En dépit d'un titre d'album qui rappelle celui de leur premier et qui aurait ainsi pu faire penser à un retour au source, matchbox twenty continue (à juste titre) d'évoluer. Après un album rock puis un album plus pop, le groupe a choisi un son rock & roll organique pour ce troisième cd; et il faut bien le dire, non sans une certaine réussite tant le résultat est brillant. Le groupe impressionne encore une fois pas sa grande versatilité. Et même si le style évolue, on reconnaît la signature matchbox 20, de la qualité mélodies à la finesse des paroles en passant pas la voix toujours aussi envoûtante de Rob. Le premier single "Disease" n'a pas rencontré le succès escompté, en dépit d'un son disco-rock à la fois entraînant et mélodieux. Le deuxième single "Unwell", une ballade à la "If you're gone" devrait effacer cette demi déception grâce à une mélodie et des paroles qui semblent imparables. Pour le reste, il est très difficile de sortir un titre plutôt qu'un autre tant l'ensemble de l'album apparaît consistant à l'image de leur deux premiers albums. MTYTYA contient également son lot de ballade mid-tempo, avec en plus de "Unwell", les très réussies "The difference" et "Could I be you" où Rob chante admirablement bien. Les riffs et les chorus sur le très rock "Feel" sont également très bien faits de même que les refrains de Cold (et notamment le dernier plus aigu), ou les sorties de refrains de "Soul". Les amateurs de rock & roll devront absolument écouter le superbe "All I need" qui n'est pas sans évoquer "You got it" de Roy Orbison et le non moins superbe "Bright lights". La plus belle réussite de cet album semble néanmoins être "Downfall". Le groupe a réussi l'exploit d'intégrer du gospel au milieu du titre le plus rock de l'album (avec "Feel") et le résultat est superbe. La voix de Rob Thomas se mêlent magistralement avec les choeurs. Matchbox twenty signe ici leur troisième remarquable album et démontre une nouvelle fois qu'ils sont bien supérieurs à ce que les critiques disent. Après 21 millions d'albums vendus, il serait grand temps que la France commence à s'intéresser à ce groupe hors du commun