Commentaires client les plus utiles
25 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
un bien beau vainqueur par défaut, 14 décembre 2004
En 1999, Saint François d'Assise bénéficiait enfin d'une sortie discographique digne de ce nom. Encore que... : il s'agit à l'origine d'une captation en public au Festival de Salzbourg. Le projet n'a donc pas été pensé pour le disque, et on ressent les traces en particulier dans certains déséquilibres acoustiques, quelques bruits parasites, une petite fatigue de Van Dam au troisième acte... mais globalement ce ne sont que des défauts très superficiels. En revanche, Nagano, peut-être soucieux de fluidifier le discours de Messiaen et/ou de ne pas perdre l'attention de l'auditeur, adopte des tempi un peu trop rapides pour donner toute sa dimension et surtout son allure paisible à la contemplation franciscaine. L'Orchestre Hallé, pourtant guère prestigieux, délivre une prestation remarquable. Si les représentations de 2004 de l'Opéra National de Paris étaient publiées, on y entendrait néanmoins des tempi bien meilleurs (grâce à Sylvain Cambreling) ainsi qu'un orchestre à la chair et aux couleurs sans doute plus succulentes. Toutefois, ce coffret immortalise le Saint François de José Van Dam dont j'ai envie dire qu'il appartient à la même catégorie que la Sieglinde de Lotte Lehmann, le Hans Sachs de Friedrich Schorr, le Tristan de Lauritz Melchior ou la Kundry de Martha Mödl : une identification telle qu'elle rend par avance scabreuse toute autre tentative d'interprétation tant le timbre même, au-delà ou plutôt en-deçà de tout effort interprétatif, semble être celui du personnage, au point d'abolir la présence du chanteur. Le reste de la distribution est moins enthousiasmant (avec un français sacrifié), mais l'ouvrage repose tellement sur le personnage de François que ce n'est pas très grave. L'autre personnage marquant, celui de l'Ange, est d'ailleurs très bien tenu par Dawn Upshaw, tandis que le Lépreux est représentatif des compositions efficaces mais assez grossières du ténor de caractère Chris Merritt. Les "modernistes", Boulez en tête, continueront de mépriser cet ouvrage, accusé de conservatisme. Mais si l'on s'intéresse moins à une perspective historicisante dans laquelle toute oeuvre devrait marquer un progrès par rapport à tout le répertoire existant qu'à la richesse émotionnelle, humaine et spirituelle de l'oeuvre, Saint François est un authentique chef-d'oeuvre, regorgeant de plaisirs, d'une paix et d'une joie uniques. Pour cette musique et pour José Van Dam, ce coffret s'impose.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
2 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le plus bel enregistrement de « Saint François d'Assise » d'Olivier Messiaen, l'un des opéras majeurs du vingtième siècle, 19 décembre 2009
Olivier Messiaen est né à Avignon en 1908. Fils de Pierre Messiaen et de la poétesse Cécile Sauvage, il fut profondément influencé par les poèmes de sa mère. A l'époque de la première Guerre mondiale, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus. Il entre, à l'âge de 11 ans, au Conservatoire de Paris, pour étudier le piano et les percussions, puis l'orgue et la composition. Il a notamment comme professeurs Charles-Marie Widor (1844-1937), Maurice Emmanuel (1862-1938), qui lui fait découvrir les anciens rythmes grecs et les modes exotiques, Paul Dukas (1865-1935) et Marcel Dupré (1886-1971). Il devient organiste à l'église de la Trinité à Paris à l'âge de 22 ans et, de 1936 à 1939, il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum. En compagnie d'André Jolivet (1905-1974), d'Yves Baudrier (1906-1988) et de Jean-Yves Daniel-Lesur (1908-2002), il créa « Jeune France », groupe de compositeurs destiné à promouvoir la musique nouvelle. Fait prisonnier en 1940, il compose durant sa réclusion son « Quatuor pour la fin du Temps », dont la première est donnée dans le camp le 15 janvier 1941 par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur. Libéré en mars 1941, il retourne enseigner à Paris, où il devient professeur au Conservatoire. Il compte parmi ses élèves Yannis Xenakis (1922-2001), Marius Constant (1925-2004), Pierre Boulez (né en 1925), Antoine Duhamel (né en 1925), Betsy Jolas (née en 1926), Karlheinz Stockhausen (1928-2007), François-Bernard Mâche (né en 1935), Gilbert Amy (né en 1936), Paul Mefano (né en 1937), Alain Louvier (né en 1945), Gérard Grisey (1946-1998), Jean-Louis Florentz (1947-2004), Tristan Murail (né en 1947), Kent Nagano (né en 1951), Philippe Fénelon (né en 1952), Alain Mabit (né en 1953) et George Benjamin (né en 1960). Il est mort en 1992 à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). « L'Ascension » pour orchestre (1933), le « Quatuor pour la fin du Temps » pour violon, clarinette, violoncelle et piano (1940), les « Visions de l'Amen » pour deux pianos (1943), les « Trois petites Liturgies de la présence divine » pour choeur de voix de femmes, piano, ondes Martenot et orchestre (1944), les « Vingt regards sur l'Enfant Jésus » pour piano (1944), la « Turangalîla-Symphonie » pour piano, ondes Martenot et orchestre (1948), la « Messe de la Pentecôte » (1950), le « Livre d'orgue » (1951), les « Oiseaux exotiques » pour piano et petit orchestre (1955), le « Catalogue d'oiseaux » pour piano (1956), « Sept Haïkaï » pour piano et petit orchestre (1962), « Couleurs de la Cité céleste » pour piano, ensemble à vent et percussions (1963), « Et exspecto resurrectionem mortuorum » pour orchestre (1964), « Des canyons aux étoiles... » pour piano et orchestre (1972), l'Opéra « Saint François d'Assise » (1975), « Le Livre du Saint-Sacrement » pour orgue (1984), et « Éclairs sur l'Au-Delà... » pour orchestre (1991) sont quelques unes de ses oeuvres majeures, qui font d'Olivier Messiaen l'un des plus grands compositeurs du vingtième siècle.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
|
|
|