Mike Brant


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Image de Mike Brant

Biographie

C'est à Chypre que naît Moshé Michaël Brand Sela. Ses parents, juifs originaires respectivement de Russie (son père) et de Pologne (sa mère) sont alors en route pour la Palestine, qui deviendra bientôt Israël. Bloqués sur l'île de Chypre par l'armée anglaise, les époux Brand logent de longs mois dans un camp de réfugiés : c'est donc à Famagouste (district de Nicosie, Chypre) que le futur Mike Brant voit le jour, dans un hôpital de fortune, le 1er février 1947.

« Vedette... ou clochard »

Au mois de septembre de la même année, la famille débarque enfin à Haïfa, avant de s'installer dans un ... Lire la suite

C'est à Chypre que naît Moshé Michaël Brand Sela. Ses parents, juifs originaires respectivement de Russie (son père) et de Pologne (sa mère) sont alors en route pour la Palestine, qui deviendra bientôt Israël. Bloqués sur l'île de Chypre par l'armée anglaise, les époux Brand logent de longs mois dans un camp de réfugiés : c'est donc à Famagouste (district de Nicosie, Chypre) que le futur Mike Brant voit le jour, dans un hôpital de fortune, le 1er février 1947.

« Vedette... ou clochard »

Au mois de septembre de la même année, la famille débarque enfin à Haïfa, avant de s'installer dans un kibboutz en Galilée. Les Brand reviennent ensuite à Haïfa, où Moshé grandit. L'enfant met longtemps à marcher et plus encore à parler : durant les quatre ou cinq premières années de sa vie, Moshé Brand est muet, avant de prononcer enfin ses premiers mots, pour réclamer une glace. Comme pour rattraper le temps perdu, il donne rapidement de la voix dans une chorale de synagogue dont il est le seul garçon ; sa sensibilité artistique s'exprime également à travers le dessin, qu'il pratique beaucoup. Le garçon suit une scolarité quelque peu erratique et montre déjà un tempérament très angoissé, qui lui vaut un ulcère à l'estomac dès son adolescence.

N'aimant pas les airs d'opéra qu'on lui fait interpréter, Moshé arrête de chanter à la chorale : avec son frère cadet Zvi, accordéoniste, il monte un duo, Les Chocolates, qui se produit dans des hôtels et des boîtes de nuit en reprenant des standards pop rock que le jeune chanteur, maîtrisant peu l'anglais, interprète phonétiquement. Afin d'être crédible en « vedette américaine », il adopte le prénom de Mike, jugé plus sexy que Moshé. Déjà très séduisant - et, selon la légende, très convoité par la gent féminine - le jeune homme est mis en avant sur les conseils d'un patron de night-club, le groupe devenant Michaël Sela et les Chocolates. Toujours hypersensible et pris de passion pour sa carrière musicale, Mike affirme à sa famille qu'il se voit devenir « vedette... ou clochard ». Il fait sa première rencontre importante en la présence du directeur de revue Jonathan Karmon, pape du music-hall israélien. Conquis par la prestance du jeunot, Karmon l'emmène avec sa troupe pour une tournée aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. Bien qu'éprouvé par le décès de son père, Moshé Brand profite de cette opportunité pour se perfectionner et mieux se familiariser avec le monde du spectacle.

Le tombeur de ces dames

Jean Renard prend en main la carrière de Mike Brand, change son nom en Brant (Brand pouvant rappeler une marque d'électroménager) et recompose le look de pied en cape : pantalon à pattes d'éléphant, chemise de satin entrouverte sur le torse, Mike Brant devient un véritable archétype de la mode seventies. Le chanteur étant encore rétif à la langue française - qu'il finira par maîtriser -, l'enregistrement de « Laisse-moi t'aimer » est particulièrement laborieux : il faut 260 séances à Mike Brant, cornaqué par Jean Renard et Jean-Claude Vannier, pour parvenir à mettre en boîte son premier 45-tours. C'est au réveillon 1969-70 que le public français fait à la télévision la connaissance de Mike Brant. Favorablement accueilli par les plus grands animateurs-producteurs français de l'époque (Jacques Martin, Philippe Bouvard, Guy Lux...), le chanteur multiplie les passages sur les ondes, gagnant le cœur du public avec « Laisse-moi t'aimer », qui sort en février 1970. Mike Brant enchaîne la même année avec deux autres 45-tours : « Un grand bonheur » et « Mais dans la lumière », cette dernière chanson lui valant le Grand Prix RTL International.

