Cette compilation marque le début d'une série aux sorties annuelles -et d'ailleurs, la prochaine, c'est quand?-, Miami, puis Ibiza, puis Londres, puis Amsterdam,... sur le label prestigieux Armada.
Markus Schulz : un américain très "européanisé" s'il en est, vu qu'il ne compile que de la trance progressive européenne et qu'il gère le sous-label Colharbour, division d'Armada, qui sort des titres d'une qualité exceptionnelle comme on avait pu le constater sur sa précédente compilation "Coldharbour Sessions".
Ici, le son Armada est nettement prédominant, pour ceux qui voudraient s'en faire une idée, c'est l'occasion.
D'aucuns ont émis la critique suivante : compilation redondante avec l'autre grosse sortie d'Armada, "A State of Trance 2005". Je ne suis pas d'accord : s'il est vrai que l'on retrouve certains titres sur les deux -"Space Guitar", "In the End", "I know you're gone"-, les deux compilations sont orientées dans deux directions très différentes voire quasi opposées.
Le son Schulz, c'est avant tout beaucoup de mélodie de ce petit clavier sympathique et tintinnabulant contrastant avec des lignes de basse puissantes sur fond de rythmique tonitruante et très travaillée. Le sentiment qui envahit l'auditeur est une sorte de mélancolie en opposition avec certains passages plus joyeux ou pour carrément tomber dans la pénombre dark trance. Peu de parties vocales, toutes présentes sur le premier CD, qui constituerait la pré-chauffe du deuxième, encore que...
Ce qui est marquant et admirable chez Markus, c'est sa propension à compiler ses jeunes poulains, parfois "un p'tit coup et puis s'en va" -Ave Mea, Fluid in Motion, Jagermaestro, Yilmaz Altanhan-, ou stars montantes -Marcus Schössov et son Progresia, Ozgür Can, Santiago Nino, José Amnesia, Hammer & Bennett-, phénomène encore plus accentué sur "Ibiza '06".
Donc, de la trance progressive à tempo raisonnable (130-135 bpm), à l'esthétique sonore indéniable, au mix impeccable même si la technique n'est pas époustouflante.
Les moments marquants, appréciation personnelle bien entendu : l'intro de Hydroid, très typique du son Markus Schulz comme décrit précédemment, "Baltic Sea" pour le break de percu, "Heaven Drops" pour l'émotion qu'il dégage, sur le premier CD ; sur le deuxième "Electro Hairspray" pour la saturation de l'instru, le remix de "Connected" par Santiago Nino qui rajoute sa ligne de basse à l'instru déjà renversante, Progresia "A little hazy Morning" juste parce que c'est Marcus Schössov et qu'il est bon.
"Sublimate" est meilleure en version breakbeat, "Eighties" meilleure par Ozgür Can, "Language" meilleure par Santiago Nino, même si on peut objecter qu'un remix n'est rien sans l'originale.
Je ne cache pas mon admiration sans limite pour ce Dj/producteur/label manager de génie, mais c'est quand même un incontournable de la trance progressive depuis des années et cette compilation en est une preuve.