Après un furieux et excellent EP avec Mike Patton au chant, « Irony is a dead scene », le plus populaire des combos de hardcore-metal déstructuré revient avec « Miss machine ». Mine de rien, cela faisait tout de même 5 années que le groupe n'avait pas proposé de véritable album... et quel retour ! Armé d'un nouveau chanteur, l'impressionnant Greg Puciato, le combo ne semble plus connaître de limites. Enchaînant les plans free-jazz sur une base hardcore chaotique saupoudrée de metal, combinant l'ensemble à des mélodies quasi-pop jamais taffiolisantes et de touches electro, Dillinger fait sa sauce dans son coin et ne ressemble qu'à lui. Sans une écoute attentive au casque, impossible de saisir tout ce qu'il se passe sur ce disque... côté guitare, c'est bruyant, très bruyant même, côté batterie, difficile de suivre tant le bonhomme se révèle complexe dans ses rythmiques et côté chant, Puciato fait également très fort entre ses hurlements vomitifs et son chant clair. Au-delà de tout cela, la force de Dillinger sur « Miss machine » est de se révéler incroyablement accrocheur tout en proposant une musique à la base complètement barrée. Les connaisseurs apprécieront le clin d'½il à Nine Inch Nails sur « Phone home » et les true-coreux s'évanouiront à l'écoute de la presque ballade « Unretrofied ». Voilà un album frais, original, aussi intéressant à écouter que son artwork est laid. Autant dire extrêmement intéressant donc...