Le chanteur passe alors régulièrement sur les ondes de la radio, la grande patronne des variétés de la station, Monique Le Marcis, l'appréciant particulièrement. Devenu l'ami de Dalida et de Charles Aznavour, régulièrement invité chez Guy Lux et les Carpentier, Mike Brant est désormais la coqueluche du public français, qui apprécie particulièrement sa voix chaude, grave et sensuelle, et la pointe d'accent perceptible dans ses chansons. En Israël, les disques de l'enfant du pays font également sensation. Mike Brant enregistre des versions de ses chansons en allemand et en italien. Le 14 février 1971, alors que son succès prend de plus en plus d'ampleur, Mike Brant est victime d'un accident de voiture et s'en sort avec un traumatisme crânien. Pour désagréable qu'elle puisse être, cette histoire contribue à la notoriété de Mike Brant : Jean Renard prend des photos de son poulain sur son lit d'hôpital et les vend à France Soir, qui fait courir le bruit - infondé - que la nouvelle idole des jeunes serait devenue amnésique. L'agitation médiatique et la frénésie des fans font du chanteur la sensation du moment et son nouveau 45-tours, « Nous irons à Sligo », remporte un grand succès grâce à cette publicité inespérée. Le 23 novembre 1971, Mike Brant, qui préférait jusque-là se produire en Province, ne se sentant pas prêt pour Paris, rencontre pour la première fois le public de la capitale, en assurant la première partie de Dalida à l'Olympia.

Mike dépasse Cloclo

Son passage à l'Olympia va cependant entraîner un première cassure dans la carrière de Mike Brant : Jean Renard, qui ne le jugeait pas encore totalement au point, était opposé à sa prestation parisienne. Le Pygmalion et sa créature se fâchent et se séparent, d'autant plus que le dernier disque du chanteur, « Une fille à aimer », n'a que médiocrement marché. Jean Renard cède tous ses droits sur Mike Brant à son collègue Gérard Tournier, lequel refile ensuite le bébé à Charles Talar. Mais ces rapides changements de producteur ne perturbent pas l'ascension de Mike Brant, qui trouve un équilibre professionnel dans sa collaboration avec le parolier Michel Jourdan. C'est ce dernier qui lui apporte sa chanson la plus illustre, « Qui saura », adaptée du titre « Che Sarà » de José Feliciano. Numéro 1 des ventes de disques, cette chanson assoit définitivement la gloire du beau Mike Brant, qui se paie le luxe de supplanter Claude François au référendum annuel organisé par le magazine Hit.

Mike Brant fait venir d'Israël son ami Alain Krief, qui devient le réalisateur de ses disques, mais il souffre de solitude : sans entourage proche, il est quelque peu déboussolé par l'hystérie de ses admirateurs (et surtout admiratrices). Charles Talar le fait circuler en Mercedes blindée. Collectionnant les aventures, mais sans histoire d'amour, le jeune homme est littéralement assailli par des fans en délire qui, durant ses spectacles, lui jettent des fleurs, des peluches, des mots d'amour et de la lingerie. Il est de surcroît éreinté par un rythme de travail qui le voit assurer jusqu'à deux cent cinquante galas par an : selon certaines sources, son traumatisme crânien, mal soigné après son accident de 1971, continue de lui causer des douleurs qui achèvent de le désorienter. Mike Brant n'en néglige pas pour autant sa carrière, s'appliquant à écrire lui-même les musiques de ses chansons, pour se poser un nouveau défi et continuer de progresser. La chanson « Rien qu'une larme » est un nouveau triomphe en France, et remporte également un grand succès au Canada. Son fan-club compte jusqu'à 35 000 membres.

