Texte des origines, marqué par le sceau de l'image maternelle, Mort à crédit est un parcours initiatique, tout en violence et en émotion, où les souvenirs s'accompagnent des misères et des révoltes de l'enfance. C'est aussi une formidable évocation de Paris au tournant du siècle, drôle et riche de cocasseries irrésistibles, dans un style propre à Céline, fait d'exclamation, cassant la syntaxe traditionnelle, transposant le parler populaire dru et vert dans le langage écrit. --Céline Darner
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Si Voyage débutait par « Ça a débuté comme ça », Mort à crédit nous donne plus de précision. « Ça », avait débuté bien avant le 27 mai 1894 à Courbevoie. L’histoire célinienne prend donc un nouveau départ. Dans le projet initiale Céline avait pensé à une histoire en trois temps : « Enfance, Guerre, Londres ». Finalement Mort à crédit et ses 622 pages ne couvriront que la période de l’enfance. Le service militaire sera décrit dans Casse-Pipe et Londres dans Guignol’s Band I et II. Fait nouveau, le personnage ne s’appelle plus Bardamu, mais Ferdinand. L’aveu complet de l’autobiographie.
Que ce soit la mort de Madame Bérenge ou le suicide de Courtial le lecteur est entraîné par un courant de violence. Attaqué dans ses peurs, dans ses pudeurs, dans ses dégoûts, Ferdinand fera le triste apprentissage de la violence de l’existence tout au long du roman.
Si Céline ne parle pas de lendemains qui chantent c’est aussi parce qu’il ne croit pas à la possibilité d’un homme nouveau. Mais réduire Mort à crédit au titre de livre de la violence serait méconnaître la nature propre du projet romanesque en tant que tel, aussi bien que la complexité de l’imaginaire de Céline.
S’il nous met face à la violence c’est aussi pour nous montrer qu’il existe le rire, cet exutoire, et que finalement la vie n’est qu’une balançoire qui passe de l’un à l’autre.
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