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Commentaires client les plus utiles
21 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Les véritables leçons du campus,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Moi, Charlotte Simmons (Poche)
Ce livre aurait pu être l'équivalent littéraire d'un teenage-movie (à l'américaine, forcément), façon "American pie" ou "Crossroads" avec Britney Spears dans le rôle de Charlotte Simmons. On espère que le film qui en sera tiré n'effacera pas la dimension critique et satirique du livre -sans quoi ce sera effectivement au genre de films précités qu'il ressemblera, au détriment des intentions de l'auteur.Tom Wolfe a la réputation d'être une espèce de dandy réactionnaire (ce qui n'est pas forcément un pléonasme: voir l'exemple de Dali). Par certains côtés, ça se voit. Si l'auteur ne manque pas de reproduire le phrasé (le "patois fuck")plutôt cru des universitaires, s'il met en valeur certaines injustices criantes du système (la garantie pour les fils et filles de familles riches d'accéder aux postes les mieux rémunérés quels que soient les résultats de leurs examens, ce qui, précisons-le quand même, n'est pas l'apanage de l'Ivy League; ou le rôle privilégié des sportifs qui, en contribution du prestige qu'ils donnent à l'établissement, bénéficient de "cours spéciaux" et de l'aide-souvent illégale- d'autres étudiants), s'il décrit avant tout l'"élite" américaine comme bien plus obsédée par le sport et/ou la performance sexuelle que par les études et l'avenir du pays, il se garde bien de trop décrire cette débauche. L'auteur a d'ailleurs déclaré que si le lecteur était excité en lisant le livre, c'est qu'il a raté son pari. Et effectivement, difficile d'être excité puisque les scènes de sexe sont quasi inexistantes. Tout comme les références aux drogues. Malgré une dimension satirique évidente, on est quand même assez loin de Bret Easton Ellis -ce qui, je le précise, n'est pas forcément un reproche. Cela "émousse" quand même, à mon avis, le tranchant d'une critique qui aurait pu être plus virulente. Là où Tom Wolfe frappe fort, en revanche, c'est dans les enjeux de la trame et l'épaisseur des personnages. Bien sûr, certains diront que l'auteur n'échappe pas au piège de la caricature. Un basketteur Noir qui s'intéresse à la philosophie; un fils à papa tombeur hédoniste et insensible; un jeune "intellectuel" aussi attachant qu'irritant dans ses ambitions id(irr)éalistes. Et, surtout, Charlotte Simmons elle-même, jeune provinciale naïve qui découvre un monde où la "cool attitude", le sexe et le rang social font office de critères discriminants. Pourtant, l'auteur dépeint si bien - à sa manière "hyperréaliste"- son univers qu'il paraît complètement crédible. Il suffit de regarder deux minutes une émission sur MTV pour être convaincu qu'il ne s'agit pas du fantasme sado-maso d'un vieux réactionnaire. En tant qu'archétypes, Charlotte, Jojo, Hoyt, Adam et tous les autres s'élèvent au rang de symboles d'une élite contrastée. Ecrit dans un style fluide et prenant -malgré certaines maladresses de traduction-, ce livre est un des plus ambitieux et des plus réussis que j'ai lus. Même si la fin a un goût de happy-end improbable, la dimension morale qui imprègne le roman en fait à mon sens un grand récit d'apprentissage -ou de "désaprentissage", comme on voudra. Bien loin d'Americain pie, finalement. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Délicieusement acide,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Moi, Charlotte Simmons (Poche)
L'histoire est très prenante malgré quelques longueurs, mais c'est surtout le côté "sociolgique" que j'ai apprécié dans ce livre : un portrait au vitriol de la jeune élite américaine à travers les yeux de la jeune, provinciale, prude, et innocente Charlotte. Ca fait peur surtout que l'auteur semble avoir étudié en détail la question.L'anti-Beverly Hills. Un bon moment de lecture. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Le zoo,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Moi, Charlotte Simmons (Poche)
Charlotte, jeune fille d'origine modeste vivant dans un petit bled de Caroline du Nord obtient grâce à ses résultats scolaires remarquables une place à Dupont, université très cotée. Intelligente, jolie mais d'éducation très prude sa plongée dans le milieu universitaire américain va ressembler à un séjour à Sodome et Gomorrhe. Elle pensait côtoyer des étudiants avides de connaissances perpétuellement accaparés par leurs études et les cours, en fait ici, tout le monde ne pense qu'au sexe et aux soirées alcoolisées et l'Université elle-même voue un culte grotesque aux basketteurs qui en sont les vedettes hyper-protégées, quasi débiles ne devant leur présence dans l'établissement que par leurs gros muscles et leur taille impressionnante. Etrangère à ce monde Charlotte va tenter de résister mais ses principes moraux et sa virginité ne tiendront pas longtemps face aux assauts de la débauche et de sa propre sensualité.Un gros bouquin de 1008 pages en format poche mais qui se lit très facilement. Tom Wolfe nous livre un portrait au vitriol de l'Amérique estudiantine et de ses fils et filles à papa qui ne voient dans l'Université qu'un moyen facile de se faire des connaissances ( !) ou de passer leur temps en fêtes alcoolisées. Si le sport universitaire en prend aussi pour son grade, c'est en fait toute l'institution qui trinque sous la plume acérée de l'auteur. Le livre des illusions perdues. Excellent. « Bon, admettons que ça soit totalement ça, les études : quatre ans pendant lesquels tu peux tout faire, tout essayer, sans qu'il y ait de ... conséquences ? Pas de trace, pas de dossier, pas de blâme. Des trucs que si tu avais risqué ça avant, tes parents se seraient arraché les cheveux et t'auraient traitée comme une fille perdue ? » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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