44 internautes sur 54 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un thriller de qualité qui fait des infidélités au roman, 25 janvier 2012
Le flou s'est installé à la sortie de ce "Millenium, les hommes qui détestaient les femmes"' certains se demandaient si c'était une suite, d'autres parlaient de film totalement indépendant du livre'mais c'est finalement un remake de la version danoise.
Ah ces américains, impossible de ne pas tourner un film à leurs sauces » me suis-je dit ! La question se pose donc, qu'apporte ce remake à la version danoise ? Avant de lire mon commentaire, sachez que je vais faire un petit comparatif et que quelques spoilers s'insèrent naturellement dans mon propos'de ce fait si la comparaison ne vous intéresse pas particulièrement et que vous ne voulez rien apprendre sur le film qui puisse gâcher votre plaisir de la découverte, n'hésitez pas...à ne pas lire!!
Le roman : Mikael Blomkvist, journaliste à la revue Millenium, perd son procès en diffamation contre Wennerstöm, un groupe industriel qu'il accusait de malversations financières. Avant de purger sa peine de prison (dans la version US, il n'est pas condamné à de la prison ferme), l'homme accepte d'enquêter sur une jeune fille nommée Harriet Vanger, disparue 40 ans plus tôt. Mandaté par l'oncle de la victime, le journaliste doit trouver le meurtrier au sein même de la famille Vanger. C'est alors que Lisbeth, une jeune hackeuse marginale et surdouée, s'invite dans les recherches de Blomkvist'
En premier lieu, j'avoue honnêtement que j'ai préféré la version américaine à la version danoise car j'ai apprécié que le film soit plus rythmé (à mon goût) même si c'est au détriment de l'émotionnel. Cette version ne surpasse cependant pas la version suédo-danoise. Ce n'est bien sûr que mon humble avis.
Fincher maîtrise la mise en scène et instaure une atmosphère à la fois glaciale, intemporelle et sombre, parfois glauque.
Les caméras sont vertigineuses quand les personnages sont piégés sur l'île et s'éloignent derrière une porte pour raconter l'atrocité du viol... On est loin des plans fixes et plutôt basiques de Niels Arden Oplev tout en conservant un certain classicisme du genre. Ma déception est arrivée peu à peu, en constatant l'impression de copié/collé de certaines scènes malgré quelques variantes. De ce fait, même si Fincher apporte de l'énergie, il n'apporte rien de particulier et de nouveau à la première version.
Pas de temps morts pour l'épisode américain qui plonge les spectateurs directement dans le vif du sujet, là où la version danoise prenait le temps de présenter les personnages. Une comparaison entre un cinéma américain- style thriller plein d'action- à une cinéma européen, plus posé, plus lent mais qui met en exergue toute la violence et la brutalité du sujet.
Si le scénario est de qualité, il pêche malgré tout sur un point important: l'absence d'enjeu.
En effet, que ce soit dans le roman ou dans l'adaptation danoise, les personnages sont liés entre eux : Mikael Blomkvist est censé être un ami d'enfance de la famille Vanger (Harriett était sa baby-sitter quand il était enfant), il connait donc la famille et reste émotionnellement touché par la disparition de a jeune fille...alors que la version US fait de lui un étranger dont les motivations sont essentiellement matérielles (du moins au départ puisque Henrick Vanger lui propose un dossier solide contre l'empire Wennerström s'il accepte l'enquête afin de rétablir sa réputation).
L'interprétation des personnages est excellente ! Daniel Craig propose une interprétation soignée du journaliste même s'il reste très froid, moins humain et moins attachant que dans la version suédoise. Il est certainement plus agréable à regarder'mais cela manque de chaleur ! Cet aspect glacial concorde avec le lieu de l'enquête qui reste primordial : l'île.
La famille Vanger vit en effet sur un îlot non loin de Stockholm. Cette île est un personnage à part entière. Combinant rage des éléments (neige, froid), isolement (physique et social) et cruautés humaines (racisme, antisémitisme, inceste, meurtre, cupidité'), le lieu favorise à la fois l'introspection des personnages qui se retrouvent face à leurs propres blessures et le sentiment d'oppression. L'île a un caractère quasi mystique.
