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Miles Davis

 

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Biographie

Ses débuts

Miles Dewey Davis est né aux Etats-Unis à Alton (Illinois) le 25 mai 1926. Comme pour Ellington, ses origines sociales tordent le cou à certains préjugés sur les jazzmen de l'époque ; il est en effet directement issu de la bourgeoisie américaine. Son père est un chirurgien-dentiste ayant pignon sur rue à East Saint-Louis. Ses parents sont tous deux mélomanes et pratiquent la musique, ainsi que sa sœur. Le jour de son treizième anniversaire, il se voit offrir une trompette dont il apprend les rudiments avec Elwood Buchanan, ex-trompettiste de l'orchestre d'Andy Kirk. Très vite, ... Lire la suite

Ses débuts

Miles Dewey Davis est né aux Etats-Unis à Alton (Illinois) le 25 mai 1926. Comme pour Ellington, ses origines sociales tordent le cou à certains préjugés sur les jazzmen de l'époque ; il est en effet directement issu de la bourgeoisie américaine. Son père est un chirurgien-dentiste ayant pignon sur rue à East Saint-Louis. Ses parents sont tous deux mélomanes et pratiquent la musique, ainsi que sa sœur. Le jour de son treizième anniversaire, il se voit offrir une trompette dont il apprend les rudiments avec Elwood Buchanan, ex-trompettiste de l'orchestre d'Andy Kirk. Très vite, Miles intègre le big band de son lycée et découvre l'univers des jam-sessions, là où les musiciens amateurs de jazz font des bœufs pour s'aguerrir et se rencontrer. Il y croise Clark Terry, qui lui fait connaître une manière plus moderne de jouer de la trompette, et Sonny Stitt. Ce dernier joue dans un orchestre, celui du chanteur-batteur Tiny Broadshow. Miles Davis ne tarde pas à se faire remarquer et engager pour son premier cachet en qualité de professionnel. Mais sa mère exige qu'il finisse d'abord ses études. Il doit quitter l'orchestre pour se consacrer en priorité à sa scolarité ; mais cela ne l'empêche pas de jouer dans une formation certes moins ambitieuse en terme musical, et de prendre des cours avec Clack Terry, son premier mentor. En 1944, c'est un second choc qui l'attend : l'orchestre de Billy Eckstine -dans lequel figurent des noms aussi prestigieux que Charlie Parker et Dizzy Gillespie- joue dans sa ville et accepte de l'engager pour quelques concerts dans la région. Dès lors, son principal objectif est de rejoindre New York qui bouillonne des toutes nouvelles innovations jazzistiques apportées par ce que l'on appellera rapidement le be bop. Heureuse coïncidence des calendriers et des humeurs parentales, son père accepte qu'il aille étudier à la Juilliard School of Music. Miles Davis s'installe alors dans la 52ème rue, en compagnie d'Irène qu'il a récemment épousée.

La naissance du Cool

Nous sommes en 1945. Il joue avec Coleman Hawkins, Benny Carter, Eddie Davis, et retrouve Parker qui le présente au pianiste Theolonious Monk et trompettiste Dizzy Gillespie. Après avoir réalisé à 19 ans son premier enregistrement avec Bird (surnom de Charlie Parker), il travaille régulièrement à ses côtés entre 1946 et 1948. Plusieurs formations se l'arrachent. En 1949 sort un album capital sans sa carrière, Birth of the Cool, point de départ de ce qu'on appelle communément le cool jazz. Prenant le parti esthétique de garder les enseignements majeurs du be bop tout en mettant l'accent sur les arrangements complexes et des tempos parfois moins enlevés, l'expérience de ce disque va marquer Miles Davis. Voilà déjà deux ans qu'il fréquente le cercle de musiciens new-yorkais autour d'un arrangeur, Gil Evans, qui a supervisé l'enregistrement de Birth of the Cool. Il y côtoie Gerry Mulligan ou encore John Lewis. L'ensemble de ces personnalités musicales va être déterminante : ces rencontres lui révéleront son goût pour la composition et l'innovation permanente.
André Hodeir, célèbre critique faisant depuis longtemps autorité dans le monde du jazz, ne s'y était pas trompé lorsqu'à la même époque son analyse musicale démontrait en quoi Birth of the Cool était un disque essentiel. L'instrumentation avait déjà de quoi surprendre : un nonette incluant des cuivres, saxophones, un cor et un tuba. La sonorité d'ensemble n'était pas la seule leçon à en tirer : les compositions avant-gardistes marquent également, avec l'explosion des structures classiques. Duke Ellington avait précédemment remanié le découpage standardisé par séquence de huit, douze ou seize mesures, mais personne n'était allé aussi loin que l'équipe réunie par Gil Evans. Tout cela ne pouvait que déconcerter ceux qui s'accrochaient à la tradition et bouleverser les jazzmen anxieux d'une musique tournée vers l'avenir.

