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Commentaire : Cette adaptation du très long roman d'Herman Melville est une réussite. Le texte, qui reste fidèle à celui d'origine, est ramené à des proportions plus modestes, ce qui le rend plus accessible. La division en chapitres donne tout de même aux jeunes lecteurs l'impression de lire un véritable roman. Cet ouvrage est surtout remarquable pour ses illustrations qui sont, à chaque page, de vrais chefs-d'oeuvre. Grâce à la taille grand format et à la très belle qualité du papier, on pourrait croire que l'on tourne les pages d'un livre d'art. Cet album, qui devrait particulièrement plaire aux garçons, est le cadeau idéal pour les sensibiliser à la littérature et à la peinture.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un double monstre: monstre littéraire et talent monstre,
Par Nastasia Buergo (c'est fini) "découragée par ... (désormais sur www.babelio.com/monprofil.php?id_user=46049) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Moby Dick (Poche)
Herman Melville prend d'emblée un parti osé: écrire une sorte de monographie romanesque sur la baleine et la chasse qui lui est faite au milieu du XIXème siècle. Choix doublement hasardeux d'une part parce qu'à l'époque la connaissance des cétacés n'est pas mirobolante et d'autre part, parce que le sujet de la chasse à la baleine n'est ni très fédérateur ni très palpitant, a priori. Comme quoi, l'auteur démontre qu'on peut faire un chef-d'œuvre avec n'importe quoi, qu'il n'y a pas de mauvais sujet ou de petites portes d'entrée pour faire un grand roman, qu'il suffit d'un grand talent, et ça, Melville en a à revendre.Il aborde, à travers le prisme de la baleine, l'univers dans son entier, où j'ai remarqué, pèle-mêle: l'économie, le consumérisme, l'écologie, les relations raciales entre les hommes, le système social d'un microcosme, les valeurs humaines, les passions, les mythes et les religions, l'histoire, la philosophie, le développement technique, la compétition athlétique, la législation, la solidarité, la folie, bref, le monde, à l'image de ses interminables océans où se meuvent nos augustes mammifères marins. Quelle étrange activité tout de même quand on y songe; il s'agit d'un bateau de pêche, mais à la vérité, on y chasse. On y chasse quoi? Le plus grand prédateur carnivore du monde, le grand cachalot aux terribles mâchoires. On le chasse comment? A l'arme blanche (sachant qu'à l'époque, les chasseurs utilisaient déjà le fusil pour pratiquement tous les autres types de chasse). On le chasse où? Sur la Terre entière et son vaste océan, autant dire une goutte d'eau dans une piscine. Dans quelle zone? Dans la mince et improbable zone de contact entre ce géant des profondeurs aqueuses et ce frileux minuscule primate aérien. Avouez qu'il y a de quoi s'arrêter sur une activité aussi singulière. Nous suivons donc le brave Ishmaël, en rupture avec le monde citadin de New York, qui s'embarque à la fois pour oublier, se sentir vivre, donner un sens à sa vie, et aussi se faire des petites montées d'adrénaline au passage. Une manière de Kerouac avant l'heure en quelque sorte. Notre matelot par intérim, rencontre à Nantucket un harponneur coupeur de tête, Queequeg, qui deviendra un ami indéfectible. Les deux gaillards s'embarquent sur le Péquod, un baleinier de réputation acceptable, à la tête duquel un obscur capitaine sème le froid dans le dos, avec son regard farouche et sa jambe de bois, ou, plus précisément, avec sa jambe d'ivoire taillée dans une mâchoire de cachalot. On découvre vite que ce vieux fou de capitaine se contrefiche que des gars, voire un équipage complet risque sa peau, pour peu que lui, Achab, puisse assouvir sa vengeance envers celui qui lui a retaillé les mollets, à savoir, Monsieur Moby Dick en personne, un cachalot étonnamment blanc, doué d'un caractère assez vicieux pour qui essaie de lui planter un harpon dans la carcasse. Vous avez compris que Melville fait de ce roman bien plus qu'un basique roman d'aventures, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous déflorer davantage la substance de ce monument de la littérature mondiale. J'en