décennie où les cheveux étaient longs, les pantalons bouffants et la cigarette un ustensile social incontournable.
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5.0 étoiles sur 5
Une formidable leçon de vie, 6 janvier 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Max et les ferrailleurs (DVD)
Avec l'amitié pour thématique centrale, "Max et les ferrailleurs" s'affirme comme un film sociologique essentiel. Sautet retrouve le duo mythique Piccoli-Shneider et nous délivre une oeuvre qui s'impose comme un des sommets de sa filmographie. On y retrouve en effet la noirceur glaciale de "Classes tout risques" et l'émotivité profonde de "César et Rosalie". Comme d'habitude dans ses films, la sensibilité et la versatilité des sentiments tiennent donc une place essentielle. Max, flic borné, prêt à tout pour stopper des razzias de braqueurs choisit de porter un signal fort à leur attention. Il élabore alors un stratagème pour conduire des laissés pour compte à commettre l'irréparable, et ainsi les prendre en flagrant délit. Cette manoeuvre machiavélique le bouleversera plus qu'il ne pouvait le présupposer, on ne joue pas impunément avec les sentiments humains conclut le cinéaste. Par ce film bouleversant, Sautet renoue avec les films noirs de ces débuts et réalise une synthèse parfaite de l'ensemble de son oeuvre. C'est une formidable leçon de vie auquel il nous convie !
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D'un côté, des imbéciles ; de l'autre, des ordures!, 19 mai 2011
4° film de Claude Sautet en 71, adapté d'un roman éponyme de Claude Néron, un romancier que Sautet admirait et qui devint son ami (auteur de 'Vincent, François, Paul et les autres', il aida à l'adapter et travailla également sur 'Mado', notamment), avec la complicité de l'immense Jean-Loup Dabadie, musique de Philippe Sarde, 'Max et les ferrailleurs' est un polar, sombre et magnifique, qui raconte l'histoire d'un homme intègre qui se désintègre.
Max, c'est Michel Piccoli, un ancien juge d'instruction issu d'une famille aisée qui a du vignoble dans le Mâconnais et qui est devenu inspecteur de police par dépit : il sait, pour en avoir souffert en tant que juge justement, que pour pouvoir coincer vraiment des truands, il faut les prendre sur le fait, ce qu'il compte bien faire désormais en tant que flic sur le terrain !
Suite à une opération qui a mal tourné et a considérablement terni son image, il rencontre un peu par hasard un ancien copain de régiment, Bernard Fresson, qui avec quelques amis vit de récup' du côté de Nanterre, le district du flic François Périer. En se servant de la compagne de Fresson, la prostituée Romy Schneider, éblouissante, affriolante, étincelante, il piège les ferrailleurs, sans savoir encore que ce faisant il se donne l'estocade.
Ces minables zonards, de petites crapules sans envergure, sont jouées outre Bernard Fresson, par Boby Lapointe (le chanteur, déjà présent au générique des 'Choses de la vie'), Michel Creton et Henry-Jacques Huet notamment. Du côté des policiers oeuvrent outre Michel Piccoli et François Périer, Georges Wilson et le jeune Philippe Léotard (c'était son seulement troisième long-métrage et pas vraiment le dernier). Quant à Michel Piccoli et Romy Schneider, ils avaient été réunis non pas par Claude Sautet dans 'Les choses de la vie' en 69, mais par Jean Chapot en 66 pour 'La voleuse' et allaient se retrouver devant les caméras dans 'Le trio infernal' en 74, 'Mado' en 76 et 'La passante du Sans-Souci' en 82.
C'est bien sûr sa fin qui fait de 'Max' un film d'exception, car contrairement à 'Vincent' qui est le film d'une génération et d'une époque et aux 'Choses de la vie' dont le sujet est intemporel, 'Max' n'est qu'un film policier. Mais quel film policier : une éclatante distribution, un scénario en béton, une fin assassine (dans tous les sens du terme) et bien sûr et surtout le regard de Romy Schneider, la plus grande actrice et la plus belle femme du cinéma contemporain, un regard qui vous transpercera comme il transperce dans le film l'immense Michel Piccoli (le plus grand acteur français contemporain avec Michel Bouquet). Laissez-vous étourdir par la fulgurance de cette histoire pas si simple !
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