4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Stimulant, 29 juin 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Monnaie entre violence et confiance (Broché)
Une approche originale et féconde sur l'apparition et le rôle de la monnaie dans nos sociétés. L'analyse des auteurs va bien au-delà de l'économie pour montrer combien les processus à l'oeuvre sont profondément enracinés dans nos psychés. La monnaie est fondamentalement ambivalente, nous disent-ils, à la fois vecteur de lien et de désagrégation sociaux. Elle permet la polarisation des désirs mimétiques et autorise, par là, un minimum de stabilité sociale.
La vision d'Orléan et Aglietta est en rupture complète avec la théorie économique dominante, incapable de penser la monnaie. Présenter leur pensée stimulante et rigoureuse comme du charabia et du charlatanisme est tout simplement malhonnête. Elle relève de la croyance erronée en une véritable valeur sous-jacente des marchandises, que l'argent viendrait masquer. La monnaie étant de nature politique, elle ne peut que relever de l'action des pouvoirs publics.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
10 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Des passages intéressants, mais lourd et confus dans l'ensemble, 28 juin 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Monnaie entre violence et confiance (Broché)
L'approche des auteurs tient plus de la sociologie que de l'économie, ce qui pourrait donner un éclairage nouveau et intéressant sur la question de la monnaie. Les premiers chapitres sont ainsi consacrés à critiquer les postulats économiques orthodoxes tels que la création de valeur par les échanges pacifiques, la neutralité de la monnaie, l'homo economicus et l'utilité néoclassique. Ils expliquent avec raison qu'ils ne souhaitent pas baser leur théorie sur la notion de valeur, pour éviter de tomber dans les contradictions de la valeur-travail de Marx.
En ce qui concerne l'apparition de la monnaie, les auteurs reprennent à leur compte l'excellente description de la théorie de Menger, mais en niant l'idée que la monnaie ne puisse être qu'une marchandise. Pour eux, la monnaie est un "fait social total" qui focalise la "violence de l'échange marchand" et requiert l'intervention de l'Etat à la fois pour réguler cette violence et inspirer la confiance (d'où le titre).
A partir de là, le livre tombe dans un charabia postmoderne à la limite du charlatanisme. La dépréciation des monnaies métalliques par les souverains et gouvernements successifs est présentée comme une intervention nécessaire pour éviter le risque de déflation. La séparation du numéraire et de l'unité de compte (livre tournois), une innovation pratique permettant au souverain de pratiquer des dévaluations (appelées pudiquement "mutations monétaires"). Bref, on l'aura compris, il s'agit d'une louange à l'emprise de l'Etat sur la monnaie. Les amateurs apprécieront; ceux qui connaissent l'histoire monétaire du 20ème siècle, moins...
Ce livre a un défaut pratique : il n'a pas de table des matières. En voici une :
1) Les processus fondateurs de l'ordre marchand
2) Marchandise et monnaie : l'hypothèse mimétique
3) Monnaie et société
4) Les trajectoires de la monnaie
5) Les systèmes monétaires et leurs crises
6) Les vicissitudes de la politique monétaires américaine
7) Les crises contemporaines de la finance libéralisée
8) Innovations et perspectives monétaires au tournant du millénaire
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non