terminerai en vous offrant quelques menus passages qui vous éclaireront peut-être sur la finesse littéraire de l'auteur: "Malgré ses tatouages, c'était un cannibale somme toute propre et appétissant." "Car dans ce bas monde, camarades de mer, le péché qui paie sa place peut voyager librement et sans passeport, tandis que la vertu pauvre se voit arrêtée, elle, à toutes les frontières." "Pour si grande que soit la supériorité intellectuelle d'un homme, il ne peut pratiquement et durablement dominer d'autres hommes sans jouer une sorte de comédie toujours un peu vile." "Mais il ne pouvait être question de pitié ici. Malgré sa vieillesse, son unique nageoire et ses yeux aveugles, la baleine était vouée à la mort par assassinat, afin de donner de la clarté aux joyeux mariages et autres festins de l'homme, et aussi à illuminer les solennelles églises dans lesquelles il est prêché que tous doivent être absolument inoffensifs envers tous." "Par ces paroles, Stubb, sans doute, suggérait indirectement que l'homme a beau aimer son semblable, néanmoins l'homme est un animal fait pour gagner de l'argent et que ce dernier penchant peut souvent empêcher sa bonté naturelle." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Larguez les amarres!,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Moby Dick (Poche)
De Victor Hugo à Joseph Conrad, l'océan a inspiré bien des poètes et bien des romanciers, mais aucun, à mon avis, n'a mieux chanté le grand large qu'Herman Melville. Personnellement, j'éprouve à l'égard de cet écrivain une certaine tendresse. La vie, en effet, ne l'épargna guère, et sa mort, en 1891, passa quasiment inaperçue! Heureusement, la postérité, dans son infinie sagesse, a su réparer peu à peu cette injustice et révéler au monde sa véritable stature: celle d'un titan littéraire. L'essentiel de sa gloire, il est vrai, repose sur une seule oeuvre, mais quelle oeuvre! Publié en 1851, "Moby Dick" est plus qu'un roman, c'est un moment de grâce, une épiphanie, la rencontre miraculeuse d'un style épique et d'un sujet grandiose. Pendant les cinquante, voire les cent premières pages, on pense avoir affaire à un simple récit d'aventures maritimes racontant le périple d'un navire traquant une baleine. Puis, tout doucement, insidieusement, de digression en digression, on commence à comprendre que cette quête éperdue cache sous ses péripéties de surface des enjeux infiniment plus profonds. Au fil des pages, la prose de Melville se colore de philosophie, de métaphysique. La lutte féroce que se livrent le capitaine Achab et Moby Dick prend lentement mais sûrement la dimension d'une immense et majestueuse allégorie dont le véritable sujet n'est autre que la destinée humaine. Certes, 800 pages, c'est long. Melville, qui fut lui-même marin sur un baleinier, s'attarde parfois en descriptions dont l'intérêt ne saute pas d'emblée aux yeux, mais peu importe, une fois entré dans ce roman, sa puissance d'envoûtement est telle qu'il vous subjugue, et bien après qu'on ait achevé de le lire, on ne peut s'empêcher d'y repenser et d'y repenser encore. En se disant qu'on n'en percera sans doute jamais tout à fait le mystère!
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14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Vaste comme un océan, puissant comme une lame de fond,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Moby Dick (Poche)
Il n'est jamais trop tard pour découvrir un classique universel. Mais une question demeure pour Moby Dick : combien y'a-t-il de livres dans ce bijou ? Qui me répond "un" l'a visiblement mal lu : récit d'aventures, drame shakespearien, fulgurances philosophiques et métaphysiques, leçon d'écriture, encyclopédie de la mer, encyclopédie de la baleine blanche - autant de livres en un seul.Le livre s'ouvre sur le plus bel éloge de l'eau qui ait jamais été écrit et se termine sur une scène qui n'a rien à envier à l'Apocalypse. Entre temps, nous naviguons sur un baleinier rempli de fous géniaux, et c'est peu dire que nous avons bien du mal à rejoindre la terre ferme. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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