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29 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Noyé dans le Miso, 18 octobre 2003
Ce qui est fascinant chez Ryuu Murakami, c’est qu’il est au cœur d’une polémique constante. Un peu comme James Ellroy ou Brett Easton Ellis peuvent l’être aux Etats-Unis. Pour quelles raisons précises ? Sans doutes parce que comme personne ils ont le don de donner la nausée grâce à quelques formules efficaces. Il suffit de jeter un œil à ‘In the Miso soup’, traduit Miso Soup en France, pour s’en rendre compte. Le récit est simplement mené. La traduction fluide de Corinne Atlan, une des meilleures traductrices japonais-français, rend au roman de Murakami toute sa légèreté et sa splendeur. Pas de lyrisme ou si peu, aucune pirouette technique permettant de ne pas sombrer dans l’incohérence ou l’exagération… tant est si bien que ce roman pourrait servir de modèle à nombre d’auteurs de polars malsains. Ce qui donne aussi à ce texte dense (quelques 275 pages sans aucun moment suspendu ni arrêt sur texte) un grand intérêt, c’est l’étude ethnosociologique d’un quartier de Tôkyô. Kabukichô, un des lieux de la prostitution en plein cœur de Shinjuku est prisé par les étrangers de passage, aux portefeuilles gonflés de Yen. Kenji, un jeune homme d’une vingtaine d’années, qui ne sait trop quoi faire de son existence, gagne sa vie en guidant ces touristes oisifs et en quête d’expériences sensorielles. Sex-shop, bar à prostituées et autres endroits obscurs sont observés par l’œil acerbe de Murakami. Sa plume enfumée déverse des litres d’acide chlorhydrique comme les personnages se gorgent d’alcool.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Un non-polar déprimant, 3 août 2010
Dans ce petit récit, l'auteur nous guide à travers un quartier chaud de Tokyo. Kenji est un jeune guide japonais pour touriste étranger cherchant des bons moments dans ce quartier. Il va aider Frank, un américain caricatural à "baiser", puisqu'il n'a que ce mot à la bouche. Je m'attendais à un portrait au vitriol du Tokyo chaud, comme on s'y attend en lisant la 4ème de couverture. Quelle déception, ce livre n'a rien de chaud, au contraire. Il est d'un froid glacial de la première à la dernière page. Polar ? Certes non. Il y a bien des crimes, mais aucun n'est élucidé. Roman d'horreur ? Plutôt, oui. Une horreur épouvantable, même, tellement les actes sont crus. C'est bien pire que n'importe quelle massacre de Stephen King. Vraiment très choquant. Alors ai-je aimer ce roman ? J'ai pris du bon temps à le lire, ca se lit facilement, c'est fluide. Mais je suis resté sur ma faim, comme si l'auteur ne livrait qu'une critique froide et vide de sens sur le Japon. Une critique très réactionnaire et dichotomique, sur fond de "c'était mieux avant". Et puis je m'attendais à un peu plus de fantaisie, et d'évasion, surtout avec le thème aguicheur. Mais rien, si ce n'est une scène retournante d'horreur.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Froid, désagréable à lire, désincarné, 3 juin 2010
En elle-même, l'histoire aurait pu être bien plus prenante. Grâce aux premières pages, on est immédiatement intrigué par le personnage de Frank et la peur qu'il suscite chez le narrateur, mais le récit devient très vite creux à mon goût. La plupart des autres personnages sont dépourvus de relief, ils sont même complètement plats et uniformes, comme Jun, la petite-amie de Kenji, ainsi que les femmes et autres rabatteurs qu'il croise dans les rues chaudes de Tokyo. En fait, comme Frank, rien n'est chaud et tout est glacial dans ce roman malgré son thème aguicheur. Certains paragraphes sont interminables, inutilement détaillés, ils traînent en longueur et même, sont franchement désagréables à lire par moment. Le personnage de Frank est peu ragoûtant, mystérieux, inquiétant, mais la violence de ses actes finit par lasser, déprimer le lecteur. Il est une sorte de caricature ridicule de l'Américain moyen vu à travers la lunette déformante d'un Japonais. Il y des phrases et des moments insoutenables, pénibles à lire, non pas que cela paraisse crédible pour donner la chair de poule, au contraire, c'est complètement grotesque. Le récit progresse en devenant tellement vide de sens et décrivant des situations tellement exagérées que je me suis dépêchée d'en finir avec ce bonhomme, ce prétendu Américain de carnaval qui semble porter un masque de carton-pâte. Ce que j'ai le moins supporté dans ce roman, probablement ? La faiblesse, l'aveuglement et la passivité totale du narrateur. Après le massacre de Kabukicho, il perd complètement de sa substance et se laisse manipuler comme une marionnette sans volonté, de façon totalement invraisemblable. Les dernières pages sont d'ailleurs fades et clôturent l'histoire avec une fin assez convenue. PS : le sujet, le lieu de l'action et la photo de couverture peuvent être trompeurs.
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