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1946-1973. Entre ces deux dates, une amitié, celle entre un journaliste et un artiste. Le premier est rédacteur en chef au journal communiste de la Côte d'Azur,
Le Patriote. Le second a élu domicile à Golfe-Juan. C'est Picasso ! Quand l'artiste descend dans le sud de la France, Georges Tabaraud est chargé de couvrir l'événement. Cette première rencontre, sur la plage et sous le soleil, s'inscrit dans la fraîcheur et les mots d'esprit du peintre, du côté de l'émotion et de l'innocence chez le journaliste. Une première rencontre qui est la bonne : 2 500 gravures (carnaval ou autres motifs) seront signées Picasso, destinées à subventionner le journal. Au fil des rendez-vous, Tabaraud deviendra en quelque sorte le porte-parole mais aussi le confident de Picasso, à Vauvenargues, à Notre-Dame-de-Vie, ou encore à Vallauris. "Toute ma vie je n'ai fait qu'aimer. S'il n'y avait plus personne dans le monde, j'aimerais une plante ou un bouton de porte. On ne peut pas concevoir la vie sans l'amour", confesse l'artiste au rédacteur en chef. Témoin privilégié des sentiments, des hantises et des quêtes, des bonnes et mauvaises humeurs d'un personnage hors du commun, Tabaraud rencontre Cocteau, Prévert, fréquente Olga et Jacqueline Picasso, croise Yves Montand et Simone Signoret. Autant d'échanges lumineux, reçus comme autant d'honneurs, qu'il relate ici sans masquer son admiration. Ses
Années Picasso revêtent alors des allures d'hagiographie. Le journaliste salue l'artiste. Il a bien raison. Mais il ne dit mot d'un homme dur, intransigeant et revêche avec les siens. C'est bien dommage, le tableau en eût été plus justement réussi.
--Céline Darner
Quatrième de couverture
En 1946, Georges Tabaraud rencontre Picasso sur la plage de Golfe-Juan. Ce premier contact sera suivi d'une longue amitié entre le peintre le plus important de son siècle et un jeune journaliste du
Patriote. Georges Tabaraud sera le témoin privilégié des relations intenses mais aussi des profonds déchirements entre le parti communiste et Picasso. Outre leurs connivences politiques, les deux hommes entretiennent une véritable relation filiale.
Tabaraud, admiratif, s'ouvre à l'art, côtoie Françoise Gilot, puis Jacqueline Roque, croise Dor de la Souchère (fondateur et conservateur du musée d'Antibes), Jean Cocteau, Louis Aragon, Paul Éluard, Jacques Prévert, Georges et Suzanne Ramié (célèbres potiers de Vallauris) sans oublier Maurice Thorez, Serge Lifar, Gary Cooper, Yves Montand et Simone Signoret en visite chez le maître. Les souvenirs sans parti pris de Georges Tabaraud apportent un peu plus de vérité à la gloire du grand peintre : moments forts teintés d'humour ou emplis d'émotion. Un Picasso inconnu du public.
Georges Tabaraud a été journaliste, rédacteur en chef, puis directeur du Patriote, journal de la Côte d Azur, édité par le parti communiste, auquel Picasso donnera chaque année un dessin célébrant le carnaval de Nice.