Jet-Set et descente aux enfers

En 1974, Mike Brant change à nouveau de producteur : en signant chez Polydor, il passe sous la houlette de Simon Wajntrob, personnage flamboyant qui assure également les relations publiques de Salvador Dalí. Mike Brant accompagne Simon Wajntrob lors d'un voyage chez le peintre, se voit offrir des lithographies par l'artiste, rencontre Mick Jagger et Alice Cooper : ébloui par son nouveau mentor, le chanteur attrape le vertige. Il est de surcroît perturbé par la situation en Israël : pendant la guerre du Kippour, il est allé chanter pour soutenir le moral des troupes et en est revenu choqué et déprimé. Son moral chancelle : en mai 1974, il quitte la scène lors d'un concert après la quatrième chanson, laissant 4000 spectateurs en plan. En juin, il est profondément ébranlé par le cambriolage de son appartement : on lui a volé ses lithographies de Dalí, mais aussi ses photos de famille. Toujours la même année, au faîte de sa popularité, Mike Brant frôle une première fois la mort : le 22 novembre, il tente de se suicider en se jetant du cinquième étage d'une chambre d'hôtel à Genève. Ses chaussures à talon se prennent dans une rambarde au troisième étage et freinent miraculeusement sa chute. Le chanteur s'en tire avec des fractures aux jambes et un nouveau traumatisme crânien, qui n'arrange pas son état physique.

Une fois remis, il reprend le chemin des studios pour enregistrer de nouveaux tubes, « Qui pourra lui dire » et « Elle a gardé ses yeux d'enfant ». Mike Brant semble vouloir se ressourcer en travaillant à nouveau avec son producteur d'origine, Jean Renard, sur une adaptation de « Feelings » de Morris Albert et Loulou Gasté : le résultat, « Dis-lui », est un motif de satisfaction pour le chanteur, qui y voit sa meilleure chanson. Mais cela ne suffira pas à lui faire remonter la pente : le 25 avril 1975, Mike Brant se jette de la terrasse de l'appartement d'une amie. Cette nouvelle tentative de suicide lui est fatale : le chanteur meurt sur le coup. Il est inhumé à Haïfa le 7 mai, tandis que « Dis-lui » se vend à plus d'un million d'exemplaires.

Postérité

Par sa trajectoire aussi rapide que tragique, Mike Brant a laissé l'image de l'étoile filante absolue, propre à devenir une icône. Surgi de nulle part et vite disparu, devenu star dans un pays où il n'avait jamais cessé d'être étranger et isolé, Mike Brant est demeuré l'un des principaux symboles d'une certaine époque de la musique, du strass et du glamour. Force absolue de la nostalgie, ses disques continuent de s'écouler par milliers et son fan-club ne désemplit pas, organisant même des pèlerinages sur sa tombe à Haïfa. Sa discographie n'est plus disponible qu'en d'innombrables best-of déclinés à l'infini. Eut-il autant fasciné si son parcours n'avait pas été si bref et dramatique ? Peu importe, car le mythe entourant un artiste peut venir moins de son œuvre que de la symbolique l'entourant. Celui à qui l'on reprochait d'être un chanteur mièvre et qui rétorquait « les chansons engagées sont bonnes pour les chanteurs sans voix » a sans doute eu gain de cause par-delà la tombe, prouvant que les chanteurs de charme peuvent être éternels.

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

C'est à Chypre que naît Moshé Michaël Brand Sela. Ses parents, juifs originaires respectivement de Russie (son père) et de Pologne (sa mère) sont alors en route pour la Palestine, qui deviendra bientôt Israël. Bloqués sur l'île de Chypre par l'armée anglaise, les époux Brand logent de longs mois dans un camp de réfugiés : c'est donc à Famagouste (district de Nicosie, Chypre) que le futur Mike Brant voit le jour, dans un hôpital de fortune, le 1er février 1947.

