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Son incapacité à peser soigneusement et à accepter pour s'y adapter le ça va ça vient de la vie, les périodes intermédiaires, c'était le fait qu'il vivait en un lieu où le gouvernement, composé de gens de son propre teint, de sa propre race était corrompu et ne se souciait pas que lui ou d'autres gens comme lui vivent ou meurent.Ces lignes résument fidèlement la brutalité de l'auteur, sa sensibilité à fleur de peau, exprimant le mal qui l'atteint dans sa chair, dans son esprit et dans son âme. Son récit puise toute sa force dans l'utilisation du langage parlé comme mode narratif, usant de la répétition pour crier la souffrance, dire le monde corrompu qui renonce à comprendre, évoquer ce moment où tout bascule dans la mort, où la misère est une question de minute. Au point que les femmes, les mères et les enfants finissent par y perdre la raison.
Jamaica Kincaid est née à Antigua dans une famille pauvre de quatre enfants élevés sous le joug d'une mère obsessionnelle et mal aimante. À dix-sept ans, cette dernière l'envoie aux États-Unis comme jeune fille au pair, Jamaica y trouvera le salut en choisissant de devenir écrivain. Mon frère a été récompensé par le prix Femina 2000 du meilleur roman étranger. --Stellio Paris
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Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Un doux balancement un brin soporifique,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mon frère (Poche)
Ce roman se déroule en partie à Antigua, petite île des Antilles, et raconte la mort du frère de Jamaica Kincaid, à trentre-trois ans, des suites du sida. Plus que cette mort en elle-même, c'est ce qu'elle oblige à penser, par son issue inéluctable, par le besoin d'insérer la maladie dans des lambeaux de biographie, qui fait l'objet du texte. Il n'y a pas vraiment d'histoire. Les aller-retour entre présent et passé sont nombreux, fugaces. Mais l'intérêt est ailleurs. " Mon frère " est un roman stylé, un roman où ce que l'on ressent après la lecture n'est pas réductible à la combinaison des mots ou à une intrigue : il y a une voix dans ce roman, ce qui fait qu'on peut avoir l'impression de s'en rappeler, comme si on l'avait lu la veille, alors même que l'intrigue, la matière première s'est échappée de notre mémoire. Jamaica Kincaid, à la recherche de la meilleure manière de donner du poids aux mots, délaisse le minimalisme, ce rachitisme du style furieusement tendance et qui finit par lasser. " Ses yeux clos avaient été cousus, cousus, et il faut que je le dise encore, cousus ". Elle a cette manière de ressasser les mots en boucle pour qu'ils rendent tout leur suc, de ne pas les laisser se dérouler tous seuls mais de les exposer, de les afficher, de les faire tourner encore et encore entre ses mains, jusqu'à ce qu'ils semblent riches, pleins, un peu mystérieux - mais plus que des traits d'union entre le mot d'avant et celui d'après. Envoutante aussi sa manière de reprendre le dernier terme d'une phrase pour en faire le premier de la suivante, imprimant ainsi une ondulation paisible au texte, doux comme une berceuse. Des mots affichés, arrêtés, gelés pour qu'on puisse mieux les observer, pour qu'on prenne la mesure de tout le poids qu'ils peuvent avoir au moment où ils sont prononcés, voilà un peu ce qu'il reste de la lecture. Aussi, quelques belles réflexions sur ce que c'est que d'écrire.Une lecture intéressante donc, prix Femina étranger 2000, mais en même temps, dans mon cas, pas totalement convaincante. Le texte berce trop, et si la lecture glisse d'elle même sur un texte judicieusement élaboré pour cela (mais je le répète, ce n'est pas du tout minimaliste), on en éprouve presque quelques regrets à lire sans accroc, presque sans chercher à comprendre, sans jamais avoir peur, ou envie de rire, ou envie de savoir tout de suite ce qui vient la page d'après. Par ailleurs, les traducteurs, s'ils ont sans doute mis beaucoup de cœur dans leur travail si l'on en croit le ton de leur " Note ", ont pris le parti sans doute éthiquement valable de traduire les rares expressions en anglais créole par quelque chose que… que je n'ai pas du tout compris (bien que je suspecte que ce soit des phrases aussi complexes que " j'aime bien rigoler "…). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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