Ascenseur pour l'échafaud

La même année Miles Davis se produit pour la première fois en Europe avec divers groupes. Il enchaîne disque sur disque en accompagnant Sarah Vaughan, Sonny Rollins, Art Blakey, Horace Silver, Charles Mingus, Theolonious Monk, autant de noms qui jalonnent l'histoire du jazz. Et la série n'est pas finie : en 1955 il décide de constituer sa propre formation en qualité de leader, avec - excusez du peu - John Coltrane, Red Garland, Philly Joe Jones et Paul Chambers. Miles Davis aime beaucoup l'Europe, et notamment la France. Il a l'opportunité de revenir à Paris en 1957 pour réaliser la musique du film Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle. En plein cœur de l'effervescence de Saint-Germain-des-Prés, il fait la connaissance de Boris Vian (amateur de jazz et trompettiste lui-même), Jean-Paul Sartre naturellement, et surtout sa protégée, une certaine Juliette Gréco. L'heureux homme poursuivra ses conquêtes parisiennes avec Jeanne Moreau, actrice et héroïne principale du film de Louis Malle. Autre date importante, l'année 1959 : c'est la sortie d'un album mythique, au score inhabituel en terme de vente pour un disque de jazz. Son titre : A Kind of Blue. Miles Davis est à la tête d'un sextette avec, entre autres, John Coltrane, Cannonball Adderley (saxophones), et Bill Evans (piano). On y retrouve des compositions comme « So what » ou « All blues » qui sont depuis devenues des standards du jazz. La nouveauté apportée par ce disque est l'utilisation de longs accords qui tapissent les morceaux. C'est ce qu'on appelle le jazz modal. Une fois de plus, Miles Davis expérimente, lance des courants qui révolutionnent les pratiques musicales du jazz.

Avec Gil Evans

Parallèlement il continue de collaborer régulièrement avec l'arrangeur Gil Evans sur des projets qui intègrent des instruments et des traitements compositionnels issus de la musique classique. L'un des enregistrements qui en témoigne le mieux est certainement Sketches of Spain (sorti en 1960). Les années soixante ont vu Miles Davis changer d'équipiers pour réunir autour de lui d'autres musiciens, loin d'être des débutants : Herbie Hancock (piano), Ron Carter (contrebasse) et Tony Williams (batterie). Tous forment avec le trompettiste l'un des groupes les plus marquants de l'histoire du jazz. Intrusion du modal, variations vertigineuses du tempo, dissonances... Le terrain est déjà miné. Miles Davis a cette capacité unique de bien s'entourer et de révéler à eux-mêmes le potentiel maximum des musiciens qu'il s'est choisi. Dave Holland, John McLaughlin, les pianistes Joe Zawinul, Chick Corea et même Keith Jarrett passeront entre ses mains (et c'est bien la seule fois où l'on peut entendre Keith Jarrett jouer sur des pianos électriques), c'est dire sa force de persuasion et d'attraction.