« Vedette... ou clochard »

Au mois de septembre de la même année, la famille débarque enfin à Haïfa, avant de s'installer dans un kibboutz en Galilée. Les Brand reviennent ensuite à Haïfa, où Moshé grandit. L'enfant met longtemps à marcher et plus encore à parler : durant les quatre ou cinq premières années de sa vie, Moshé Brand est muet, avant de prononcer enfin ses premiers mots, pour réclamer une glace. Comme pour rattraper le temps perdu, il donne rapidement de la voix dans une chorale de synagogue dont il est le seul garçon ; sa sensibilité artistique s'exprime également à travers le dessin, qu'il pratique beaucoup. Le garçon suit une scolarité quelque peu erratique et montre déjà un tempérament très angoissé, qui lui vaut un ulcère à l'estomac dès son adolescence.

N'aimant pas les airs d'opéra qu'on lui fait interpréter, Moshé arrête de chanter à la chorale : avec son frère cadet Zvi, accordéoniste, il monte un duo, Les Chocolates, qui se produit dans des hôtels et des boîtes de nuit en reprenant des standards pop rock que le jeune chanteur, maîtrisant peu l'anglais, interprète phonétiquement. Afin d'être crédible en « vedette américaine », il adopte le prénom de Mike, jugé plus sexy que Moshé. Déjà très séduisant - et, selon la légende, très convoité par la gent féminine - le jeune homme est mis en avant sur les conseils d'un patron de night-club, le groupe devenant Michaël Sela et les Chocolates. Toujours hypersensible et pris de passion pour sa carrière musicale, Mike affirme à sa famille qu'il se voit devenir « vedette... ou clochard ». Il fait sa première rencontre importante en la présence du directeur de revue Jonathan Karmon, pape du music-hall israélien. Conquis par la prestance du jeunot, Karmon l'emmène avec sa troupe pour une tournée aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. Bien qu'éprouvé par le décès de son père, Moshé Brand profite de cette opportunité pour se perfectionner et mieux se familiariser avec le monde du spectacle.

Le tombeur de ces dames

Jean Renard prend en main la carrière de Mike Brand, change son nom en Brant (Brand pouvant rappeler une marque d'électroménager) et recompose le look de pied en cape : pantalon à pattes d'éléphant, chemise de satin entrouverte sur le torse, Mike Brant devient un véritable archétype de la mode seventies. Le chanteur étant encore rétif à la langue française - qu'il finira par maîtriser -, l'enregistrement de « Laisse-moi t'aimer » est particulièrement laborieux : il faut 260 séances à Mike Brant, cornaqué par Jean Renard et Jean-Claude Vannier, pour parvenir à mettre en boîte son premier 45-tours. C'est au réveillon 1969-70 que le public français fait à la télévision la connaissance de Mike Brant. Favorablement accueilli par les plus grands animateurs-producteurs français de l'époque (Jacques Martin, Philippe Bouvard, Guy Lux...), le chanteur multiplie les passages sur les ondes, gagnant le cœur du public avec « Laisse-moi t'aimer », qui sort en février 1970. Mike Brant enchaîne la même année avec deux autres 45-tours : « Un grand bonheur » et « Mais dans la lumière », cette dernière chanson lui valant le Grand Prix RTL International.

Le chanteur passe alors régulièrement sur les ondes de la radio, la grande patronne des variétés de la station, Monique Le Marcis, l'appréciant particulièrement. Devenu l'ami de Dalida et de Charles Aznavour, régulièrement invité chez Guy Lux et les Carpentier, Mike Brant est désormais la coqueluche du public français, qui apprécie particulièrement sa voix chaude, grave et sensuelle, et la pointe d'accent perceptible dans ses chansons. En Israël, les disques de l'enfant du pays font également sensation. Mike Brant enregistre des versions de ses chansons en allemand et en italien. Le 14 février 1971, alors que son succès prend de plus en plus d'ampleur, Mike Brant est victime d'un accident de voiture et s'en sort avec un traumatisme crânien. Pour désagréable qu'elle puisse être, cette histoire contribue à la notoriété de Mike Brant : Jean Renard prend des photos de son poulain sur son lit d'hôpital et les vend à France Soir, qui fait courir le bruit - infondé - que la nouvelle idole des jeunes serait devenue amnésique. L'agitation médiatique et la frénésie des fans font du chanteur la sensation du moment et son nouveau 45-tours, « Nous irons à Sligo », remporte un grand succès grâce à cette publicité inespérée. Le 23 novembre 1971, Mike Brant, qui préférait jusque-là se produire en Province, ne se sentant pas prêt pour Paris, rencontre pour la première fois le public de la capitale, en assurant la première partie de Dalida à l'Olympia.

