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Le développement du libre-échange est souvent considéré comme la source de tous les maux de nos sociétés. Accusé de provoquer la montée du chômage et des inégalités, il génère des conflits commerciaux entre nations et justifierait le retour au protectionnisme. Spécialiste reconnu des questions économiques internationales, Paul Krugman s'insurge contre ces idées reçues popularisées par nombre d'essayistes influents aux États-Unis. Certes, la nouvelle théorie du commerce international a remis en cause une partie des résultats du modèle dominant fondé sur les avantages comparatifs. Pourtant, elle ne conduit pas à prôner un protectionnisme systématique. C'est le progrès technique, par son impact sur la compétitivité et les qualifications, qui est la source essentielle des changements actuels.
Dans ce recueil d'articles, l'auteur ambitionne de vulgariser les avancées de la recherche économique pour "un public non spécialisé", par "des textes clairs, efficaces et même amusants". Un pari réussi. --Gery Dumoulin
L'Expansion
La mondialisation n'est pas coupable
Compétitivité, que d'erreurs on commet en ton nom! Telle est la leçon du célèbre économiste américain. Il est absurde, dit-il, de transposer aux nations le schéma de concurrence qu'on applique aux entreprises. Ce préjugé mène droit au protectionnisme, ou à la recherche acharnée d'une baisse des coûts, parfois injustifiée. Et la mondialisation n'est pas la cause du chômage.
Quatrième de couverture
On attribue souvent à la mondialisation des échanges une bonne partie des maux économiques et sociaux qui frappent nos sociétés. La concurrence entre pays développés est perçue comme une lutte sans merci où les moins dynamiques risquent d'être définitivement éliminés de la course. La désindustrialisation du Nord est attribuée à la concurrence irrésistible du Sud. Au nom de la " compétitivité " de l'économie nationale, on prône les recettes économiques les plus contradictoires, du protectionnisme à la dérégulation totale.
Le livre de Paul R. Krugman - qui a trouvé un large public en France après sa première publication en 1998 - balaie de façon extrêmement convaincante ces clichés trop répandus, à droite comme à gauche. L'économie mondiale est un système complexe de relations à effets rétroactifs, pas un enchaînement de causes mécaniques à sens unique. Convaincu qu'on peut simplement parler d'économie sans trahir cette complexité, Paul Krugman s'est donné comme défi d'accomplir pour les arcanes du libre-échange ce que Stephen Jay Gould a réalisé pour les mystères de l'évolution. La limpidité de ses essais et le succès qu'ils ont obtenu aux États-Unis, témoignent de la réussite de son ambition.