J'ai beaucoup apprécié les personnages principaux : Mikael est en fait l'archétype du journaliste intègre qui travaille dans une revue indépendante et militante. L'enquête qu'il va mener va dévoiler un homme obstiné et intelligent qui ne s'attache pas aux apparences. En parallèle, Lisbeth offre une personnalité complexe et torturée (blouson de cuir, maquillage noir, corps chétif, tatoué et percé). Asociale, méfiante et brutale, elle se dévoile parfois fragile et vulnérable.
Rooney Mara crève l'écran même si elle représente une Lisbeth un peu trop jeune à mon goût (Noomi Rapace avait plus de maturité et elle était plus crédible pour séduire un quadragénaire comme Mikael. Les conversations intimes entre Lisbeth et Mikael disparaissent carrément de la version us et cela enlève beaucoup à la perception de leur relation !! C'est le moment où le journaliste s'ouvre à la jeune femme et tente de mieux la comprendre). Ronney Mara apporte toutefois plus de dureté, de violence et d'ambiguïté au personnage. Elle apparaît comme une écorchée vive dont la rage transparaît à travers le regard et les gestes. En parallèle, Noomi Oplev apportait une dimension plus mature au personnage, plus maîtrisée. Difficile de faire un choix pour moi entre deux aspects d'un personnage si complexe.
Au niveau du déroulement de l'histoire, deux éléments m'ont gêné : d'une part la manière dont Mikael et Lisbeth se rejoignent sur l'enquête. Chez Niels Arden Oplev, Lisbeth décode les indices du journaliste en piratant son ordinateur. Elle lui envoie un mail en espérant qu'il lui demandera son aide. Chez Fincher, Blonkvist engage Lisbeth sur les recommandations d'Henrik Vanger.
Le deuxième élément vient de la fin du film !!!Je ne vais pas la raconter ici mais ce n'est le dénouement du roman et de la version danoise !!
En définitive, cette adaptation est un thriller de qualité haletant, maitrisé, bien joué mais très hollywoodien !!! J'ai été beaucoup amusée par ces « suédois » américanisés qui se plaignent du froid en cherchant désespérément des réseaux comme s'ils se retrouvaient au fin fond du pôle nord. Pour faire plus nordique, Fincher a choisi essentiellement des acteurs blonds ou roux aux yeux clairs (sauf Lisbeth même si elle a les cheveux teints, ses sourcils sont blonds pales)
Pour terminer, un bravo au magnifique générique du début qui n'est pas sans rappeler les générique jamesbondiens, en plus sombre ! L'action de Fincher m'a séduite mais sa version fait des infidélités difficilement justifiables au roman.
Ce film est donc un bon divertissement mais je déplore cette habitude US de refaire les films comme si les réalisateurs européens et étrangers n'étaient pas capable de produire des films de qualité...
NB: Niveau CSA, l'interdiction aux moins de 12 ans est révoltante! C'est un ABBERATION!! Autoriser des jeunes de 12,13,14 ans à voir ce film vues les scènes de violences physiques, de viol...c'est vraiment du grand n'importe quoi!
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5.0 étoiles sur 5
DU TRES GRAND DAVID FINCHER, 26 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Millénium - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Edition collector limitée Boitier métal 2 disques - Exclusivité Amazon.fr [Blu-ray] (Blu-ray)
Mikael Blomkvist, brillant journaliste d'investigation, est engagé par un des plus puissants industriels de Suède, Henrik Vanger, pour enquêter sur la disparition de sa nièce, Harriet, survenue des années auparavant. Vanger est convaincu qu'elle a été assassinée par un membre de sa propre famille.
Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais enquêtrice exceptionnelle, est chargée de se renseigner sur Blomkvist, ce qui va finalement la conduire à travailler avec lui.
Entre la jeune femme perturbée qui se méfie de tout le monde et le journaliste tenace, un lien de confiance fragile va se nouer tandis qu'ils suivent la piste de plusieurs meurtres. Ils se retrouvent bientôt plongés au c½ur des secrets et des haines familiales, des scandales financiers et des crimes les plus barbares'
Une excellente adaptation menée admirablement de bout en bout. Les acteurs sont remarquables, avec une mention spéciale pour Rooney Mara ... mais j'ai surtout aimé l'ambiance froide et le rythme imposés par David Fincher, dont il s'agit du meilleur film après Seven et Fight Club. Je vous le déconseille toutefois si vous refusez par principe "les remakes américains", bien que contrairement à ce qu'affirment de nombreux spectateurs déçus (révoltés), il s'agit d'une nouvelle adaptation et non d'un remake.
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