Mike dépasse Cloclo

Son passage à l'Olympia va cependant entraîner un première cassure dans la carrière de Mike Brant : Jean Renard, qui ne le jugeait pas encore totalement au point, était opposé à sa prestation parisienne. Le Pygmalion et sa créature se fâchent et se séparent, d'autant plus que le dernier disque du chanteur, « Une fille à aimer », n'a que médiocrement marché. Jean Renard cède tous ses droits sur Mike Brant à son collègue Gérard Tournier, lequel refile ensuite le bébé à Charles Talar. Mais ces rapides changements de producteur ne perturbent pas l'ascension de Mike Brant, qui trouve un équilibre professionnel dans sa collaboration avec le parolier Michel Jourdan. C'est ce dernier qui lui apporte sa chanson la plus illustre, « Qui saura », adaptée du titre « Che Sarà » de José Feliciano. Numéro 1 des ventes de disques, cette chanson assoit définitivement la gloire du beau Mike Brant, qui se paie le luxe de supplanter Claude François au référendum annuel organisé par le magazine Hit.

Mike Brant fait venir d'Israël son ami Alain Krief, qui devient le réalisateur de ses disques, mais il souffre de solitude : sans entourage proche, il est quelque peu déboussolé par l'hystérie de ses admirateurs (et surtout admiratrices). Charles Talar le fait circuler en Mercedes blindée. Collectionnant les aventures, mais sans histoire d'amour, le jeune homme est littéralement assailli par des fans en délire qui, durant ses spectacles, lui jettent des fleurs, des peluches, des mots d'amour et de la lingerie. Il est de surcroît éreinté par un rythme de travail qui le voit assurer jusqu'à deux cent cinquante galas par an : selon certaines sources, son traumatisme crânien, mal soigné après son accident de 1971, continue de lui causer des douleurs qui achèvent de le désorienter. Mike Brant n'en néglige pas pour autant sa carrière, s'appliquant à écrire lui-même les musiques de ses chansons, pour se poser un nouveau défi et continuer de progresser. La chanson « Rien qu'une larme » est un nouveau triomphe en France, et remporte également un grand succès au Canada. Son fan-club compte jusqu'à 35 000 membres.

Jet-Set et descente aux enfers

En 1974, Mike Brant change à nouveau de producteur : en signant chez Polydor, il passe sous la houlette de Simon Wajntrob, personnage flamboyant qui assure également les relations publiques de Salvador Dalí. Mike Brant accompagne Simon Wajntrob lors d'un voyage chez le peintre, se voit offrir des lithographies par l'artiste, rencontre Mick Jagger et Alice Cooper : ébloui par son nouveau mentor, le chanteur attrape le vertige. Il est de surcroît perturbé par la situation en Israël : pendant la guerre du Kippour, il est allé chanter pour soutenir le moral des troupes et en est revenu choqué et déprimé. Son moral chancelle : en mai 1974, il quitte la scène lors d'un concert après la quatrième chanson, laissant 4000 spectateurs en plan. En juin, il est profondément ébranlé par le cambriolage de son appartement : on lui a volé ses lithographies de Dalí, mais aussi ses photos de famille. Toujours la même année, au faîte de sa popularité, Mike Brant frôle une première fois la mort : le 22 novembre, il tente de se suicider en se jetant du cinquième étage d'une chambre d'hôtel à Genève. Ses chaussures à talon se prennent dans une rambarde au troisième étage et freinent miraculeusement sa chute. Le chanteur s'en tire avec des fractures aux jambes et un nouveau traumatisme crânien, qui n'arrange pas son état physique.

