Désireux de présenter à l'Europe les BellRays, qu'il venait de signer sur Poptones, le rusé Alan McGhee choisit en apparence la sécurité en réalisant une compilation de chansons issues de leurs deux disques précédents,
Let It Blast et
Grand Fury (tout en faisant au passage un clin d'œil aux Beatles du deuxième opus).
Sans le savoir et encore moins le vouloir, il largue une vraie bombe thermonucléaire sur un marché du disque alors déjà bien morose et, encore plus fort, il réalise tout simplement le meilleur album du groupe, où les superbes compos du tonitruant guitariste Tony Fate se taillent la part du lion (dix sur quatorze) et où la surprise est omniprésente.
Il faut dire qu'à quelques – malheureuses – exceptions près, on n'avait jusqu'alors jamais osé un tel mélange, celui de la voix d'une chanteuse noire et d'une rythmique blanche très hardcore, en complète frénésie. Evidemment, on a usé et abusé des superlatifs parfois les plus délirants à propos de la performance de Lisa Kekaula, qui n'est ni Tina Turner, ni Aretha Franklin, mais qui, grâce à ces chansons, s'impose en tout cas comme leur égale : elle renvoie d'ores et déjà tous les Skunk Anansie et autres pas-grand-chose du même genre au bac à sable.
Difficile d'exprimer avec des mots tout ce que son timbre peut charrier comme sentiments et procurer comme sensations. Il faut écouter au moins une fois dans sa vie un titre comme
« Heat Cage », afin d'y entendre une voix humaine recouvrir et étouffer le fracas d'une guitare, d'une basse et d'une batterie à plein volume, et ceci sans aucun artifice de studio – on n'imaginerait d'ailleurs rien d'autre que ce son, sale, fruste et brouillon, pour de tels morceaux.
Occasion aussi de redécouvrir la puissance du jeu de Ray Chin, très Keith Moon dans son style, et qui devait quitter le groupe peu après cette parution, qui fit vraiment date et sera inévitablement redécouverte, et peut-être même plus tôt qu'on ne le pense. Un disque bourré de classiques (
« Too Many Houses In Here »,
« Fire on the Moon »,
« Blues for Godzilla »), celui avec lequel il faut aborder les BellRays.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story
"Antes de oirlos tienes que ir al gimnasio y, después, comer bien y abundante. Avisado estás porque estos angelitos te van a moler los huesos, te sentirás como si te hubieran dado una tunda de palos con un bate de béisbol. Esto es el ""rock n' roll"" del nuevo siglo, nada de virtuosos metronómicos y cuadriculados, nada de poses de ultratumba ni de adolescentes con problemas. Los BellRays chirrian, cantan y derrapan con la gracia innata de los que no pueden evitar ser así. Toda una experiencia."