Entre le livre et la bande dessinée, d'un trait spirituel et tendre, les carnets de Sfar se lisent avec beaucoup de plaisir, et l'on se prend d'amitié pour l'auteur que l'on regrette de quitter quand on arrive à la dernière page. Le dessin est inventif, parfois gracieux, très souvent drôle et magique. Je regrette seulement les tirades anti-Bush, anti-Sarkozy, et autres du même tonneau, qui ternissent un peu l'originalité de l'ouvrage par leur banalité bien-pensante. Cela dit, comme la perspective de ces carnets est l'ouverture sur le monde, et l'autoportrait d'un homme attachant, il lui fallait laisser de la place aux lieux communs que tout le monde pense. Une recherche d'originalité à tout prix aurait fatigué.