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Une mauvaise éducation qui, défiant toute morale, porte ses fruits. Lauryn Hill, échappée du trio hip hop Fugees, a mis toute son impertinence dans un premier album solo, intelligent et novateur. Trop jolie, trop "chanteuse des Fugees", Lauryn Hill aurait pu céder à la facilité des recettes ayant fait le succès de son groupe ou miser sur sa bonne tête pour sortir un album paresseux, une copie de
The Score qui aurait, de toute façon, plu. Mais Lauryn Hill a su prouver qu'elle était bien plus que la "chanteuse de". Génialement douée et d'une force de caractère absolue, elle a su se détacher des Fugees et trouver ses propres marques. Lauryn Hill écrit, compose et crée un son bien à elle, impeccable mélange de soul, hip hop, reggae et R&B. Des mélodies apaisées ("When It Hurts So Bad", Ex-Factor") à une pop Motown sur "Doo Wop (That Thing)", au hip hop old school mâtiné de reggae avec "Lost Ones", en passant par un duo soul langoureux avec D'Angelo ("Nothing Even Matters"), Lauryn Hill pose sa voix charnelle et charnue sur des compositions parfaites, toujours touchantes. Instrumentation, mélodies, arrangements, production, elle maîtrise tout. Et, contrairement à ce qu'elle annonce en titre, avec grâce et élégance.
--Elsa Forget
Critique
Il s’agit là d’un des albums les plus marquants des années 90, se révélant être un tremplin pour les femmes noires, femmes artistes au sein du monde hip-hop, voire la condition féminine en général.
L’album, qui emprunte son nom au livre de Carter G. Woodson
The Mis-Education of the Negro et sa pochette à l’album des Wailers
Burnin’, remporte un succès immédiat, s’écoulant à 423 000 copies lors de la première semaine, bien appuyé par les imparables singles
« Lost Ones » et
« Doo Wop (That Thing) ».
Mais les titres les plus touchants sont probablement les plus lents comme
« Ex-factor » traitant des relations conflictuelles,
« Everything is Everything » rempli de poésie sur la condition humaine et appuyé au piano par un John Legend encore inconnu,
« Nothing Even Matters » sur lequel elle s’épanche quant au sentiment amoureux en compagnie de la voix magique de D’Angelo, ou encore «
To Zion » dédié à son premier enfant, Carlos Santana apportant son expérience à la guitare. Cet album vaut à Lauryn Hill d'être nominée dans onze catégories des Grammy Awards de 1999 et d'en remporter cinq, marquant un nouveau record pour une artiste féminine. La suite sera peut-être éternellement attendue.
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