N'hésitons pas à paraphraser le film d'Eric Rochant pour le dernier Michael Mann.
Si l'histoire de son précédent Collateral tient en 2 lignes, l'histoire de Miami Vice tient en 2 lignes et demie. Attention les pailles.
Alors pourquoi regarder Miami Vice ?
En transposant au cinéma sa série TV innovante dès sa diffusion, Michael Mann retrouve son matériau de prédilection, un genre éculé qui nous revient sans cesse, le film noir, le film policier, le film d'action, le film de gangster.
Intéressant et curieux de voir comment ce réalisateur nous embarque une fois de plus dans ses obsessions de cinéma, ses univers qu'il a mis 40 ans à construire.
Miami Vice n'est pas un film de plus, mais plutôt un objet d'art, plus précisément un objet visuel de design.
Comment Mann s'échine à nous transmettre film après film sa passion pour les échangeurs d'autoroute, les hyènes (ou les dingos), l'urbanisme désolé que lui seul semble connaître ?
Il a beaucoup visionné les films de Jean-Pierre Melville pour en arriver là.
Comme beaucoup de cinéastes de caractère à travers le monde.
Du Solitaire à Heat, du Sixième Sens à Collatéral, ce parfait réalisateur Américain est sous influence Européenne.
Habitué à nous laisser sur notre faim dans d'autres films (difficile avec Ali de faire mieux que When We Were Kings de Léon Gast), Mann s'impose avec Miami Vice et atteint un degré de fusion entre ses visions du cinéma et ce qu'il montre à l'écran.
C'est avec plaisir que nous retrouvons, entre autres, John Ortiz, en vrai méchant, qui finira comme son personnage de jeune dealer dans L'Impasse invitant malgré lui Carlito à un sanglant guet-apens.
Miami Vice 2006 ne rigole pas, Crockett et Tubbs sont confrontés à différents empires du mal, des cartels de la drogue à la redoutable organisation des Suprématistes Américains, qui ramène les Hell's Angels à de petits poucets en 2 roues cherchant l'Ogre.
Cette organisation existe réellement, elle pose un vrai problème aux USA.
Mann a gardé l'essentiel de la série TV, évitant clins d'oeil et clichés superflus.
Mention spéciale à Colin Farell équilibrant parfaitement soldat d'élite et ultra-frime, souvent indispensables pour s'imposer dans les milieux de la loi du plus fort, apanage de la série TV.
Parfois boudé en salle, souhaitons à Michael Mann un record de dvd pour Miami Vice, égalant Heat, plus de 10 millions d'exemplaires, qui au passage lui ont permis de récupérer les droits de son film-fleuve noir (nécessaire à son adaptation en jeu vidéo).
Haut les flingues et chapeaux bas.