The Orb a-t-il encore vraiment une raison d'exister en 2010? Eh bien ce petit disque sans prétention semble prouver que oui. Formation phare de la culture rave du début des nineties en Grande Bretagne, The Orb s'était acquis une respectable cohorte d'admirateurs grâce à des mixes brouillons et ultra-inventifs qui n'hésitaient pas à mélanger soul des années soixante-dix, pop allemande... et parfois n'importe quoi. Après deux premiers albums remarqués, le combo polymorphe d'Alex Paterson avait toutefois commencé à se perdre en remixes ennuyeux et pièces de percussions électroniques de plus en plus banales. Oh, The Orb avait toujours su rester "agréable"! Mais pas vraiment "passionnant"... Alors ce disque, élaboré à partir d'une jam impromptue avec le guitariste du Floyd, est plutôt une bonne surprise. Nous avons droit à des ambiances orbiennes construites autour de phrases de guitares typiquement gilmouriennes. Ca balance doucement, ça plane et ça dubbe par endroit (forcément). Le tout étant ponctué de samples vocaux de la reprise du "Chicago" de Graham Nash par le sieur David. D'accord, ce n'est pas incroyablement novateur. Et ça rappelle même parfois ces faux remixes de Dark Side et de Wish You que des pirates rapaces avaient jadis diffusés aux fans avides d'électro volante. Mais cet album, pour moi, a quelque chose d'un petit miracle: il sonne très souvent "années 90" et, pour peu que vous vous laissiez guider, il peut vous emmener tranquillement sur des petits nuages de plaisir sonore pendant une cinquantaine de minutes. Alors, on peut considérer qu'il s'agit d'un retour en arrière pour Paterson et ses acolytes, motivé peut-être par des raisons commerciales. Mais je me refuse à croire à autant de cynisme. Ce CD est certainement aussi un sincère témoignage d'admiration envers l'un des grands pionniers des espaces musicaux psychédéliques. Un peu comme ceux que The Orb a rendu par le passé à des guitaristes comme Steve Hillage et Robert Fripp au travers de diverses collaborations.