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Ministry

 

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Écouter1. Lay Lady LayFilth Pig 5:44EUR 0,99  Acheter le titre 
Écouter2. ReloadFilth Pig 2:25EUR 0,99  Acheter le titre 
Écouter3. Khyber Pass [Explicit]Rio Grande Blood [Explicit] 7:31EUR 0,99  Acheter le titre 
Écouter4. Fairly UnbalancedFrom Beer to Eternity 4:15EUR 0,99  Acheter le titre 
Écouter5. Punch in the FaceFrom Beer to Eternity 5:00EUR 0,99  Acheter le titre 
Écouter6. Bad BloodDark Side Of The Spoon 4:59EUR 0,99  Acheter le titre 
Écouter7. Jesus Built My HotrodKE*A*H** (Psalm 69) 4:52EUR 0,99  Acheter le titre 
Écouter8. Let's GoThe Last Sucker [Explicit] 4:52EUR 0,69  Acheter le titre 
Écouter9. Die In A CrashThe Last Sucker [Explicit] 4:03EUR 0,69  Acheter le titre 
Écouter10. Over The ShoulderTrevor Jackson Presents Metal Dance 2 - Industrial, New W... 6:41EUR 0,79  Acheter le titre 
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Image de Ministry

Biographie

C'est en 1981, à Chicago, que Al Jourgensen fonde Ministry. Les premières réalisations sont très loin du son qui fera plus tard sa réputation. Jusque 1985, Ministry évolue dans un registre pop synthétique inspiré de Human League et des premiers Depeche Mode. Le premier album, With sympathy (1983), paraît sur le label Arista, ainsi que quelques maxis et singles chez Wax Trax, regroupés plus tard dans le CD 12 Inch singles 1981-1984.

L'amorce du changement a lieu en 1986. Signé chez Sire (filiale de Warner), Ministry - dont Jourgensen est alors le seul membre officiel - fait paraître son ... Lire la suite

C'est en 1981, à Chicago, que Al Jourgensen fonde Ministry. Les premières réalisations sont très loin du son qui fera plus tard sa réputation. Jusque 1985, Ministry évolue dans un registre pop synthétique inspiré de Human League et des premiers Depeche Mode. Le premier album, With sympathy (1983), paraît sur le label Arista, ainsi que quelques maxis et singles chez Wax Trax, regroupés plus tard dans le CD 12 Inch singles 1981-1984.

L'amorce du changement a lieu en 1986. Signé chez Sire (filiale de Warner), Ministry - dont Jourgensen est alors le seul membre officiel - fait paraître son deuxième album, Twitch. La musique s'assombrit, évoluant vers des sonorités industrielles et marquée par l'influence de Front 242 - avec qui Jourgensen avait tourné en 1984 - ou Cabaret Voltaire. L'année suivante, le bassiste Paul Barker rejoint Jourgensen et les deux hommes intègrent des guitares metal à leurs compositions et donnent naissance au son qui fera l'identité de Ministry. A cette même période, Jourgensen multiplie les collaborations à des groupes parallèles, notamment les Revolting Cocks, le seul parmi ceux-ci qui durera (Barker et Jourgensen n'auront de cesse, entre chaque album, de collaborer à divers projets musicaux dans les moments).

Album fondateur dans la carrière du groupe et dans l'histoire du rock, The land of rape and honey paraît en 1988. En même temps qu'il marque l'affirmation de l'unicité de Ministry, l'album fait figure de manifeste, donnant naissance au metal industriel. Les guitares metal se mêlent à la musique industrielle, à des boîtes à rythme furibardes et à une voix hurlante et distordue. Seuls trois morceaux sur les onze sont vraiment «indus-metal», le reste étant davantage orienté industriel pur et dur. C'est l'album suivant surtout, The mind is a terrible thing to taste (1989), qui systématise et radicalise la formule «indus-metal», qui demeurera la marque de fabrique de la formation. En 1990, paraît le live (en vidéo et CD) In case you didn't feel like showing up, qui témoigne de l'intensité des shows du groupe.

