Parce quil est rationné financièrement par son père, le petit Momo, 11 ans, se met à voler quelques petites choses pour vivre et se nourrir. Et cest chez Monsieur Ibrahim, « lArabe du coin », quil perpétue ses forfaits. Mais lépicier nest pas si aveugle quil le pense, il est tout simplement philosophe et discret. Sengage alors un dialogue entre ces deux personnages que tout semble séparer. Et peu à peu, lamitié entre le sage Monsieur Ibrahim pour qui le Coran nest quune ligne de conduite faite pour s'adapter aux réalités de la vie, et le jeune garçon juif orphelin de c½ur, prend les traits dune relation filiale profonde et pure.
Dans ce petit conte prônant la tolérance, on apprend que lhomme na d'autres barrières que celles quil érige lui-même. Cette histoire pleine de charme est une allégorie de la recherche du bonheur et de la sagesse. Avec une sensibilité hors du commun, lauteur nous propose un concentré démotions, de compréhension, et de tendresse, au travers dune histoire forte par sa simplicité et profonde par sa justesse. Finalement, le bonheur ne consiste-t-il pas à aimer les autres, tout simplement, sans les juger ?
En bon philosophe, E.E. Schmitt offre une ½uvre simple et délicate, accessible à tous. Et ses mots nous atteignent droit au c½ur : "Ce que tu donnes, c'est à toi pour toujours ; ce que tu gardes, c'est perdu à jamais". Lécrivain témoigne aussi dun humour désarmant lorsquil rappelle que "Dans lépicerie, Arabe ça veut dire : ouvert de huit heures du matin jusqu'à minuit et même le dimanche". Simplicité, tendresse et espoir font de ce court roman un récit touchant et fort agréable à lire, bien quun peu léger.