Une fois remis, il reprend le chemin des studios pour enregistrer de nouveaux tubes, « Qui pourra lui dire » et « Elle a gardé ses yeux d'enfant ». Mike Brant semble vouloir se ressourcer en travaillant à nouveau avec son producteur d'origine, Jean Renard, sur une adaptation de « Feelings » de Morris Albert et Loulou Gasté : le résultat, « Dis-lui », est un motif de satisfaction pour le chanteur, qui y voit sa meilleure chanson. Mais cela ne suffira pas à lui faire remonter la pente : le 25 avril 1975, Mike Brant se jette de la terrasse de l'appartement d'une amie. Cette nouvelle tentative de suicide lui est fatale : le chanteur meurt sur le coup. Il est inhumé à Haïfa le 7 mai, tandis que « Dis-lui » se vend à plus d'un million d'exemplaires.

Postérité

Par sa trajectoire aussi rapide que tragique, Mike Brant a laissé l'image de l'étoile filante absolue, propre à devenir une icône. Surgi de nulle part et vite disparu, devenu star dans un pays où il n'avait jamais cessé d'être étranger et isolé, Mike Brant est demeuré l'un des principaux symboles d'une certaine époque de la musique, du strass et du glamour. Force absolue de la nostalgie, ses disques continuent de s'écouler par milliers et son fan-club ne désemplit pas, organisant même des pèlerinages sur sa tombe à Haïfa. Sa discographie n'est plus disponible qu'en d'innombrables best-of déclinés à l'infini. Eut-il autant fasciné si son parcours n'avait pas été si bref et dramatique ? Peu importe, car le mythe entourant un artiste peut venir moins de son œuvre que de la symbolique l'entourant. Celui à qui l'on reprochait d'être un chanteur mièvre et qui rétorquait « les chansons engagées sont bonnes pour les chanteurs sans voix » a sans doute eu gain de cause par-delà la tombe, prouvant que les chanteurs de charme peuvent être éternels.

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

C'est à Chypre que naît Moshé Michaël Brand Sela. Ses parents, juifs originaires respectivement de Russie (son père) et de Pologne (sa mère) sont alors en route pour la Palestine, qui deviendra bientôt Israël. Bloqués sur l'île de Chypre par l'armée anglaise, les époux Brand logent de longs mois dans un camp de réfugiés : c'est donc à Famagouste (district de Nicosie, Chypre) que le futur Mike Brant voit le jour, dans un hôpital de fortune, le 1er février 1947.

« Vedette... ou clochard »

Au mois de septembre de la même année, la famille débarque enfin à Haïfa, avant de s'installer dans un kibboutz en Galilée. Les Brand reviennent ensuite à Haïfa, où Moshé grandit. L'enfant met longtemps à marcher et plus encore à parler : durant les quatre ou cinq premières années de sa vie, Moshé Brand est muet, avant de prononcer enfin ses premiers mots, pour réclamer une glace. Comme pour rattraper le temps perdu, il donne rapidement de la voix dans une chorale de synagogue dont il est le seul garçon ; sa sensibilité artistique s'exprime également à travers le dessin, qu'il pratique beaucoup. Le garçon suit une scolarité quelque peu erratique et montre déjà un tempérament très angoissé, qui lui vaut un ulcère à l'estomac dès son adolescence.

N'aimant pas les airs d'opéra qu'on lui fait interpréter, Moshé arrête de chanter à la chorale : avec son frère cadet Zvi, accordéoniste, il monte un duo, Les Chocolates, qui se produit dans des hôtels et des boîtes de nuit en reprenant des standards pop rock que le jeune chanteur, maîtrisant peu l'anglais, interprète phonétiquement. Afin d'être crédible en « vedette américaine », il adopte le prénom de Mike, jugé plus sexy que Moshé. Déjà très séduisant - et, selon la légende, très convoité par la gent féminine - le jeune homme est mis en avant sur les conseils d'un patron de night-club, le groupe devenant Michaël Sela et les Chocolates. Toujours hypersensible et pris de passion pour sa carrière musicale, Mike affirme à sa famille qu'il se voit devenir « vedette... ou clochard ». Il fait sa première rencontre importante en la présence du directeur de revue Jonathan Karmon, pape du music-hall israélien. Conquis par la prestance du jeunot, Karmon l'emmène avec sa troupe pour une tournée aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. Bien qu'éprouvé par le décès de son père, Moshé Brand profite de cette opportunité pour se perfectionner et mieux se familiariser avec le monde du spectacle.

