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4.0 étoiles sur 5
Genesis, 28 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Message (CD)
Ce 33 T de 1982 est considéré par les historiens de la chose comme le premier disque de rap. Un disque qui est à des années-lumière des horreurs inaudibles de Puff Daddy, Jay-Z, Kanye West et consorts, les soi-disant rappeurs actuels... D'abord Grandmaster Flash et ses potes les Furious Five sont des gens normaux, qui ne ressemblent pas à un présentoir de Van Cleef & Arpels ... Eux, ce serait plutôt le genre Stagger Lee, semblant tout droit sortis d'un film de blackploitation ...
Et puis, surtout, ils jouent ... Avec des vrais instruments (batterie, basse, guitare, claviers, sections de cuivres...). Parce que le rap des origines, c'est un truc funky avec des parties vocales plutôt parlées que chantées. Mais pas tout le temps d'ailleurs, sur la moitié des titres, les gars chantent « normalement ». Notamment sur les deux morceaux très fortement inspirés par Stevie Wonder « Dreamin » et « You are », ou sur la reprise des Spinners (« It's a shame »).
Du rap dans le sens « old school » du terme, il n'y en a que sur trois titres, « She's fresh » et « It's nasty » reprise au Tom Tom Club, et « The Message », premier single de rap à être classé dans les hit-parades US, et cri de misère des ghettos noirs des mégalopoles américaines ...
On trouve aussi sur ce Cd « Scorpio », titre étrange où derrière basse et batterie, une multitude de claviers et de scratches, une voix passée au vocoder finissent par ressembler à du Krafwerk électrocuté et jettent les bases de la techno. Très peu de gens dans le rap se sont orientés vers des sonorités semblables.
Et puis, il y a le fascinant dernier titre (« The adventures ... », leur tout premier single) qui montre comment ils construisent leur rap, en empruntant une partie vocale sur le « Good times » de Chic, la ligne de basse de « Another one bites the dust » de Queen, une mélodie au « Rapture » de Blondie, le tout englobé dans les arrangements du groupe ...
Comme tous ceux qui aux Etats-Unis ont jeté les bases d'un mouvement musical (blues, folk, soul, ...), Grandmaster Flash et ses potes venaient d'un milieu misérable (le Bronx, pas vraiment une destination du Club Med) et n'ont guère profité des montagnes de dollars que leur « trouvaille » allait générer (ils se sont séparés au bout de quelques temps).
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