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4.0 étoiles sur 5
MELANCOLIC HARD POP, 19 juillet 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Meds (CD)
Depuis que Placebo nous a asséné l'excellent "Battle for the Sun" (voir ma chronique), il est intéressant de se pencher sur ce "Meds" avec du recul. Car il en a besoin, du recul, pour être embrassé complètement et apprécié à sa juste valeur. Beaucoup évident qu'il n'y parait, "Meds" est complexe et charme son auditeur écoute après écoute, étant plus sombre et torturé que "Battle".
"Meds" ouvre le bal avec Alison Mosshart en invitée, sur un titre que j'aurais bien vu en final de la galette, tant ses moins de 3mn sont intenses. Tout en crescendo, il emporte l'auditeur dans un tourbillon de guitares saturées, d'effets et de claviers très "Placebo". Avec "Infra-Red", Placebo démarre réellement le show. Hit en puissance axé sur un riff simple mais efficace, un mid-tempo entrainant et un refrain ravageur que Molko exalte de sa verve "spleenesque". Puissamment jouissif, ce morceau est une réussite qui fait mouche immédiatement.
Puis l'album va osciller entre titres rock/hard pop et titres ténébreux, emplis d'un malêtre que le groupe, Molko on tête, fait ressortir avec une maestria sans égal : les déchirants "Follow The Cops Back Home" qui évoque un petit matin difficile, presque rescapé de la nuit, lent et lourd, aussi triste mais prenant que "Pierrot The Clown", "Blind", ou encore le dépouillé mais incroyablement prenant "In The Cold Light Of Morning".
Au rayon du pêchu, on retiendra les puissants "Drag", Placebo pur jus, rock binaire efficace et inspiré, mais aussi, moins accentués sur les guitares saturés, les excellents "Space Monkey" (riff et refrain mortel sur rythmique technoïde du meilleur effet), "Post Blue", petit chef d'oeuvre semblable, et le direct mais subtil "One Of A Kind", très balancé, dont la rythmique vous emporte inéxorablement. "Because I Want You", lui aussi rock binaire typique du groupe, fait la part belle aux guitares. "Broken Promise", avec Michael Stipe (REM) en invité vocal, se révèle à fleur de peau, mais ne pas pas transcendé. "Song To Say Goodbye" clôture cette galette à la manière dont elle l'a débuté, sur une mélodie emplie de mélancolie et de puissance retenue, qui va exploser au final en laissant l'auditeur dans un frisson de silence avec une seule envie : recommencer !
Je le redis : "meds" n'est pas un album évident. J'ai appris à l'aimer au fur et à mesure des écoutes, car il a beaucoup à offrir à celui qui se donne la peine d'écouter, et non de se borner à entendre ou tout au mieux à une première écoute.
Véritable pinacle de la mélancolie d'un groupe hors norme, "Meds" raconte l'humain, son spleen, parle du quotidien et de sujets tabous, creuse les ténébres pour les porter à la lumières... superbe, tout simplement.
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