Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Sabrine dans la tourmente,
Par J-michel Tartayre (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morituri (Poche)
Comme chaque jour, depuis que la guerre civile sévit en Algérie, le commissaire Llob se réveille aux côtés de son épouse Mina, et reconnaît que c'est un miracle qu'il puisse encore voir l'aube se lever sur Alger vivant et arriver au central, même avec une heure de retard, en raison des mesures de sécurité (« il nous est impérativement recommandé de travestir nos habitudes »). Cette fois Monsieur Ghoul Malek, nabab de la ville, lui fait part de la disparition de sa fille Sabrine et ne lui donne pour toute information qu'une photo d'elle (« c'est suffisant quand on est fin limier »). C'est donc sur la base de ce maigre indice que se fonde l'enquête de Llob et du lieutenant Lino, son fidèle compagnon de route. Une route qui les mène droit aux Limbes rouges, un cabaret que la jeune disparue était réputée fréquenter et qui s'avère être un lieu où se réunissent toutes les huiles des principaux réseaux terroristes du pays... Yasmina Khadra a su, dans un style remarquablement imagé où se conjuguent le langage parlé familier et le savant usage de la métaphore et de l'ironie, donner à voir la guerre civile avec beaucoup de sobriété et de réalisme, sans pathos, au contraire, avec cet humour grinçant qui dresse d'Alger un tableau à la fois intime et satirique, que sous-tend une condamnation ferme de toute forme d'intégrisme et de fanatisme religieux.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
le premier polar de Khradra, prémices de son oeuvre,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morituri (Poche)
Un polar rapide et un peu tous azimuts, le premier écrit par Khadra, avec comme personnage le commissaire Llob, intègre fonctionnaire de police face à l'intégrisme religieux. Une description noire de la conjecture algérienne pendant les années noires du terrorisme montrant les meurtrissures d'un pays en sang. Le commissaire Llob et son fidèle lieutenant Lino œuvre pour le bien en traquant la corruption et les destructeurs se prévalant de Dieu. Dans l'écriture, un style noire emprunt de nombreuses métaphores qui font mouche. Prix 813 du meilleur roman francophone 1997. On se désintéresse un peu de l'énigme...l'ambiance prévaut, le personnage du commissaire Llob envahissant l'intérêt du livre par ses réflexions sur son pays et ses réparties face à l'adversité. Mention bien.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
Cynique et fulgurant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morituri (Poche)
« Saigné aux quatre veines, l'horizon accouche à la césarienne d'un jour qui, finalement, n'aura pas mérité sa peine. Je m'extirpe de mon plumard, complètement dévitalisé par un sommeil à l'affût du moindre friselis. Les temps sont durs : un malheur est si vite arrivé.»C'est par une phrase d'une construction et d'une sophistication rares, immédiatement suivie de deux autres mêlant argot et mots du quotidien, dans un decrescendo littéraire pleinement conscient, que commence « Morituri ». On est tout de suite pris dans l'ambiance, happé par un style original qui appelle sans regret possible à en savoir plus. « Morituri » est un amalgame brillant de lignes fulgurantes par la beauté de leur construction, toute faite de l'étrangeté des associations de mots, non de leur rareté, combinées à des passages orduriers afin de mieux vous clouer sur place. Un va et vient permanent entre le beau et le laid, l'intelligent et le bas, l'élévation de l'esprit et la turpitude terroriste, l'élégance d'un engagement honnête et désintéressé face à l'horreur des tueries aveugles. Un style houleux pour montrer une société qui bascule, qui ne sait plus à quoi se raccrocher, en perte de tout repère. Un livre, sur fond de roman policier pour excuse, pour dire le mal profond qui mit l'Algérie à feu et à sang pendant les dix années les plus noires de son existence. On y traverse les ghettos où l'on se fait la guerre, par marionnettes interposées, les riches manipulant les pauvres, les pauvres tuant les encore plus pauvres pour rendre les riches encore plus riches, ne comprenant rien à ce scénario qui les dépasse. Des mots crûs qui dévoilent les dessous du terrorisme et de la guerre civile, montrent sans concession la totale collusion entre le pouvoir civil, politique, économique et les leaders du terrorisme algérien. Une façon comme une autre de créer les conditions pour accaparer l'attention afin de mieux mener, en toute tranquillité et impunité, ses petites affaires et se bâtir, aux frais de l'Etat et de la communauté internationale, des empires personnels inexpugnables. Rarement les coupables payent grâce à la corruption généralisée, tout le monde tenant tout le monde, souvent de façon sordide. Il faut le courage, la foi, la loyauté désintéressée du commissaire Llob, double littéraire de Mohammed Moulessehoul, lui-même double, réel, de Yasmina Khadra, pour faire tomber quelques gros bonnets qui tirent les ficelles terroristes. Des répliques aussi cyniques que l'attitude qu'elles condamnent, une descente aux enfers, au prix de vies amies, pour tenter de contenir l'horreur, de faire cesser les assassinats gratuits, ceux des gamins parce qu'ils vont à l'école, « et des filles que l'on décapite parce qu'il faut bien faire peur aux autres. » Un livre à vif où un humour noir vous percute de façon récurrente pour vous propulser jusqu'à la prochaine station de l'horreur, histoire de savoir qu'on y a survécu, par dérision. Pour comprendre pourquoi ces dix années de tuerie aveugle en Algérie, les mécanismes et les enjeux occultes. Un peu superficiel peut-être mais terrifiant, dévoilant juste ce qu'il faut d'ombre pour en frissonner d'horreur. 183 pages - Publié par Folio Policier Retrouvez mes notes de lecture sur mon blog thierrcollet-cetalir.blogspot.com Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
Commentaires client les plus récents |
|
|
|