Bonne petite surprise venant de Scandinavie que ce film de genre vampirique. Nous sommes ici à des kilomètres du film de vampires habituel. Point de vampire majestueux, empreint de puissance ou de hordes de monstres sanguinaires à la recherche d'une quelconque conquête. Morse est bien plus intimiste sans pour autant oublier les codes de ce genre (craintes des rayons du soleil, morsure dans le cou, « immortalité », obligation d'une invitation pour pénétrer dans une maison, invisibilité dans un miroir...). Morse relate la relation entre un petit garçon introverti et souffre douleur et une petite fille vampire. Le personnage de la petite vampire est subtilement joué. La petite fille est troublante face de sa dualité : D'un côté elle est bientôt désespérément seule et porte son lourd fardeau comme d'autres une maladie incurable pour devenir ensuite, contrainte par sa nature vampirique et par seul soucis de survie, un chasseur redoutable. A ce titre, Morse est plus puissant que bien d'autres blockbusters aux effets grandiloquents. Pour autant, Morse n'est pas exempt d'effets sanglants de très bonne tenue mais utilisés avec parcimonie sans aucune surenchère gratuite. Enfin, Morse n'oublie jamais ses personnages, marginaux sans doute mais nantis d'une véritable profondeur psychologique. Relativement lent et triste, le film pourra déconcerter mais il vaut très largement le détour pour son excellente mise en scène et l'originalité du traitement d'un propos pourtant déjà maintes fois scénarisé. Et dire que la mythique Hammer a mis un remake sur les rails : "Let me in" (en postproduction).