La fusion

La fin des années soixante et le début des années soixante-dix correspondent à une nouvelle période musicale : le jazz fusion. Miles Davis fut le premier à utiliser des instruments amplifiés dans le jazz. La guitare hendrixienne de John McLaughlin, la basse agressive de Jack Bruce ou Dave Holland, les claviers stridents de Chick Corea ou Joe Zawinul composent autour de lui un environnement anguleux et trépident. La batterie implacable de Billy Cobham, Jack DeJohnette ou Al Foster, des percussions africaines, indiennes, brésiliennes complètent ce foisonnement de sons et de rythmes d'une sauvagerie inouïe : musique tribale joyeusement désespérée de la jungle urbaine, souverainement dominée par la trompette de Miles Davis. Nombre des musiciens l'ayant côtoyé à ce moment-là ont formé par la suite des groupes célèbres de fusion : citons les Head Hunters de Herbie Hancock, le Mahavishnu Orchestra de John McLauglin, Weather Report de Joe Zawinul ou encore le Return To Forever de Chick Corea. Tous ont une dette envers lui. Son intérêt pour l'univers du rock le pousse à rencontrer Jimi Hendrix. Un projet de disque est envisagé mais ne verra jamais le jour pour cause de disparition précoce du guitariste de légende. Son vieux complice Gil Evans lui arrangera un opus constitué de compositions de Jimi Hendrix. D'intimiste et allusif, le jeu de Miles Davis est passé à une dramatique extase solitaire. Dans ses enregistrements qui datent du début et milieu des années 1970, et particulièrement dans la musique qu'il a composé pour les films Jack Johnson, il dresse de larges et lancinantes tapisseries de sons fragiles, ténus, coupants, qui sont la synthèse de toutes ses expériences. Il ne se passe presque rien, il n'y a presque plus de mélodies. Les phrases davisiennes très répétitives, mais fascinantes comme les reflets d'un joyau, sont sans mouvement apparent, mais la manière dont elles sont jouées, dont elles sonnent, dont elles dialoguent avec les guitares, saxophones et autres pianos électriques est d'une beauté inquiète et pour certains irrésistible.

Où est Miles ?

Alors qu'il est au sommet de sa popularité, divers problèmes médicaux le font s'éloigner de la scène. Après plus de six ans d'une retraite entourée de mystère et l'absence totale de production discographique, Miles Davis revient au début des années quatre-vingt avec une nouvelle génération de musiciens - dont Marcus Miller, Kenny Garrett, John Scofield - et un son en prise avec son époque, mâtiné de funk, de technologie et de groove. Les années 1980 seront dominées par la forte image sociale de Miles Davis. Il a récupéré à son profit les rythmes binaires qui se sont complexifiés avec le temps et l'expérience. Il ne fait en réalité que fructifier et prolonger le son qu'il a forgé dans les années 1970. Comme Picasso avait ses périodes en peinture, Miles Davis a eu ses périodes en musique. Désormais, il empruntera à la variété ses modes et ses rites. Il reprend des succès commerciaux et les rejoue « à sa sauce » : par exemple, le « Time after time » de Cindy Lauper ou bien « Perfect way » du groupe Scritti Politti. Il collaborera avec ce groupe en apparaissant sur leur titre « Oh Patti ! ». Ses sympathies pour la pop music vont jusqu'à lui faire rencontrer le Love Symbol dénommé Prince et certaines personnalités du rock, tel Sting, comptent parmi ses plus fervents admirateurs.

Un musicien unique, et aussi à part

Que retiendra-t-on musicalement de tout son parcours ? Plusieurs choses : d'abord sa pâte sonore, unique en son genre. Virtuose de la non virtuosité, maître du silence et de l'allusion, du non-dit et de la note fantôme, du dérapage et de la brisure comme marques stylistiques, à la fois inventeur et vampire de toutes les tendances, Miles Davis a réussi à échapper à tout étiquetage. Il transcende les genres et accède par là-même au statut de superstar bien au-delà des amateurs traditionnels de jazz. Nombreux sont les musiciens actuels, tous styles confondus, à se réclamer de lui, de son influence toujours féconde. On peut citer, à titre d'exemple représentatif, le trompettiste Eric Truffaz ou Nils Peter Molvaer, issus tous deux de la scène électronique.