En 1992, Ministry sort son tout meilleur album, Psalm 69 : The way to succeed and the way to suck eggs, violente charge contre l'Amérique reagano-bushiste. Froid, révolté et totalement débridé, cet album condense toutes les expériences passées et à venir du groupe, il constitue l'une des plus fascinantes réalisations du metal des années 90. Porté par les singles « Jesus built my hotrod » (paru en 91) et « Just one fix » (qui se vendra à plus d'un million d'exemplaires), et fort de son succès lors du festival itinérant de Lollapalooza, Ministry atteint une popularité d'autant plus surprenante que sa musique n'a jamais été aussi radicale et violente.

Les trois années suivantes sont marquées par divers événements pour Al Jourgensen : installation au Texas, participation à diverses productions (entre autres travaux, il produit le bluesman Reverend Horton Heat, sort le deuxième album des Revolting Cocks, Linger ficken' good et monte Buck Satan and the 666 Shooters, un projet country), début d'une procédure de divorce, addiction croissante à l'héroïne et excès divers qui lui valent d'être expulsé du Texas. C'est donc en 1995 que sort Filth Pig, sixième album du groupe. Si l'on retrouve la voix criarde et distordue, les rythmiques machinales et les guitares abrasives, le rythme est ici globalement plus étouffant que le très frénétique Psalm 69 et comporte aussi beaucoup moins de samples. Assez mal reçu par la critique, Filth Pig est pourtant un album riche, qui voit l'apparition de nouvelles sonorités (banjo électrique, harmonica) et compte une reprise de Bob Dylan (« Lay lady lay »). Al Jourgensen compte aujourd'hui encore cet album parmi ses favoris. En 1999, sort The Dark Side of the Spoon, dont le titre, qui parodie Pink Floyd (Dark Side of the Moon, l'album le plus populaire des Anglais), évoque surtout les problèmes d'héroïne qui minent le groupe. Moins cohérent que son prédécesseur, cet album voit le groupe tenter de nouvelles expériences. Malgré quelques excellents morceaux (dont le single « Bad Blood », qui figure dans la BO du film Matrix) et quelques bonnes surprises, l'album reste très inégal. Les années suivantes sont confuses : Ministry se fait éjecter de chez Warner et connaît divers problèmes. Ainsi, alors que le label Ipecac annonçait la sortie d'albums live tirés de la tournée Psalm 69, Warner en obtient l'annulation. Cette même année, des problèmes de management forcent le groupe à annuler sa participation au festival itinérant Ozzfest.

Ministry ne réapparaît qu'en 2001, avec « What about us ? », excellent morceau qui figure sur la BO de A.I., de Steven Spielberg, film d'anticipation à la tonalité apocalyptique qui fait écho à la musique du groupe. La formation fait d'ailleurs une furtive apparition dans le film. On retrouve ce morceau sur Greatest fits, sorte de «best of» édité essentiellement pour honorer le contrat qui retenait le duo chez Warner. Un disque d'excellente facture, qui compte également quelques inédits, dont une reprise de « Supernaut » de Black Sabbath (éditée par le projet parallèle 1000 Homo DJ's).

Le groupe signe chez Sanctuary et édite Sphinctour (2002) dans la foulée, leur second album live, contenant des morceaux issus des tournées Psalm 69 et Filth Pig. En 2003, paraît Animositisomina, un album assez décevant, qui comporte beaucoup de longueurs et de scories, et qui constitue probablement leur plus médiocre réalisation pour la période «indus-metal». Cette même année, en août, Paul Barker, après quinze années au sein de Ministry, se retire. Mais cela n'arrête pas Jourgensen qui, un an plus tard, en juin 2004, sort Houses of the Molé, pamphlet anti-Bush qui fait écho, à douze ans d'intervalle, à Psalm 69. Cet album signe le retour du grand Ministry. La tournée qui suit marque l'investissement civique de Al Jourgensen. Lors des concerts américains, le jeune public est incité à s'inscrire sur les listes électorales ; Jourgensen espère de la jeunesse un net rejet de Bush, lors de l'élection présidentielle. En septembre 2005, pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du groupe, paraît Rantology. Y figurent des remixes de certains de leurs meilleurs morceaux, quelques titres live et raretés, ainsi qu'un nouveau morceau, « The Great Satan ». Au printemps 2006, Ministry récidive avec une nouvelle charge contre le président et son administration, Rio Grande Blood. En juillet 2007, en sort une version remixée, Rio Grande Dub, suivie le 18 septembre 2007 de The Last Sucker, qui clôt la trilogie anti-Bush, entamée en 2004 avec Houses of the Molé. Al Jourgensen annonce alors qu'il s'agirait du dernier album de Ministry. La dissolution du projet, qu'il pilote depuis plus de 25 ans, devrait avoir lieu après le MasturbaTour et le SeeYouLaTour, qui devraient être les dernières tournées de la machine indus-metal. Une tournée à laquelle ne participera pas le bassiste Paul Raven (ex-Prong, ex-Killing Joke), arrivé en 2005 au sein de Ministry : il est retrouvé mort le 20 octobre 2007, alors qu'il préparait un album avec les Français de Treponem Pal, re-formé en 2006.

