Critique
Le meilleur album de Magma a bénéficié d’un long processus de maturation (impliquant plusieurs versions, plus ou moins acoustiques, de l’œuvre). Il doit être également considéré comme le troisième mouvement d’une pièce jouée sur scène, ou qui bénéficiera d’enregistrements ultérieurs. Et si l’on s’y perd, ce ne sont certes pas les notes du livret, signées Christian Vander, qui éclaireront l’auditeur : certes fondatrices de la mythologie kobaïenne, elles restent surtout nimbées d’un aimable délire passablement fourre-tout.
Ces détails écartés, force est de constater que
Mekanïk… reste comme l’une des œuvres les plus puissantes de la deuxième partie du siècle dernier, portée essentiellement par trois hommes. Le batteur et leader y constitue, avec le bassiste Jannick Top, une redoutable machine de guerre, profonde et tellurique, tendue comme un arc méticuleux, aussi performante dans la scansion rigoureuse que dans les formes les plus libres.
Quant au chanteur Klaus Blasquiz, il est clair qu’on ne l’a jamais entendu à ce niveau, puissant, d’une tessiture vertigineuse, tenant ces longues minutes à bout de voix. Le souffle de la partition n’a d’égal que la passion avec laquelle les musiciens l’abordent (signalons Stella Vander et son savoir-faire de répons aux chœurs, la clarinette de René Garber et, naturellement, les saxophones de Teddy Lasry : ils le méritent). Un album indispensable.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
1973, Mëkanïk Destructïw Kommandöh, 3ème album, La pièce maitresse de MAGMA, M.D.K a connu une longue gestation avant de parvenir à son état d'aboutissement définitif. Enregistré au Studio Manor par Simon Heyworth et Gilles Sallé.