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Comment lutter sans les armes ? En informant bien sûr. Pour les besoins d'une enquête pour la télévision française, nous le retrouverons, des années après, en plein cœur de Paris. Mohamed est devenu Djamel Mostaghanemi. Au cours d'un procès jugeant les islamistes responsables des attentats de 1995, Sifaoui a en effet rencontré une connaissance de ses années de lycée. Les noms ont été oubliés, pas les visages. C'est ce qui permettra à Sifaoui, sous sa nouvelle identité, de partager pendant trois mois le quotidien d'une organisation radicale, terroriste, proche d'Al Qaida. Au centre, son "ami" Karim Bourti qui sera d'ailleurs arrêté pendant cette enquête. C'est le journal de cette immersion que nous raconte Sifaoui/Mostaghanemi. Un documentaire haletant, angoissant. Les dangers pris par le journaliste sont immenses mais le résultat est là. D'après lui, si l'Angleterre est le point de ralliement des terroristes de tout poil, la France n'est pas en reste : organisation sans faille, contacts aux quatre coins du monde, idéologie extrémiste, détournements de dons, communication avec les "mécréants" sous le signe de la "takya" (double langage destiné aux non-musulmans pour rassurer, justifié par certains comme indispensable pour mener à bien le "djihad", la guerre sainte… Tout cela fait froid dans le dos. Les noms, les situations nous sont livrés tels quels. Le combat de Sifaoui semble, sous cet angle, juste et on lui pardonne aisément sa colère contre les "droits de l'hommistes", responsables, selon lui, du laxisme envers les terroristes. Reste une impression désagréable selon laquelle le danger serait partout… À chacun ensuite de trouver la distance qu'il convient avec l'actualité pour apprécier ce livre nécessaire. --Marine Segalen
Présentation de l'éditeur
Pendant plus de trois mois, Mohamed Sifaoui a tenu un journal quotidien dans lequel il a noté les moindres détails. Il a également filmé ses contacts en caméra cachée pour deux reportages qui doivent être diffusés sur des chaînes françaises. Ses nouveaux "frères" lui ont expliqué quelles seraient les cibles éventuelles en France, lun dentre eux lui disant : « Nous devons avoir le Coran dans une main, le kalachnikov dans lautre ». Tentant de le récupérer, ils lont chargé de leur trouver des financements, de faire de la propagande et de leur fournir des informations sur des personnalités algériennes dont le mufti de Paris, Dalil Boubekeur et celui de Marseille, Soheib Bencheikh en vue, diront-ils, « dune possible élimination de dignitaires algériens », bref autant de révélations fracassantes qui font de cette enquête le premier regard porté par un journaliste sur « lintimité » dune cellule terroriste. Un document exceptionnel et ô combien inquiétant.