Si vous ne connaissez pas encore les trios de Mendelssohn, il est temps pour vous de découvrir une merveille (encore une) de la musique: 1er mouvements profonds et variés, adagios inoubliables et émouvants au possible, scherzo énergiques et somptueux et derniers mouvements sommets des oeuvres, à mourir.
L'interprétation que nous offre ici le trio Wanderer est sans conteste a placer avec celle du trio de Julia Fisher, là où les uns choisissent une approche, les autres font ressortir un autre trait, le tout dans une complémentarité parfaite. Mais s'il n'est à choisir qu'une seule version, je choisirais celle-ci: le trio propose en effet une interprétation maximale à chaque minute, aux tempi vifs mais jamais pressés, aux traits intenses, à l'équilibre prodigieux. Chaque instrument ressort au moment voulu dans des phrases de la plus pure beauté et profondeur, avec une justesse qu'on n'aurait osé exiger il y a de cela encore quelques dizaines d'années. Donnant un méchant coup de vieux à la version Stern, on ne gardera des plus vieilles que l'antique Thibaut/Casal/... pour son charme tout particulier. Mais s'il y a désormais une références à mettre, elle est ici. Indispensable donc, autant pour ceux qui découvrent ces trios que pour les amoureux confirmés.