Le tombeur de ces dames

Jean Renard prend en main la carrière de Mike Brand, change son nom en Brant (Brand pouvant rappeler une marque d'électroménager) et recompose le look de pied en cape : pantalon à pattes d'éléphant, chemise de satin entrouverte sur le torse, Mike Brant devient un véritable archétype de la mode seventies. Le chanteur étant encore rétif à la langue française - qu'il finira par maîtriser -, l'enregistrement de « Laisse-moi t'aimer » est particulièrement laborieux : il faut 260 séances à Mike Brant, cornaqué par Jean Renard et Jean-Claude Vannier, pour parvenir à mettre en boîte son premier 45-tours. C'est au réveillon 1969-70 que le public français fait à la télévision la connaissance de Mike Brant. Favorablement accueilli par les plus grands animateurs-producteurs français de l'époque (Jacques Martin, Philippe Bouvard, Guy Lux...), le chanteur multiplie les passages sur les ondes, gagnant le cœur du public avec « Laisse-moi t'aimer », qui sort en février 1970. Mike Brant enchaîne la même année avec deux autres 45-tours : « Un grand bonheur » et « Mais dans la lumière », cette dernière chanson lui valant le Grand Prix RTL International.

Le chanteur passe alors régulièrement sur les ondes de la radio, la grande patronne des variétés de la station, Monique Le Marcis, l'appréciant particulièrement. Devenu l'ami de Dalida et de Charles Aznavour, régulièrement invité chez Guy Lux et les Carpentier, Mike Brant est désormais la coqueluche du public français, qui apprécie particulièrement sa voix chaude, grave et sensuelle, et la pointe d'accent perceptible dans ses chansons. En Israël, les disques de l'enfant du pays font également sensation. Mike Brant enregistre des versions de ses chansons en allemand et en italien. Le 14 février 1971, alors que son succès prend de plus en plus d'ampleur, Mike Brant est victime d'un accident de voiture et s'en sort avec un traumatisme crânien. Pour désagréable qu'elle puisse être, cette histoire contribue à la notoriété de Mike Brant : Jean Renard prend des photos de son poulain sur son lit d'hôpital et les vend à France Soir, qui fait courir le bruit - infondé - que la nouvelle idole des jeunes serait devenue amnésique. L'agitation médiatique et la frénésie des fans font du chanteur la sensation du moment et son nouveau 45-tours, « Nous irons à Sligo », remporte un grand succès grâce à cette publicité inespérée. Le 23 novembre 1971, Mike Brant, qui préférait jusque-là se produire en Province, ne se sentant pas prêt pour Paris, rencontre pour la première fois le public de la capitale, en assurant la première partie de Dalida à l'Olympia.

Mike dépasse Cloclo

Son passage à l'Olympia va cependant entraîner un première cassure dans la carrière de Mike Brant : Jean Renard, qui ne le jugeait pas encore totalement au point, était opposé à sa prestation parisienne. Le Pygmalion et sa créature se fâchent et se séparent, d'autant plus que le dernier disque du chanteur, « Une fille à aimer », n'a que médiocrement marché. Jean Renard cède tous ses droits sur Mike Brant à son collègue Gérard Tournier, lequel refile ensuite le bébé à Charles Talar. Mais ces rapides changements de producteur ne perturbent pas l'ascension de Mike Brant, qui trouve un équilibre professionnel dans sa collaboration avec le parolier Michel Jourdan. C'est ce dernier qui lui apporte sa chanson la plus illustre, « Qui saura », adaptée du titre « Che Sarà » de José Feliciano. Numéro 1 des ventes de disques, cette chanson assoit définitivement la gloire du beau Mike Brant, qui se paie le luxe de supplanter Claude François au référendum annuel organisé par le magazine Hit.