Respecté et influent, à la fois au sein de la scène industrielle et dans le monde du metal, Ministry est tout bonnement l'une des formations majeures du rock issues de l'underground de ces deux dernières décennies. Il est aussi, avec des groupes aussi divers que Rage Against The Machine, System Of A Down ou Marilyn Manson, un des quelques agitateurs de conscience qui ont réussi à atteindre une large audience, développant comme ces derniers sens de la provocation et paroles très politisées.

Copyright 2014 Music Story Mikaël Faujour

C'est en 1981, à Chicago, que Al Jourgensen fonde Ministry. Les premières réalisations sont très loin du son qui fera plus tard sa réputation. Jusque 1985, Ministry évolue dans un registre pop synthétique inspiré de Human League et des premiers Depeche Mode. Le premier album, With sympathy (1983), paraît sur le label Arista, ainsi que quelques maxis et singles chez Wax Trax, regroupés plus tard dans le CD 12 Inch singles 1981-1984.

L'amorce du changement a lieu en 1986. Signé chez Sire (filiale de Warner), Ministry - dont Jourgensen est alors le seul membre officiel - fait paraître son deuxième album, Twitch. La musique s'assombrit, évoluant vers des sonorités industrielles et marquée par l'influence de Front 242 - avec qui Jourgensen avait tourné en 1984 - ou Cabaret Voltaire. L'année suivante, le bassiste Paul Barker rejoint Jourgensen et les deux hommes intègrent des guitares metal à leurs compositions et donnent naissance au son qui fera l'identité de Ministry. A cette même période, Jourgensen multiplie les collaborations à des groupes parallèles, notamment les Revolting Cocks, le seul parmi ceux-ci qui durera (Barker et Jourgensen n'auront de cesse, entre chaque album, de collaborer à divers projets musicaux dans les moments).

Album fondateur dans la carrière du groupe et dans l'histoire du rock, The land of rape and honey paraît en 1988. En même temps qu'il marque l'affirmation de l'unicité de Ministry, l'album fait figure de manifeste, donnant naissance au metal industriel. Les guitares metal se mêlent à la musique industrielle, à des boîtes à rythme furibardes et à une voix hurlante et distordue. Seuls trois morceaux sur les onze sont vraiment «indus-metal», le reste étant davantage orienté industriel pur et dur. C'est l'album suivant surtout, The mind is a terrible thing to taste (1989), qui systématise et radicalise la formule «indus-metal», qui demeurera la marque de fabrique de la formation. En 1990, paraît le live (en vidéo et CD) In case you didn't feel like showing up, qui témoigne de l'intensité des shows du groupe.

En 1992, Ministry sort son tout meilleur album, Psalm 69 : The way to succeed and the way to suck eggs, violente charge contre l'Amérique reagano-bushiste. Froid, révolté et totalement débridé, cet album condense toutes les expériences passées et à venir du groupe, il constitue l'une des plus fascinantes réalisations du metal des années 90. Porté par les singles « Jesus built my hotrod » (paru en 91) et « Just one fix » (qui se vendra à plus d'un million d'exemplaires), et fort de son succès lors du festival itinérant de Lollapalooza, Ministry atteint une popularité d'autant plus surprenante que sa musique n'a jamais été aussi radicale et violente.