Copyright 2014 Music Story Gabriel Perreau

Ses débuts

Miles Dewey Davis est né aux Etats-Unis à Alton (Illinois) le 25 mai 1926. Comme pour Ellington, ses origines sociales tordent le cou à certains préjugés sur les jazzmen de l'époque ; il est en effet directement issu de la bourgeoisie américaine. Son père est un chirurgien-dentiste ayant pignon sur rue à East Saint-Louis. Ses parents sont tous deux mélomanes et pratiquent la musique, ainsi que sa sœur. Le jour de son treizième anniversaire, il se voit offrir une trompette dont il apprend les rudiments avec Elwood Buchanan, ex-trompettiste de l'orchestre d'Andy Kirk. Très vite, Miles intègre le big band de son lycée et découvre l'univers des jam-sessions, là où les musiciens amateurs de jazz font des bœufs pour s'aguerrir et se rencontrer. Il y croise Clark Terry, qui lui fait connaître une manière plus moderne de jouer de la trompette, et Sonny Stitt. Ce dernier joue dans un orchestre, celui du chanteur-batteur Tiny Broadshow. Miles Davis ne tarde pas à se faire remarquer et engager pour son premier cachet en qualité de professionnel. Mais sa mère exige qu'il finisse d'abord ses études. Il doit quitter l'orchestre pour se consacrer en priorité à sa scolarité ; mais cela ne l'empêche pas de jouer dans une formation certes moins ambitieuse en terme musical, et de prendre des cours avec Clack Terry, son premier mentor. En 1944, c'est un second choc qui l'attend : l'orchestre de Billy Eckstine -dans lequel figurent des noms aussi prestigieux que Charlie Parker et Dizzy Gillespie- joue dans sa ville et accepte de l'engager pour quelques concerts dans la région. Dès lors, son principal objectif est de rejoindre New York qui bouillonne des toutes nouvelles innovations jazzistiques apportées par ce que l'on appellera rapidement le be bop. Heureuse coïncidence des calendriers et des humeurs parentales, son père accepte qu'il aille étudier à la Juilliard School of Music. Miles Davis s'installe alors dans la 52ème rue, en compagnie d'Irène qu'il a récemment épousée.

La naissance du Cool

Nous sommes en 1945. Il joue avec Coleman Hawkins, Benny Carter, Eddie Davis, et retrouve Parker qui le présente au pianiste Theolonious Monk et trompettiste Dizzy Gillespie. Après avoir réalisé à 19 ans son premier enregistrement avec Bird (surnom de Charlie Parker), il travaille régulièrement à ses côtés entre 1946 et 1948. Plusieurs formations se l'arrachent. En 1949 sort un album capital sans sa carrière, Birth of the Cool, point de départ de ce qu'on appelle communément le cool jazz. Prenant le parti esthétique de garder les enseignements majeurs du be bop tout en mettant l'accent sur les arrangements complexes et des tempos parfois moins enlevés, l'expérience de ce disque va marquer Miles Davis. Voilà déjà deux ans qu'il fréquente le cercle de musiciens new-yorkais autour d'un arrangeur, Gil Evans, qui a supervisé l'enregistrement de Birth of the Cool. Il y côtoie Gerry Mulligan ou encore John Lewis. L'ensemble de ces personnalités musicales va être déterminante : ces rencontres lui révéleront son goût pour la composition et l'innovation permanente.
André Hodeir, célèbre critique faisant depuis longtemps autorité dans le monde du jazz, ne s'y était pas trompé lorsqu'à la même époque son analyse musicale démontrait en quoi Birth of the Cool était un disque essentiel. L'instrumentation avait déjà de quoi surprendre : un nonette incluant des cuivres, saxophones, un cor et un tuba. La sonorité d'ensemble n'était pas la seule leçon à en tirer : les compositions avant-gardistes marquent également, avec l'explosion des structures classiques. Duke Ellington avait précédemment remanié le découpage standardisé par séquence de huit, douze ou seize mesures, mais personne n'était allé aussi loin que l'équipe réunie par Gil Evans. Tout cela ne pouvait que déconcerter ceux qui s'accrochaient à la tradition et bouleverser les jazzmen anxieux d'une musique tournée vers l'avenir.

Ascenseur pour l'échafaud

La même année Miles Davis se produit pour la première fois en Europe avec divers groupes. Il enchaîne disque sur disque en accompagnant Sarah Vaughan, Sonny Rollins, Art Blakey, Horace Silver, Charles Mingus, Theolonious Monk, autant de noms qui jalonnent l'histoire du jazz. Et la série n'est pas finie : en 1955 il décide de constituer sa propre formation en qualité de leader, avec - excusez du peu - John Coltrane, Red Garland, Philly Joe Jones et Paul Chambers. Miles Davis aime beaucoup l'Europe, et notamment la France. Il a l'opportunité de revenir à Paris en 1957 pour réaliser la musique du film Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle. En plein cœur de l'effervescence de Saint-Germain-des-Prés, il fait la connaissance de Boris Vian (amateur de jazz et trompettiste lui-même), Jean-Paul Sartre naturellement, et surtout sa protégée, une certaine Juliette Gréco. L'heureux homme poursuivra ses conquêtes parisiennes avec Jeanne Moreau, actrice et héroïne principale du film de Louis Malle. Autre date importante, l'année 1959 : c'est la sortie d'un album mythique, au score inhabituel en terme de vente pour un disque de jazz. Son titre : A Kind of Blue. Miles Davis est à la tête d'un sextette avec, entre autres, John Coltrane, Cannonball Adderley (saxophones), et Bill Evans (piano). On y retrouve des compositions comme « So what » ou « All blues » qui sont depuis devenues des standards du jazz. La nouveauté apportée par ce disque est l'utilisation de longs accords qui tapissent les morceaux. C'est ce qu'on appelle le jazz modal. Une fois de plus, Miles Davis expérimente, lance des courants qui révolutionnent les pratiques musicales du jazz.

