Deuxième LP de 1969 avec Instant Replay, The Monkees Present affiche le chiffre huit, en termes d'enregistrements de studio. Si l'album précédent puise essentiellement sa matière dans les reliques inédites des Monkees de 1966, la démarche diffère pour ce disque d'originaux, qui bénéficie par ailleurs, d'une belle promotion publicitaire, et soutenu par une tournée. En fait, il devait être un double vinyle, dont trois des quatre faces auraient été affectées à chaque membre restant et celle finale, mise au service du groupe. La thèse comme quoi la dernière partie aurait du être attribuée à Peter Tork, ne tient pas. Tork, parti, n'était pas concerné par ce projet et n'aurait, par ailleurs, jamais renié l'opportunité de mettre enfin en valeur son talent. Malgré cela, le niveau est faible, la matière insipide et le rendu bien affligeant. Michael Nesmith prône l'orientation country qu'il a définie dans Instant Replay et pour laquelle il a récolté de nombreux avis favorables ; Micky Dolenz, effacé sur le dernier opus, persiste et signe dans une pop pour ados à laquelle il est le seul à s'accrocher tandis que Davy Jones, auquel on accorde du temps de jeu, faute de mieux, se sent indispensable pour assurer la pérennité d'une formation qui, tout le monde l'aura compris, vit ses derniers moments. Les Monkees appartiennent au passé, il y a une fin à tout, c'est inéluctable. Inutile donc d'en faire des tonnes à son endroit. L'intérêt de cet album, manquant de cohérence, car surtout prétexte à y fourrer tout ce qui peut tomber sous la main ou, ultime occasion rêvée, d'y collecter tout original estampillé Monkees, histoire de faire fructifier le nom, son intérêt, dis-je, se résume à Listen To The Band, à l'axe countrysant emprunté par Nesmith (Good Clean Fun et le groovy Oklahoma Backroom Dancer), à la belle mélodie (hélas entravée par une voix décidément très agaçante) Bye Bye Baby, Bye Bye, à épuiser le stock de titres stupides, à l'eau de rose, taillés sur mesure pour Davy Jones (If I Knew, French Song). Le déclin est en marche, il y aura pire : c'est à venir.