Les trois années suivantes sont marquées par divers événements pour Al Jourgensen : installation au Texas, participation à diverses productions (entre autres travaux, il produit le bluesman Reverend Horton Heat, sort le deuxième album des Revolting Cocks, Linger ficken' good et monte Buck Satan and the 666 Shooters, un projet country), début d'une procédure de divorce, addiction croissante à l'héroïne et excès divers qui lui valent d'être expulsé du Texas. C'est donc en 1995 que sort Filth Pig, sixième album du groupe. Si l'on retrouve la voix criarde et distordue, les rythmiques machinales et les guitares abrasives, le rythme est ici globalement plus étouffant que le très frénétique Psalm 69 et comporte aussi beaucoup moins de samples. Assez mal reçu par la critique, Filth Pig est pourtant un album riche, qui voit l'apparition de nouvelles sonorités (banjo électrique, harmonica) et compte une reprise de Bob Dylan (« Lay lady lay »). Al Jourgensen compte aujourd'hui encore cet album parmi ses favoris. En 1999, sort The Dark Side of the Spoon, dont le titre, qui parodie Pink Floyd (Dark Side of the Moon, l'album le plus populaire des Anglais), évoque surtout les problèmes d'héroïne qui minent le groupe. Moins cohérent que son prédécesseur, cet album voit le groupe tenter de nouvelles expériences. Malgré quelques excellents morceaux (dont le single « Bad Blood », qui figure dans la BO du film Matrix) et quelques bonnes surprises, l'album reste très inégal. Les années suivantes sont confuses : Ministry se fait éjecter de chez Warner et connaît divers problèmes. Ainsi, alors que le label Ipecac annonçait la sortie d'albums live tirés de la tournée Psalm 69, Warner en obtient l'annulation. Cette même année, des problèmes de management forcent le groupe à annuler sa participation au festival itinérant Ozzfest.

Ministry ne réapparaît qu'en 2001, avec « What about us ? », excellent morceau qui figure sur la BO de A.I., de Steven Spielberg, film d'anticipation à la tonalité apocalyptique qui fait écho à la musique du groupe. La formation fait d'ailleurs une furtive apparition dans le film. On retrouve ce morceau sur Greatest fits, sorte de «best of» édité essentiellement pour honorer le contrat qui retenait le duo chez Warner. Un disque d'excellente facture, qui compte également quelques inédits, dont une reprise de « Supernaut » de Black Sabbath (éditée par le projet parallèle 1000 Homo DJ's).

Le groupe signe chez Sanctuary et édite Sphinctour (2002) dans la foulée, leur second album live, contenant des morceaux issus des tournées Psalm 69 et Filth Pig. En 2003, paraît Animositisomina, un album assez décevant, qui comporte beaucoup de longueurs et de scories, et qui constitue probablement leur plus médiocre réalisation pour la période «indus-metal». Cette même année, en août, Paul Barker, après quinze années au sein de Ministry, se retire. Mais cela n'arrête pas Jourgensen qui, un an plus tard, en juin 2004, sort Houses of the Molé, pamphlet anti-Bush qui fait écho, à douze ans d'intervalle, à Psalm 69. Cet album signe le retour du grand Ministry. La tournée qui suit marque l'investissement civique de Al Jourgensen. Lors des concerts américains, le jeune public est incité à s'inscrire sur les listes électorales ; Jourgensen espère de la jeunesse un net rejet de Bush, lors de l'élection présidentielle. En septembre 2005, pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du groupe, paraît Rantology. Y figurent des remixes de certains de leurs meilleurs morceaux, quelques titres live et raretés, ainsi qu'un nouveau morceau, « The Great Satan ». Au printemps 2006, Ministry récidive avec une nouvelle charge contre le président et son administration, Rio Grande Blood. En juillet 2007, en sort une version remixée, Rio Grande Dub, suivie le 18 septembre 2007 de The Last Sucker, qui clôt la trilogie anti-Bush, entamée en 2004 avec Houses of the Molé. Al Jourgensen annonce alors qu'il s'agirait du dernier album de Ministry. La dissolution du projet, qu'il pilote depuis plus de 25 ans, devrait avoir lieu après le MasturbaTour et le SeeYouLaTour, qui devraient être les dernières tournées de la machine indus-metal. Une tournée à laquelle ne participera pas le bassiste Paul Raven (ex-Prong, ex-Killing Joke), arrivé en 2005 au sein de Ministry : il est retrouvé mort le 20 octobre 2007, alors qu'il préparait un album avec les Français de Treponem Pal, re-formé en 2006.