Avec Gil Evans

Parallèlement il continue de collaborer régulièrement avec l'arrangeur Gil Evans sur des projets qui intègrent des instruments et des traitements compositionnels issus de la musique classique. L'un des enregistrements qui en témoigne le mieux est certainement Sketches of Spain (sorti en 1960). Les années soixante ont vu Miles Davis changer d'équipiers pour réunir autour de lui d'autres musiciens, loin d'être des débutants : Herbie Hancock (piano), Ron Carter (contrebasse) et Tony Williams (batterie). Tous forment avec le trompettiste l'un des groupes les plus marquants de l'histoire du jazz. Intrusion du modal, variations vertigineuses du tempo, dissonances... Le terrain est déjà miné. Miles Davis a cette capacité unique de bien s'entourer et de révéler à eux-mêmes le potentiel maximum des musiciens qu'il s'est choisi. Dave Holland, John McLaughlin, les pianistes Joe Zawinul, Chick Corea et même Keith Jarrett passeront entre ses mains (et c'est bien la seule fois où l'on peut entendre Keith Jarrett jouer sur des pianos électriques), c'est dire sa force de persuasion et d'attraction.

La fusion

La fin des années soixante et le début des années soixante-dix correspondent à une nouvelle période musicale : le jazz fusion. Miles Davis fut le premier à utiliser des instruments amplifiés dans le jazz. La guitare hendrixienne de John McLaughlin, la basse agressive de Jack Bruce ou Dave Holland, les claviers stridents de Chick Corea ou Joe Zawinul composent autour de lui un environnement anguleux et trépident. La batterie implacable de Billy Cobham, Jack DeJohnette ou Al Foster, des percussions africaines, indiennes, brésiliennes complètent ce foisonnement de sons et de rythmes d'une sauvagerie inouïe : musique tribale joyeusement désespérée de la jungle urbaine, souverainement dominée par la trompette de Miles Davis. Nombre des musiciens l'ayant côtoyé à ce moment-là ont formé par la suite des groupes célèbres de fusion : citons les Head Hunters de Herbie Hancock, le Mahavishnu Orchestra de John McLauglin, Weather Report de Joe Zawinul ou encore le Return To Forever de Chick Corea. Tous ont une dette envers lui. Son intérêt pour l'univers du rock le pousse à rencontrer Jimi Hendrix. Un projet de disque est envisagé mais ne verra jamais le jour pour cause de disparition précoce du guitariste de légende. Son vieux complice Gil Evans lui arrangera un opus constitué de compositions de Jimi Hendrix. D'intimiste et allusif, le jeu de Miles Davis est passé à une dramatique extase solitaire. Dans ses enregistrements qui datent du début et milieu des années 1970, et particulièrement dans la musique qu'il a composé pour les films Jack Johnson, il dresse de larges et lancinantes tapisseries de sons fragiles, ténus, coupants, qui sont la synthèse de toutes ses expériences. Il ne se passe presque rien, il n'y a presque plus de mélodies. Les phrases davisiennes très répétitives, mais fascinantes comme les reflets d'un joyau, sont sans mouvement apparent, mais la manière dont elles sont jouées, dont elles sonnent, dont elles dialoguent avec les guitares, saxophones et autres pianos électriques est d'une beauté inquiète et pour certains irrésistible.

Où est Miles ?

