Etonnant coup de crayon de la part de Will Eisner qui est - d'après les rapides critiques que j'ai lues - un des géants de la BD outre-Atlantique. A près de 80 ans, l'auteur publie (2004) un album de 6 nouvelles présentées à la manière d'un reportage sur le thème du dernier jour à la guerre, que cela soit pour la veille de la "quille" ou pour celle moins courante mais à fréquence élevée, de la mort.
Arrivé en 1967 à Khe Sanh, l'auteur a pu partager quelques émotions avec les GIs, leur univers dans celui d'une guerre pas bien comprise. 5 des histoires concernent le Vietnam, la sixième étant relative à la guerre de Corée.
L'homme est laissé à soi-même dans un univers fluctuant, dangereux, qui révèle sans doute au soldat que la paix civile, la normalité à laquelle il était accoutumé n'est qu'une norme relative : finie l'enfance avec le sentiment de la toute puissance, de l'éternité due à la protection parentale. Tout peut voler en éclats à tout moment. L'univers de la guerre révèle que la société n'a de sens que celui que les citoyens s'appliquent à lui donner. Le reste est aléa mortel dénué de sens.
Je partage donc les critiques élogieuses sur Will Eisner : une BD à découvrir qui vous accompagne longtemps après l'avoir refermée.