Des précogniscients qui peuvent prédire l'avenir et un homme qui se débat pour échapper à son futur : un meurtre qu'il ne veut pas commettre mais qui lui est annoncé.
MR rentre dans la rare catégorie des oeuvres qui jouent avec le temps (futur, présent) sans s'enliser et sans se trahir, chapeau bas.
Minority report est d'abord un film à suspense et à rebondissements. C'est aussi une fable futuriste, décrivant un monde ultrasécuritaire, mais gangrené par l'exclusion.
Il pose une fois de plus la question : à quel prix sommes nous prêts à payer le monde ultra-aseptisé que nous sommes en train d'engendrer?
Je resiste vaillamment à la tentation de le présenter comme un chef d'oeuvre même si le film et la conviction des acteurs principaux sont tout à fait uniques. Il reste néanmoins un film à voir pour son traitement scénaristique des principales angoisses de l'humanité : le futur, la mort, l'injustice, la non-liberté.
A plusieurs reprises le scénario prend évidemment le parti du libre arbitre : le futur qui est annoncé peut être changé en fonction du libre arbitre humain.
C'est aussi un pari que de croire que l'homme peut changer le monde sans anticiper la violence par la violence.
Pour tout cela, et pour la réflexion qu'il suscite, ce film mérite mon chapeau bas.