Alors qu'il est au sommet de sa popularité, divers problèmes médicaux le font s'éloigner de la scène. Après plus de six ans d'une retraite entourée de mystère et l'absence totale de production discographique, Miles Davis revient au début des années quatre-vingt avec une nouvelle génération de musiciens - dont Marcus Miller, Kenny Garrett, John Scofield - et un son en prise avec son époque, mâtiné de funk, de technologie et de groove. Les années 1980 seront dominées par la forte image sociale de Miles Davis. Il a récupéré à son profit les rythmes binaires qui se sont complexifiés avec le temps et l'expérience. Il ne fait en réalité que fructifier et prolonger le son qu'il a forgé dans les années 1970. Comme Picasso avait ses périodes en peinture, Miles Davis a eu ses périodes en musique. Désormais, il empruntera à la variété ses modes et ses rites. Il reprend des succès commerciaux et les rejoue « à sa sauce » : par exemple, le « Time after time » de Cindy Lauper ou bien « Perfect way » du groupe Scritti Politti. Il collaborera avec ce groupe en apparaissant sur leur titre « Oh Patti ! ». Ses sympathies pour la pop music vont jusqu'à lui faire rencontrer le Love Symbol dénommé Prince et certaines personnalités du rock, tel Sting, comptent parmi ses plus fervents admirateurs.

Un musicien unique, et aussi à part

Que retiendra-t-on musicalement de tout son parcours ? Plusieurs choses : d'abord sa pâte sonore, unique en son genre. Virtuose de la non virtuosité, maître du silence et de l'allusion, du non-dit et de la note fantôme, du dérapage et de la brisure comme marques stylistiques, à la fois inventeur et vampire de toutes les tendances, Miles Davis a réussi à échapper à tout étiquetage. Il transcende les genres et accède par là-même au statut de superstar bien au-delà des amateurs traditionnels de jazz. Nombreux sont les musiciens actuels, tous styles confondus, à se réclamer de lui, de son influence toujours féconde. On peut citer, à titre d'exemple représentatif, le trompettiste Eric Truffaz ou Nils Peter Molvaer, issus tous deux de la scène électronique.

Copyright 2014 Music Story Gabriel Perreau

Ses débuts

Miles Dewey Davis est né aux Etats-Unis à Alton (Illinois) le 25 mai 1926. Comme pour Ellington, ses origines sociales tordent le cou à certains préjugés sur les jazzmen de l'époque ; il est en effet directement issu de la bourgeoisie américaine. Son père est un chirurgien-dentiste ayant pignon sur rue à East Saint-Louis. Ses parents sont tous deux mélomanes et pratiquent la musique, ainsi que sa sœur. Le jour de son treizième anniversaire, il se voit offrir une trompette dont il apprend les rudiments avec Elwood Buchanan, ex-trompettiste de l'orchestre d'Andy Kirk. Très vite, Miles intègre le big band de son lycée et découvre l'univers des jam-sessions, là où les musiciens amateurs de jazz font des bœufs pour s'aguerrir et se rencontrer. Il y croise Clark Terry, qui lui fait connaître une manière plus moderne de jouer de la trompette, et Sonny Stitt. Ce dernier joue dans un orchestre, celui du chanteur-batteur Tiny Broadshow. Miles Davis ne tarde pas à se faire remarquer et engager pour son premier cachet en qualité de professionnel. Mais sa mère exige qu'il finisse d'abord ses études. Il doit quitter l'orchestre pour se consacrer en priorité à sa scolarité ; mais cela ne l'empêche pas de jouer dans une formation certes moins ambitieuse en terme musical, et de prendre des cours avec Clack Terry, son premier mentor. En 1944, c'est un second choc qui l'attend : l'orchestre de Billy Eckstine -dans lequel figurent des noms aussi prestigieux que Charlie Parker et Dizzy Gillespie- joue dans sa ville et accepte de l'engager pour quelques concerts dans la région. Dès lors, son principal objectif est de rejoindre New York qui bouillonne des toutes nouvelles innovations jazzistiques apportées par ce que l'on appellera rapidement le be bop. Heureuse coïncidence des calendriers et des humeurs parentales, son père accepte qu'il aille étudier à la Juilliard School of Music. Miles Davis s'installe alors dans la 52ème rue, en compagnie d'Irène qu'il a récemment épousée.