Respecté et influent, à la fois au sein de la scène industrielle et dans le monde du metal, Ministry est tout bonnement l'une des formations majeures du rock issues de l'underground de ces deux dernières décennies. Il est aussi, avec des groupes aussi divers que Rage Against The Machine, System Of A Down ou Marilyn Manson, un des quelques agitateurs de conscience qui ont réussi à atteindre une large audience, développant comme ces derniers sens de la provocation et paroles très politisées.

Copyright 2014 Music Story Mikaël Faujour

C'est en 1981, à Chicago, que Al Jourgensen fonde Ministry. Les premières réalisations sont très loin du son qui fera plus tard sa réputation. Jusque 1985, Ministry évolue dans un registre pop synthétique inspiré de Human League et des premiers Depeche Mode. Le premier album, With sympathy (1983), paraît sur le label Arista, ainsi que quelques maxis et singles chez Wax Trax, regroupés plus tard dans le CD 12 Inch singles 1981-1984.

L'amorce du changement a lieu en 1986. Signé chez Sire (filiale de Warner), Ministry - dont Jourgensen est alors le seul membre officiel - fait paraître son deuxième album, Twitch. La musique s'assombrit, évoluant vers des sonorités industrielles et marquée par l'influence de Front 242 - avec qui Jourgensen avait tourné en 1984 - ou Cabaret Voltaire. L'année suivante, le bassiste Paul Barker rejoint Jourgensen et les deux hommes intègrent des guitares metal à leurs compositions et donnent naissance au son qui fera l'identité de Ministry. A cette même période, Jourgensen multiplie les collaborations à des groupes parallèles, notamment les Revolting Cocks, le seul parmi ceux-ci qui durera (Barker et Jourgensen n'auront de cesse, entre chaque album, de collaborer à divers projets musicaux dans les moments).

Album fondateur dans la carrière du groupe et dans l'histoire du rock, The land of rape and honey paraît en 1988. En même temps qu'il marque l'affirmation de l'unicité de Ministry, l'album fait figure de manifeste, donnant naissance au metal industriel. Les guitares metal se mêlent à la musique industrielle, à des boîtes à rythme furibardes et à une voix hurlante et distordue. Seuls trois morceaux sur les onze sont vraiment «indus-metal», le reste étant davantage orienté industriel pur et dur. C'est l'album suivant surtout, The mind is a terrible thing to taste (1989), qui systématise et radicalise la formule «indus-metal», qui demeurera la marque de fabrique de la formation. En 1990, paraît le live (en vidéo et CD) In case you didn't feel like showing up, qui témoigne de l'intensité des shows du groupe.

En 1992, Ministry sort son tout meilleur album, Psalm 69 : The way to succeed and the way to suck eggs, violente charge contre l'Amérique reagano-bushiste. Froid, révolté et totalement débridé, cet album condense toutes les expériences passées et à venir du groupe, il constitue l'une des plus fascinantes réalisations du metal des années 90. Porté par les singles « Jesus built my hotrod » (paru en 91) et « Just one fix » (qui se vendra à plus d'un million d'exemplaires), et fort de son succès lors du festival itinérant de Lollapalooza, Ministry atteint une popularité d'autant plus surprenante que sa musique n'a jamais été aussi radicale et violente.

