Présentation de l'éditeur
La mondialisation change tout, mais la Gauche peine à changer avec elle et à se redéfinir. Elle s'est perdue. La culture de gauche, sa base sociologique, le thème de la "rupture" théorisée dans les années 70, l'oppose au choc fracassant du monde global, particulièrement sur le plan économique. Pour les partisans de la taxe Tobin, elle doit revenir en arrière, plus en arrière que le programme commun lui-même pour ne pas devoir cautionner des valeurs, que par culture, elle dénonce. Christian Pierret, ministre de l'Industrie, dénonce cette appréciation qui divise aujourd'hui les forces de progrès.
Quatrième de couverture
Ce livre n'est pas un recueil de souvenirs mais un essai pour l'avenir. Plus de vingt années d'engagement politique m'auraient, bien sûr, fourni la matière pour un récit d'anecdotes plutôt étoffé, croustillant, drôle souvent. Mais les hommes politiques sont rarement de bons mémorialistes. Je préfère donc livrer dans ces pages mes vérités d'observateur et d'acteur. Certains commentateurs diront sans doute que mon ouvrage n'est pas absolument « dans la ligne » des positions de mon mouvement, le Parti socialiste. Je revendique, c'est vrai, une forme de mise en garde : il n'y a qu'un petit pas de la dénonciation de l'horreur économique à l'erreur politique. Les tobinards, les croisés déboussolés de nos valeurs, les titulaires officiels de la chaire de l'archaïsme n'hésitent pas à le faire. Ils se trompent et risquent d'affaiblir les succès du gouvernement de Lionel Jospin. J'admets, aussi, que ma culture personnelle, sur les sujets économiques en particulier, n'est pas la plus orthodoxe pour des militants de gauche. Mais elle est sans doute plus proche de la réalité. Notre monde n'a rien à voir avec celui de Harry Potter : ministre à gauche, j'ai, en toutes choses, rejeté le magique et choisi le réel.