La naissance du Cool

Nous sommes en 1945. Il joue avec Coleman Hawkins, Benny Carter, Eddie Davis, et retrouve Parker qui le présente au pianiste Theolonious Monk et trompettiste Dizzy Gillespie. Après avoir réalisé à 19 ans son premier enregistrement avec Bird (surnom de Charlie Parker), il travaille régulièrement à ses côtés entre 1946 et 1948. Plusieurs formations se l'arrachent. En 1949 sort un album capital sans sa carrière, Birth of the Cool, point de départ de ce qu'on appelle communément le cool jazz. Prenant le parti esthétique de garder les enseignements majeurs du be bop tout en mettant l'accent sur les arrangements complexes et des tempos parfois moins enlevés, l'expérience de ce disque va marquer Miles Davis. Voilà déjà deux ans qu'il fréquente le cercle de musiciens new-yorkais autour d'un arrangeur, Gil Evans, qui a supervisé l'enregistrement de Birth of the Cool. Il y côtoie Gerry Mulligan ou encore John Lewis. L'ensemble de ces personnalités musicales va être déterminante : ces rencontres lui révéleront son goût pour la composition et l'innovation permanente.
André Hodeir, célèbre critique faisant depuis longtemps autorité dans le monde du jazz, ne s'y était pas trompé lorsqu'à la même époque son analyse musicale démontrait en quoi Birth of the Cool était un disque essentiel. L'instrumentation avait déjà de quoi surprendre : un nonette incluant des cuivres, saxophones, un cor et un tuba. La sonorité d'ensemble n'était pas la seule leçon à en tirer : les compositions avant-gardistes marquent également, avec l'explosion des structures classiques. Duke Ellington avait précédemment remanié le découpage standardisé par séquence de huit, douze ou seize mesures, mais personne n'était allé aussi loin que l'équipe réunie par Gil Evans. Tout cela ne pouvait que déconcerter ceux qui s'accrochaient à la tradition et bouleverser les jazzmen anxieux d'une musique tournée vers l'avenir.

Ascenseur pour l'échafaud

La même année Miles Davis se produit pour la première fois en Europe avec divers groupes. Il enchaîne disque sur disque en accompagnant Sarah Vaughan, Sonny Rollins, Art Blakey, Horace Silver, Charles Mingus, Theolonious Monk, autant de noms qui jalonnent l'histoire du jazz. Et la série n'est pas finie : en 1955 il décide de constituer sa propre formation en qualité de leader, avec - excusez du peu - John Coltrane, Red Garland, Philly Joe Jones et Paul Chambers. Miles Davis aime beaucoup l'Europe, et notamment la France. Il a l'opportunité de revenir à Paris en 1957 pour réaliser la musique du film Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle. En plein cœur de l'effervescence de Saint-Germain-des-Prés, il fait la connaissance de Boris Vian (amateur de jazz et trompettiste lui-même), Jean-Paul Sartre naturellement, et surtout sa protégée, une certaine Juliette Gréco. L'heureux homme poursuivra ses conquêtes parisiennes avec Jeanne Moreau, actrice et héroïne principale du film de Louis Malle. Autre date importante, l'année 1959 : c'est la sortie d'un album mythique, au score inhabituel en terme de vente pour un disque de jazz. Son titre : A Kind of Blue. Miles Davis est à la tête d'un sextette avec, entre autres, John Coltrane, Cannonball Adderley (saxophones), et Bill Evans (piano). On y retrouve des compositions comme « So what » ou « All blues » qui sont depuis devenues des standards du jazz. La nouveauté apportée par ce disque est l'utilisation de longs accords qui tapissent les morceaux. C'est ce qu'on appelle le jazz modal. Une fois de plus, Miles Davis expérimente, lance des courants qui révolutionnent les pratiques musicales du jazz.

Avec Gil Evans

Parallèlement il continue de collaborer régulièrement avec l'arrangeur Gil Evans sur des projets qui intègrent des instruments et des traitements compositionnels issus de la musique classique. L'un des enregistrements qui en témoigne le mieux est certainement Sketches of Spain (sorti en 1960). Les années soixante ont vu Miles Davis changer d'équipiers pour réunir autour de lui d'autres musiciens, loin d'être des débutants : Herbie Hancock (piano), Ron Carter (contrebasse) et Tony Williams (batterie). Tous forment avec le trompettiste l'un des groupes les plus marquants de l'histoire du jazz. Intrusion du modal, variations vertigineuses du tempo, dissonances... Le terrain est déjà miné. Miles Davis a cette capacité unique de bien s'entourer et de révéler à eux-mêmes le potentiel maximum des musiciens qu'il s'est choisi. Dave Holland, John McLaughlin, les pianistes Joe Zawinul, Chick Corea et même Keith Jarrett passeront entre ses mains (et c'est bien la seule fois où l'on peut entendre Keith Jarrett jouer sur des pianos électriques), c'est dire sa force de persuasion et d'attraction.

