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28 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Glaçant, 8 octobre 2004
Difficile de desserrer les dents lorsqu'on lit ce livre qui explique avec une froideur déconcertante la vie de Rudolf Hoes et la construction minutieuse des fours crématoires. Le paradoxe réside dans le coté "captivant" du livre qui se dévore littéralement alors qu'il raconte des choses inimaginables, inconcevables. S'il n'a pas la force de "si c'est un homme" de Primo Levi, il décrit avec une minutie insoutenable et un sens du détail impressionnant comment des humains (« totalement déshumanisés ») ont pu se comporter ainsi ! Une grande leçon à la fois d'Histoire et de Littérature.
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20 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
A lire, 2 juin 2005
Des livres sur la seconde guerre mondiale, on en manque pas. celui ci est particulier, puisqu'il est consacré à un homme qui va se retrouver à diriger un camp de concentration. Le parcours de l'homme est entièrement décrit, depuis son enfance. On voit progressivement le personnage glisser dans l'horreur. PLus généralement, ce livre nous fait réfléchir sur un homme, banal, presque médiocre, en un mot : ordinaire, placé dans une situation elle extraordinaire. Petit à petit, on voit comment la monstruosité est terriblement humaine. Comment l'horreur, le pire est parfois dans les hommes. A mon sens, c'est l'intérêt majeur de ce livre qui n'est pas consacré aux victimes de la seconde mondiale. Un livre qui nous place devant toute la difficulté, l'impossibilité aussi de comprendre l'âme humaine.
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19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le devoir comme sécurité, 27 janvier 2007
Dans ce livre écrit en 1952, Robert Merle raconte, en romancier, la vie de Rudolf Lang (R.Hoess), commandant du camp d'extermination d'Auschwitz. Il a le mérite de la précision, et se distingue par sa très grande clarté. A ce titre, il mérite d'être lu, l'écriture est limpide. Pourtant, l'ensemble pose un sérieux problème. Robert Merle montre une psyché, déterminée par un Père ultra-autoritaire, haïssant la vie, hanté par l'obsession du diable, imposant une discipline absolue, réglant chacun des gestes de sa famille et rejetant tout moment mort, toute incertitude, tout ce qui peut échapper à sa maîtrise (le corps, l'affection, l'avenir). Rudolf vit dans un monde sans liens avec quiconque. Seule l'image du Père, qu'il haït mais auquel sa vie sera vouée malgré lui, l'habite. A la mort de son père, l'Allemagne seule le remplacera. Il entre dans la guerre de 14 à seize ans seulement. Il ne quittera plus la guerre, « La mort est mon métier », sa vie alors ne sera plus qu'une longue obéissance au Père. Mais c'est justement là que le bas blesse. Peut-on soumettre une étude psychologique à un déterminisme absolu ? Et si oui, la création littéraire doit-elle pour autant se soumettre à un impératif qui lui semble par nature extérieure ? Ainsi ai-je souvent été agacé par certaines notes psychologiques, sur le conformisme, l'indifférence profonde au monde, la recherche désespérée de la sécurité dans l'ordre, qu'on n'apprend à prévoir au fil des pages. Il ne s'agit pas de rejeter le portrait psychologique brossé par l'auteur, mais de dire plutôt que celui-ci a soumis son écriture à son objet, là où un tel destin semblait nécessiter plus d'étonnement, de tâtonnement de la part de celui qui le décrivait. Au total, Robert Merle donne peut-être lui même la clé de ces objections, dans sa préface écrite en 1972 : « La Mort est mon Métier n'a pas manqué de lecteurs. Seul leur âge a varié : ceux qui le lisent maintenant sont nés après 1945. Pour eux, La Mort est mon Métier, c'est un « livre d'histoire. » Et dans une large mesure, je leur donne raison. » Livre de témoignage, étude historique, de psychiatrie. Aucun de ces mots ne semble pouvoir être rejeté. Mais s'agit-il alors d'un roman ?
Nous conseillons en parallèle la lecture du livre de Peter Diener, Le journal d'une folle, Edition de l'aube, qui pour cet investissement, du côté de la victime, est autrement plus précieux.
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