Les trois années suivantes sont marquées par divers événements pour Al Jourgensen : installation au Texas, participation à diverses productions (entre autres travaux, il produit le bluesman Reverend Horton Heat, sort le deuxième album des Revolting Cocks, Linger ficken' good et monte Buck Satan and the 666 Shooters, un projet country), début d'une procédure de divorce, addiction croissante à l'héroïne et excès divers qui lui valent d'être expulsé du Texas. C'est donc en 1995 que sort Filth Pig, sixième album du groupe. Si l'on retrouve la voix criarde et distordue, les rythmiques machinales et les guitares abrasives, le rythme est ici globalement plus étouffant que le très frénétique Psalm 69 et comporte aussi beaucoup moins de samples. Assez mal reçu par la critique, Filth Pig est pourtant un album riche, qui voit l'apparition de nouvelles sonorités (banjo électrique, harmonica) et compte une reprise de Bob Dylan (« Lay lady lay »). Al Jourgensen compte aujourd'hui encore cet album parmi ses favoris. En 1999, sort The Dark Side of the Spoon, dont le titre, qui parodie Pink Floyd (Dark Side of the Moon, l'album le plus populaire des Anglais), évoque surtout les problèmes d'héroïne qui minent le groupe. Moins cohérent que son prédécesseur, cet album voit le groupe tenter de nouvelles expériences. Malgré quelques excellents morceaux (dont le single « Bad Blood », qui figure dans la BO du film Matrix) et quelques bonnes surprises, l'album reste très inégal. Les années suivantes sont confuses : Ministry se fait éjecter de chez Warner et connaît divers problèmes. Ainsi, alors que le label Ipecac annonçait la sortie d'albums live tirés de la tournée Psalm 69, Warner en obtient l'annulation. Cette même année, des problèmes de management forcent le groupe à annuler sa participation au festival itinérant Ozzfest.

Ministry ne réapparaît qu'en 2001, avec « What about us ? », excellent morceau qui figure sur la BO de A.I., de Steven Spielberg, film d'anticipation à la tonalité apocalyptique qui fait écho à la musique du groupe. La formation fait d'ailleurs une furtive apparition dans le film. On retrouve ce morceau sur Greatest fits, sorte de «best of» édité essentiellement pour honorer le contrat qui retenait le duo chez Warner. Un disque d'excellente facture, qui compte également quelques inédits, dont une reprise de « Supernaut » de Black Sabbath (éditée par le projet parallèle 1000 Homo DJ's).

Le groupe signe chez Sanctuary et édite Sphinctour (2002) dans la foulée, leur second album live, contenant des morceaux issus des tournées Psalm 69 et Filth Pig. En 2003, paraît Animositisomina, un album assez décevant, qui comporte beaucoup de longueurs et de scories, et qui constitue probablement leur plus médiocre réalisation pour la période «indus-metal». Cette même année, en août, Paul Barker, après quinze années au sein de Ministry, se retire. Mais cela n'arrête pas Jourgensen qui, un an plus tard, en juin 2004, sort Houses of the Molé, pamphlet anti-Bush qui fait écho, à douze ans d'intervalle, à Psalm 69. Cet album signe le retour du grand Ministry. La tournée qui suit marque l'investissement civique de Al Jourgensen. Lors des concerts américains, le jeune public est incité à s'inscrire sur les listes électorales ; Jourgensen espère de la jeunesse un net rejet de Bush, lors de l'élection présidentielle. En septembre 2005, pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire du groupe, paraît Rantology. Y figurent des remixes de certains de leurs meilleurs morceaux, quelques titres live et raretés, ainsi qu'un nouveau morceau, « The Great Satan ». Au printemps 2006, Ministry récidive avec une nouvelle charge contre le président et son administration, Rio Grande Blood. En juillet 2007, en sort une version remixée, Rio Grande Dub, suivie le 18 septembre 2007 de The Last Sucker, qui clôt la trilogie anti-Bush, entamée en 2004 avec Houses of the Molé. Al Jourgensen annonce alors qu'il s'agirait du dernier album de Ministry. La dissolution du projet, qu'il pilote depuis plus de 25 ans, devrait avoir lieu après le MasturbaTour et le SeeYouLaTour, qui devraient être les dernières tournées de la machine indus-metal. Une tournée à laquelle ne participera pas le bassiste Paul Raven (ex-Prong, ex-Killing Joke), arrivé en 2005 au sein de Ministry : il est retrouvé mort le 20 octobre 2007, alors qu'il préparait un album avec les Français de Treponem Pal, re-formé en 2006.

Respecté et influent, à la fois au sein de la scène industrielle et dans le monde du metal, Ministry est tout bonnement l'une des formations majeures du rock issues de l'underground de ces deux dernières décennies. Il est aussi, avec des groupes aussi divers que Rage Against The Machine, System Of A Down ou Marilyn Manson, un des quelques agitateurs de conscience qui ont réussi à atteindre une large audience, développant comme ces derniers sens de la provocation et paroles très politisées.

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