Le mariage de Justine dans la maison de sa soeur Claire tourne au désastre. Et ce au moment même où la planète Melancholia se dirige vers la Terre. L'apocalypse est proche...
Il faut ici comprendre le nom de Melancholia (la planète qui se dirige vers nous) et qui affecte l'humeur des héros non pas au sens moderne qu'on donne à mélancolie mais comme celui qu'elle avait à l'époque de Dürer quand il a gravé sa célèbre Mélancholia : c'est à dire le spleen, la dépression qui conduit aux idées noires et en définitive au suicide. Portrait, donc, de gens, et à travers eux d'une civilisation, qui courent à leur perte.
À cause de la polémique née des propos stupides en conférence de presse cannoise de Lars von Trier, il serait dommage de passer à côté de ce remarquable film qui est sans doute, sur la forme, le plus achevé de son réalisateur. On y trouve d'ailleurs plus d'un point commun avec le film qui a, lui, obtenu la Palme d'or : The Tree of Life. Dans les deux cas, une histoire singulière, un drame à taille humaine, se trouve perdu dans le chaos des force telluriques, dans le grand tout de l'univers. Ainsi assiste-t-on dans Melancholia à des collisions dans tous les sens du terme, celle des planètes comme celles de ces tableaux recrées (Bosch, Van Eyck et autres gothiques tardifs ou pré-Renaissance) avec les images de la famille des héroïnes.
Difficile de résumer un film assez hétéroclite, pourtant tout à fait "lisible" quand on le regarde. Les images magnifient aussi les interprètes dont Charlotte Gainsbourg (Claire), plus touchante, plus émouvante, au final plus lumineuse que Kirsten Dunst (Justine).
Les bonus du blu-ray sont trop courts (sauf la fameuse conférence de Cannes qui est , beaucoup, trop longue...) pour apporter l'éclairage nécessaire;