Mike Brant fait venir d'Israël son ami Alain Krief, qui devient le réalisateur de ses disques, mais il souffre de solitude : sans entourage proche, il est quelque peu déboussolé par l'hystérie de ses admirateurs (et surtout admiratrices). Charles Talar le fait circuler en Mercedes blindée. Collectionnant les aventures, mais sans histoire d'amour, le jeune homme est littéralement assailli par des fans en délire qui, durant ses spectacles, lui jettent des fleurs, des peluches, des mots d'amour et de la lingerie. Il est de surcroît éreinté par un rythme de travail qui le voit assurer jusqu'à deux cent cinquante galas par an : selon certaines sources, son traumatisme crânien, mal soigné après son accident de 1971, continue de lui causer des douleurs qui achèvent de le désorienter. Mike Brant n'en néglige pas pour autant sa carrière, s'appliquant à écrire lui-même les musiques de ses chansons, pour se poser un nouveau défi et continuer de progresser. La chanson « Rien qu'une larme » est un nouveau triomphe en France, et remporte également un grand succès au Canada. Son fan-club compte jusqu'à 35 000 membres.

Jet-Set et descente aux enfers

En 1974, Mike Brant change à nouveau de producteur : en signant chez Polydor, il passe sous la houlette de Simon Wajntrob, personnage flamboyant qui assure également les relations publiques de Salvador Dalí. Mike Brant accompagne Simon Wajntrob lors d'un voyage chez le peintre, se voit offrir des lithographies par l'artiste, rencontre Mick Jagger et Alice Cooper : ébloui par son nouveau mentor, le chanteur attrape le vertige. Il est de surcroît perturbé par la situation en Israël : pendant la guerre du Kippour, il est allé chanter pour soutenir le moral des troupes et en est revenu choqué et déprimé. Son moral chancelle : en mai 1974, il quitte la scène lors d'un concert après la quatrième chanson, laissant 4000 spectateurs en plan. En juin, il est profondément ébranlé par le cambriolage de son appartement : on lui a volé ses lithographies de Dalí, mais aussi ses photos de famille. Toujours la même année, au faîte de sa popularité, Mike Brant frôle une première fois la mort : le 22 novembre, il tente de se suicider en se jetant du cinquième étage d'une chambre d'hôtel à Genève. Ses chaussures à talon se prennent dans une rambarde au troisième étage et freinent miraculeusement sa chute. Le chanteur s'en tire avec des fractures aux jambes et un nouveau traumatisme crânien, qui n'arrange pas son état physique.

Une fois remis, il reprend le chemin des studios pour enregistrer de nouveaux tubes, « Qui pourra lui dire » et « Elle a gardé ses yeux d'enfant ». Mike Brant semble vouloir se ressourcer en travaillant à nouveau avec son producteur d'origine, Jean Renard, sur une adaptation de « Feelings » de Morris Albert et Loulou Gasté : le résultat, « Dis-lui », est un motif de satisfaction pour le chanteur, qui y voit sa meilleure chanson. Mais cela ne suffira pas à lui faire remonter la pente : le 25 avril 1975, Mike Brant se jette de la terrasse de l'appartement d'une amie. Cette nouvelle tentative de suicide lui est fatale : le chanteur meurt sur le coup. Il est inhumé à Haïfa le 7 mai, tandis que « Dis-lui » se vend à plus d'un million d'exemplaires.

Postérité

Par sa trajectoire aussi rapide que tragique, Mike Brant a laissé l'image de l'étoile filante absolue, propre à devenir une icône. Surgi de nulle part et vite disparu, devenu star dans un pays où il n'avait jamais cessé d'être étranger et isolé, Mike Brant est demeuré l'un des principaux symboles d'une certaine époque de la musique, du strass et du glamour. Force absolue de la nostalgie, ses disques continuent de s'écouler par milliers et son fan-club ne désemplit pas, organisant même des pèlerinages sur sa tombe à Haïfa. Sa discographie n'est plus disponible qu'en d'innombrables best-of déclinés à l'infini. Eut-il autant fasciné si son parcours n'avait pas été si bref et dramatique ? Peu importe, car le mythe entourant un artiste peut venir moins de son œuvre que de la symbolique l'entourant. Celui à qui l'on reprochait d'être un chanteur mièvre et qui rétorquait « les chansons engagées sont bonnes pour les chanteurs sans voix » a sans doute eu gain de cause par-delà la tombe, prouvant que les chanteurs de charme peuvent être éternels.

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