La fusion

La fin des années soixante et le début des années soixante-dix correspondent à une nouvelle période musicale : le jazz fusion. Miles Davis fut le premier à utiliser des instruments amplifiés dans le jazz. La guitare hendrixienne de John McLaughlin, la basse agressive de Jack Bruce ou Dave Holland, les claviers stridents de Chick Corea ou Joe Zawinul composent autour de lui un environnement anguleux et trépident. La batterie implacable de Billy Cobham, Jack DeJohnette ou Al Foster, des percussions africaines, indiennes, brésiliennes complètent ce foisonnement de sons et de rythmes d'une sauvagerie inouïe : musique tribale joyeusement désespérée de la jungle urbaine, souverainement dominée par la trompette de Miles Davis. Nombre des musiciens l'ayant côtoyé à ce moment-là ont formé par la suite des groupes célèbres de fusion : citons les Head Hunters de Herbie Hancock, le Mahavishnu Orchestra de John McLauglin, Weather Report de Joe Zawinul ou encore le Return To Forever de Chick Corea. Tous ont une dette envers lui. Son intérêt pour l'univers du rock le pousse à rencontrer Jimi Hendrix. Un projet de disque est envisagé mais ne verra jamais le jour pour cause de disparition précoce du guitariste de légende. Son vieux complice Gil Evans lui arrangera un opus constitué de compositions de Jimi Hendrix. D'intimiste et allusif, le jeu de Miles Davis est passé à une dramatique extase solitaire. Dans ses enregistrements qui datent du début et milieu des années 1970, et particulièrement dans la musique qu'il a composé pour les films Jack Johnson, il dresse de larges et lancinantes tapisseries de sons fragiles, ténus, coupants, qui sont la synthèse de toutes ses expériences. Il ne se passe presque rien, il n'y a presque plus de mélodies. Les phrases davisiennes très répétitives, mais fascinantes comme les reflets d'un joyau, sont sans mouvement apparent, mais la manière dont elles sont jouées, dont elles sonnent, dont elles dialoguent avec les guitares, saxophones et autres pianos électriques est d'une beauté inquiète et pour certains irrésistible.

Où est Miles ?

Alors qu'il est au sommet de sa popularité, divers problèmes médicaux le font s'éloigner de la scène. Après plus de six ans d'une retraite entourée de mystère et l'absence totale de production discographique, Miles Davis revient au début des années quatre-vingt avec une nouvelle génération de musiciens - dont Marcus Miller, Kenny Garrett, John Scofield - et un son en prise avec son époque, mâtiné de funk, de technologie et de groove. Les années 1980 seront dominées par la forte image sociale de Miles Davis. Il a récupéré à son profit les rythmes binaires qui se sont complexifiés avec le temps et l'expérience. Il ne fait en réalité que fructifier et prolonger le son qu'il a forgé dans les années 1970. Comme Picasso avait ses périodes en peinture, Miles Davis a eu ses périodes en musique. Désormais, il empruntera à la variété ses modes et ses rites. Il reprend des succès commerciaux et les rejoue « à sa sauce » : par exemple, le « Time after time » de Cindy Lauper ou bien « Perfect way » du groupe Scritti Politti. Il collaborera avec ce groupe en apparaissant sur leur titre « Oh Patti ! ». Ses sympathies pour la pop music vont jusqu'à lui faire rencontrer le Love Symbol dénommé Prince et certaines personnalités du rock, tel Sting, comptent parmi ses plus fervents admirateurs.

Un musicien unique, et aussi à part

Que retiendra-t-on musicalement de tout son parcours ? Plusieurs choses : d'abord sa pâte sonore, unique en son genre. Virtuose de la non virtuosité, maître du silence et de l'allusion, du non-dit et de la note fantôme, du dérapage et de la brisure comme marques stylistiques, à la fois inventeur et vampire de toutes les tendances, Miles Davis a réussi à échapper à tout étiquetage. Il transcende les genres et accède par là-même au statut de superstar bien au-delà des amateurs traditionnels de jazz. Nombreux sont les musiciens actuels, tous styles confondus, à se réclamer de lui, de son influence toujours féconde. On peut citer, à titre d'exemple représentatif, le trompettiste Eric Truffaz ou Nils Peter Molvaer, issus tous deux de la scène électronique.

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